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18/01/2012 06:29 EST | Actualisé 19/03/2012 05:12 EDT

Alliance PQ-QS: Françoise David refuse de céder sa place à Nicolas Girard

QUÉBEC - Qu'il y ait alliance ou non avec le Parti québécois, Françoise David n'entend pas renoncer à sa candidature dans la circonscription montréalaise de Gouin à la prochaine élection.

La cochef de Québec solidaire a bien l'intention d'affronter le député péquiste Nicolas Girard et remporter la mise après deux tentatives infructueuses en 2007 et 2008.

«Je vis dans ce comté depuis plus de 30 ans, je suis engagée dans la communauté, j'y ai élevé mon fils et cette fois je pense pouvoir l'emporter. Le PQ connaît mes intentions depuis des mois», a dit Mme David lors d'un entretien accordé à La Presse Canadienne.

Mme David et son partenaire politique Amir Khadir ont rencontré avant les Fêtes un émissaire de Pauline Marois pour discuter d'une possible alliance des deux formations en prévision du prochain scrutin.

Mais les échanges sont demeurés embryonnaires et aucune proposition formelle d'alliance n'a été soumise par le Parti québécois, a tenu à préciser Mme David.

La militante féministe affirme ne pas être opposée à l'idée d'un pacte mais ajoute que le Parti québécois devra d'abord abattre ses cartes. Par la suite, les membres de Québec solidaire détermineront s'il y a lieu d'entreprendre des négociations, a-t-elle expliqué.

«Des négociations de direction à direction, il n'y en a jamais eu. Qu'ils nous fassent une proposition et en tout respect, on écoutera. Mais il nous faudra un mandat de nos membres», a fait valoir Mme David.

Une alliance des «forces souverainistes» signifie que le Parti québécois laisserait des circonscriptions vacantes pour faciliter l'élection d'un candidat de Québec solidaire et vice-versa. L'objectif est d'éviter la division du vote pour accroître le plus possible le nombre de souverainistes à l'Assemblée nationale.

La proposition divise les membres du caucus péquiste.

Pour Bernard Drainville, député de Marie-Victorin, la survie du PQ passe par le rassemblement des forces souverainistes, donc par une alliance stratégique avec Québec solidaire. Il fait pression sur la chef péquiste, Pauline Marois, pour que le parti aille en ce sens.

Le leader parlementaire de l'opposition péquiste, Stéphane Bédard, fait partie de ceux qui ne partagent pas son avis. Il attribue la sortie de son collègue Drainville à son «inexpérience» politique, bien qu'il soit élu depuis près de cinq ans.

Il estime que M. Drainville a commis une erreur, en partant d'une bonne intention. «En voulant bien faire, il est arrivé au résultat contraire», selon lui.

Car selon M. Bédard, il est faux de prétendre que le vote des électeurs puisse ainsi être transférable d'un parti à l'autre, automatiquement, comme par enchantement. «Arrêtons de jouer dans l'opportunisme», plaide-t-il.

Quant à lui, un des premiers intéressés, le député de Gouin, Nicolas Girard, se dit en principe en faveur d'un pacte avec QS afin d'accroître les chances d'élire des «souverainistes et des progressistes» dans la région de Montréal.

Mais il ne cèdera pas pour autant sa place à Mme David dans Gouin.

«J'ai bien des électeurs de la circonscription de Gouin qui me disent qu'ils ne trouvent pas très productif d'avoir deux personnalités souverainistes et progressistes qui s'affrontent l'une contre l'autre», a-t-il dit.

M. Girard rappelle toutefois qu'il a été élu «à trois reprises» par les électeurs de Gouin _ 2004, 2007 et 2008 _ et qu'il a battu «deux fois» Mme David.

«À l'époque, plusieurs analystes et des sondeurs prédisaient une défaite du PQ dans Gouin mais ça ne s'est pas matérialisé. J'imagine que les électeurs de Gouin apprécient mon travail», a-t-il soulevé.

Dans un communiqué, le Parti québécois a fait savoir en fin de journée que «la question d'alliances possibles entre le Parti québécois et d'autres forces souverainistes et progressistes fait l'objet de discussions au sein du caucus» depuis plusieurs semaines.

En décembre, la chef du Parti québécois a demandé à son équipe d'évaluer «plus concrètement les pistes de rapprochement possibles et de procéder à une analyse fine des avantages et des inconvénients» que cela pourrait comporter.

«Cette analyse est en cours et devrait permettre d'alimenter la discussion», mentionne la missive.