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18/01/2012 10:41 EST | Actualisé 19/03/2012 05:12 EDT

«Costa Concordia»: Un glissement de l'épave force l'interruption des recherches

ROME - Les recherches dans l'épave du «Costa Concordia», dont le naufrage le 13 janvier près de l'île italienne de Giglio a fait 11 morts selon un dernier bilan provisoire, ont été suspendues mercredi matin en raison d'un glissement de l'épave.

Selon un porte-parole de la garde côtière, le commandant Filippo Marini, les détecteurs de mouvement sur la coque ont enregistré un léger glissement du paquebot, qui gît sur le flanc. Le danger est que l'épave en équilibre sur une plate-forme rocheuse immergée bascule dans des eaux plus profondes, emprisonnant les plongeurs à la recherche de victimes et d'éventuels rescapés.

Le bilan provisoire du naufrage s'établit à 11 morts selon les autorités italiennes, qui ont par ailleurs publié une liste de 21 personnes encore portées disparues.

Une première victime a été identifiée : il s'agit de Sandor Feher, un violoniste hongrois de 38 ans qui travaillait à bord come musicien. Sa dépouille a été reconnue par sa mère.

Jozsef Balog, un pianiste qui travaillait avec M. Feher sur le navire, a déclaré au quotidien Blikk que celui-ci portait une veste de sauvetage lorsqu'il a décidé de retourner à sa cabine pour emporter son violon. Il a été vu pour la dernière fois alors qu'il se dirigeait vers la zone où il devait embarquer dans un navire de sauvetage.

M. Marini a par ailleurs expliqué que les opérations avaient été interrompues mercredi matin par mesure de précaution afin de vérifier les données indiquées par les détecteurs et de déterminer s'il y avait eu un mouvement et, le cas échéant, de quel type et de quelle importance.

«Comme mesure de précaution, nous avons interrompu les opérations ce matin, afin de vérifier les données recueillies par nos détecteurs, déterminer s'il y a effectivement eu des mouvements et, s'il y en a eu un, mesurer la taille de celui-ci», a-t-il précisé.

En soirée, les responsables n'avaient pas assez de données pour établir avec certitude que le navire avait cessé de se déplacer. Les dernières victimes, cinq adultes, ont été découvertes mardi après que des plongeurs de la marine aient créé des ouvertures dans la coque du navire pour permettre un accès plus facile.

Parmi les personnes manquant à l'appel, on retrouve des Allemands, des Français, des Italiens et des Américains. Une personne précédemment portée disparue, un Allemand, a été retrouvée bien vivante dans son pays natal.

Mis en cause dans l'accident, le commandant du paquebot, Francesco Schettino, a quitté la prison de Grosseto où il était incarcéré depuis le 14 janvier. L'avocat du capitaine, Bruno Leporatti, avait expliqué mardi soir que le juge responsable du dossier n'avait pas écouté les procureurs, qui réclamaient un maintien en détention.

Me Leporatti a précisé que le magistrat avait cependant refusé de remettre son client en liberté et avait décidé de l'assigner à résidence. D'après la presse italienne, il a regagné son domicile près de Naples.

Âgé de 52 ans, M. Schettino pourrait être accusé d'homicides involontaires, d'avoir provoqué le naufrage en s'écartant délibérément de sa route pour s'approcher trop près des côtes et d'abandon de poste, un délit passible à lui seul de 12 ans de prison.

Francesco Schettino assure qu'il a été le dernier à quitter le navire, ce que contredisent les témoignages de passagers du paquebot et des membres de la garde côtière.

L'enregistrement sonore d'un échange téléphonique entre le commandant et un officier de la garde côtière, le capitaine Gregorio De Falco, est d'ailleurs accablant pour M. Schettino.

La retranscription de cette conversation, diffusée par divers organes de presse italiens et dont l'authenticité a été confirmée à l'Associated Press par la garde côtière, montre que le commandant du «Costa Concordia», qui avait quitté le bateau en pleine évacuation, avait refusé de remonter à bord malgré les ordres répétés du capitaine De Falco.

Me Leporatti a souligné mercredi au cours d'une conférence de presse que la sortie de prison de son client était justifiée. Il a assuré que Francesco Schettino n'avait jamais cherché à prendre la fuite comme le redoutait la justice italienne et que, contrairement à ce qui avait été écrit dans la presse italienne, il était bouleversé par l'accident.

«C'est un homme profondément ébranlé, non seulement par la perte de son navire, ce qui pour un capitaine est une chose grave, mais par-dessus tout par ce qui est arrivé et par la perte de vies humaines», a fait valoir M. Leporatti.