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17/01/2012 05:14 EST | Actualisé 18/03/2012 05:12 EDT

Profilage racial et social: la Ville, le SPVM et la STM disent vouloir agir

MONTRÉAL - La Ville de Montréal, son service de police ainsi que la Société de transport de Montréal affirment prendre au sérieux la question du profilage racial ou social et s'engagent à prendre des mesures pour le corriger lorsqu'il se manifeste.

Les trois autorités ont rencontré la presse, mardi, dans un des quartiers les plus multiethniques de Montréal, pour indiquer quelles mesures chacune avait prises.

La formation du personnel, la formation continue et le rapprochement avec les communautés sont au coeur de plusieurs de ces actions.

Par exemple, le Service de police de la ville de Montréal s'est doté d'un plan d'action en matière de profilage racial et social.

«De façon générale, nos policiers sont de plus en plus sensibilisés. Au-delà de la formation, je pense qu'il faut aussi sensibiliser les policiers sur le chemin parcouru par ces gens-là et leur histoire et ce qui se cache des fois derrière une situation, une problématique», a expliqué le directeur du service de police, Marc Parent.

«Parfois, c'est dans les commentaires ou les propos qu'on tolérait peut-être il y a 20 ans, mais aujourd'hui, il y a des choses qu'on ne veut plus entendre. Et c'est sur ces éléments-là qu'on veut vraiment agir», a-t-il illustré.

Le directeur du service de police a assuré qu'il ne s'agissait pas de voeux pieux, mais que les comportements répréhensibles entraîneront des conséquences. «Ça peut aller, selon la gravité, jusqu'à un congédiement», a précisé M. Parent.

Entre autres mesures, un «Comité d'intégration des mesures en matière de profilage» a été mis sur pied afin de voir au suivi des intentions de chacun.

Ce comité sera composé d'élus, de représentants du Service de police de la ville de Montréal, de l'Office municipal d'habitation, de représentants des arrondissements, du service du capital humain de la Ville et de la direction de la diversité sociale.

Le maire Gérald Tremblay a aussi dit vouloir changer les choses, notamment dans les attitudes face aux plaintes de profilage racial. «Si on veut maintenir la confiance avec la communauté, il faut absolument que la perception change. Les policiers, dans la complexité de leur travail, ont droit à une défense pleine et entière. Mais de là à dire qu'on peut mettre en place des mesures dilatoires pour retarder indûment des décisions... Il faut avoir des discussions avec la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, notre contentieux et également le Service de police de la ville de Montréal», a-t-il plaidé.

Le maire faisait ainsi référence à un problème soulevé dans l'édition de mardi du quotidien La Presse, voulant que la Commission des droits de la personne et de la jeunesse ainsi que la Ligue des droits et libertés se plaignent du fait que les autorités font de l'obstruction systématique pour éviter de se retrouver avec des dossiers de plainte de profilage racial. La commission s'affairerait à traiter une centaine de plaintes de profilage racial; pourtant aucune ne se serait rendue jusqu'aux tribunaux.

De son côté, le président de la Société de transport de Montréal, Michel Labrecque, a assuré que le profilage racial ou social n'était pas toléré dans son service. Pour ce faire, le code d'éthique, le code de comportement et les modules de formation des employés et inspecteurs ont été révisés, entre autres mesures.

La STM a aussi déployé des efforts pour embaucher davantage de représentants des minorités visibles, une mesure qu'elle compte poursuivre. «Nous avons 9000 employés à la STM. Tout près de 20 pour cent proviennent des diversités ethno-culturelles, et de ce nombre, près de 30 pour cent de la communauté noire», a précisé M. Labrecque.