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17/01/2012 02:48 EST | Actualisé 18/03/2012 05:12 EDT

Présentation à partir de mercredi des collections automne-hiver 2012/2013

PARIS - Sages complets de bonne facture ou tenues élaborées en vertu des attentes supposées des générations futures: la mode masculine dans toute sa diversité prendra d'assaut à partir de mercredi et jusqu'à dimanche les podiums parisiens.

Des grandes maisons françaises, connues et reconnues jusqu'aux jeunes pousses en recherche d'une validation de leur talent, en passant par les créateurs souvent venus de loin, voire de très loin, pour nouer puis tisser des liens entre les civilisations: c'est toute la vitalité insolente d'un secteur de l'industrie du textile et de la mode qui devrait être mise en lumière, à l'aune des 65 marques inscrites au calandrer officiel de l'automne/hiver 2012/2013.

Habitué de cette grand-messe parisienne, les quelques grands noms dont Jean Paul Gaultier, Dior ou Givenchy devraient facilement tirer leur épingle du jeu. Sauf que d'autres marques ont entre temps et depuis plusieurs saisons déjà, pris un ascendant remarquable sur la garde-robe parisienne, au masculin.

Il en va ainsi de Lanvin, chez qui l'oeil aguerri d'Alber Elbaz a rehaussé un "style" maison au même niveau que la garde-robe féminine de la maison qu'il a sauvée des eaux. Dans un autre registre, Kris Van Assche a fait des prouesses avec sa volonté de réduire "à l'essentiel" la vêtement de l'homme.

Pour l'instant moins heureuse, mais toujours en exercice, la griffe Kenzo, soumise aux affres du jeu des chaises musicales, tentera de faire oublier l'époque Antonio Marras, pas au rendez-vous des ventes, malgré une vraie proposition. A vouloir tout tenter, même l'improbable, la maison de luxe (groupe LVMH) créée par Kenzo Takada il y a plus de 40 ans pourrait bien y laisser des plumes.

Parmi les nouveaux talents, dont certains sont attendus au tournant, une certaine confiance en soi reste de mise. Le jeune Lyonnais Alexis Mabille n'a pas peur de franchir, en matière de mode, le rubicon. Il a aussi le mérite de faire ce qu'il dit, un fait rare chez les jeunes pousses.

Face à lui, l'on trouve d'autres créateurs plus aguerris. Le Germano-croate Damir Doma en fait partie. En plus d'être devenu en moins de cinq ans une référence outre-Rhin, le créateur à la timidité devenue légendaire persiste à redéfinir les frontières, si toutefois elles existent, entre masculin et féminin. Sans entrer dans la guerre des genres, qui de surcroît ne l'intéresse guère.

Une fois encore, les vraies surprises devraient être marquées du sceau de l'Orient. Chez Issey Myiake, l'une des premières marques japonaises à avoir défilé à Paris dès 1973, le nouveau directeur artistique Yoshiyuki Miyamae, un enfant du sérail, tentera le même prodige que pour sa première collection de prêt-à-porter présentée en octobre dernier. Gardien du temple et de l'ADN maison, le créateur devra marquer l'essai et trouver un nouvel espace à son "onirisme nippon occidentalisé".

Du côté des nouveautés, que faut-il attendre de l'arrivée dans le calendrier de la maison Berluti? Sans doute l'extension du savoir-faire indéniable d'un artisan du soulier haut-de-gamme dans le dressing masculin. Un savoir-faire et des gènes transformés en vêtements par le styliste italien Alessandro Sartori, qui a notamment brillé sur la ligne "Z" d'Ermenegildo Zegna à Milan.

Si d'aventure la nouvelle notoriété qui pourrait en découler était au rendez-vous, la boucle serait bouclée, dans ce microcosme où le savoir-faire vaut autant que le savoir être et que le faire-savoir... AP

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