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17/01/2012 04:32 EST | Actualisé 18/03/2012 05:12 EDT

Tentative de vendre des renseignements: un cas d'exception, dit le directeur

MONTRÉAL - Le directeur du Service de police de la ville de Montréal, Marc Parent, croit que le cas du policier retraité qui aurait tenté de vendre des renseignements à des membres du crime organisé est un cas d'exception, mais il verra tout de même à faire la lumière sur cette affaire et à renforcer certaines mesures de sécurité s'il le faut.

Il a d'abord tenu à se faire rassurant. «Dans cette situation-là, il faut comprendre que c'est un individu de mauvaise foi, malhonnête, qui a décidé qu'il allait partager de l'information. On n'est jamais à l'abri d'une situation comme ça. Mais il faut mettre en place des systèmes qui permettent de les détecter», a-t-il commenté.

Le directeur du service de police a participé mardi à une conférence de presse sur le profilage racial en compagnie du maire de Montréal, Gérald Tremblay. C'est après cette conférence qu'il a été appelé à commenter la nouvelle sur ce policier retraité, contre lequel aucune accusation n'a encore été portée.

«C'est vraiment un cas exceptionnel. On prend une personne, sans histoire, qui semblait avoir une carrière très intègre, qui, pour des raisons diverses, à la fin de sa carrière, a décidé de poser un geste», a-t-il relaté.

Malgré tout, il promet de faire toute la lumière sur cette histoire. «C'est toujours sous enquête», par «nos gens des enquêtes spécialisées», en collaboration avec la Sûreté du Québec et la Gendarmerie royale du Canada, a-t-il précisé.

Il n'a toutefois pas voulu en dire davantage afin de ne pas compromettre cette «enquête d'une grande importance». «Nos partenaires sont interpellés depuis la première journée qu'on a eu l'information», a-t-il pris soin d'ajouter, pour prouver que le SPVM prenait la chose au sérieux et ne la traitait pas en vase clos.

«Il faut comprendre que quand un incident comme ça arrive, ça éclabousse pas juste le SPVM, ça éclabousse l'ensemble des organisations policières», a déploré M. Parent.

Quant à savoir si des leçons seront tirées de cette histoire, notamment sur la protection des renseignements criminels, le directeur du service de police a laissé entendre que oui. «On continue de réfléchir sur comment améliorer nos systèmes de sécurité. On était déjà en processus de revoir notre gestion du système informatique, au niveau du renseignement, entre autres, et de l'analyse de la criminalité», a-t-il dit, ajoutant que ce travail se poursuivra.

Interrogé sur le fait que ce policier retraité aurait révélé les noms de quatre informateurs de la police pour prouver son sérieux aux gens à qui il voulait vendre davantage de renseignements, M. Parent a précisé que le service était «entré en contact avec ces gens-là», mais n'a pas voulu dire s'il avait dû accroître leur sécurité ou prendre d'autres mesures. Il a simplement précisé que la suite n'avait pas entraîné de coûts supplémentaires pour les contribuables.

Le maire Tremblay, présent à ses côtés, n'a pas voulu commenter l'histoire, si ce n'est pour dire qu'il faisait totalement confiance au service de police pour aller au fond des choses et apporter les correctifs nécessaires.

Aucune accusation n'a été portée jusqu'à présent dans cette affaire. Selon ce que rapportait Radio-Canada lundi, le policier en cause était un sergent-détective au service des renseignements criminels, qui a pris sa retraite en janvier 2011 après une trentaine d'années au sein du SPVM.

Dans le cadre de ses fonctions, il avait accès à la liste confidentielle des noms de centaines d'informateurs de la police au sein du crime organisé, notamment de la mafia.

Toujours selon Radio-Canada, il aurait tenté de vendre à la mafia une partie des noms inscrits sur cette liste. Il aurait rencontré un avocat représentant des membres du crime organisé pour lui faire part de son offre en échange de centaines de milliers de dollars.