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17/01/2012 10:31 EST | Actualisé 18/03/2012 05:12 EDT

Nicolas Sarkozy bat la campagne en Ariège

En déplacement à Pamiers, en Ariège, pour ses voeux au monde rural, Nicolas Sarkozy a invité mardi les territoires ruraux à "changer en tenant compte du nouveau monde". Il a annoncé que des décisions allaient être prises pour "relâcher la pression" par rapport aux règles environnementales.

Premier président à se rendre en Ariège depuis la visite de François Mitterrand en 1994, Nicolas Sarkozy a exprimé sa confiance dans les territoires ruraux qu'il a néanmoins incités à "changer en tenant compte du nouveau monde" et rappelé son "engagement en faveur de l'agriculture (...) élément majeur de la compétitivité de (notre) économie".

Dans ce département traditionnellement acquis à la gauche, où il a réalisé son plus faible score lors de la présidentielle de 2007 -40,44% des voix contre 59,56% pour sa rivale socialiste Ségolène Royal- le chef de l'Etat a expliqué que l'agriculture française, "la première d'Europe", était "le seul poste pour lequel le solde des échanges entre la France et l'Allemagne fait apparaître un excédent de 1,5 milliard d'euros en 2010".

Favorable à un "nouveau modèle agricole", le président a une fois encore défendu la contractualisation entre industriels et producteurs qui assurent aux agriculteurs "un prix garanti" et la valorisation de la production agricole dans les circuits courts. Par ailleurs, M. Sarkozy a jugé qu'"on ne peut pas accepter qu'à l'intérieur même de l'Europe, les coûts de production entre l'Allemagne et la France soient si différents que les agriculteurs allemands puissent prendre des parts de marché au agriculteurs français".

"Ce n'est pas une affaire de gauche ou de droite mais de bon sens (...) Il faut aider les producteurs français et les industriels à baisser les coûts de production pour qu'ils puissent être compétitifs et vendre leur production".

Nicolas Sarkozy a insisté sur la nécessité de "diminuer le poids des charges sociales sur les effectifs de l'agriculture et de l'industrie française", sans quoi "la France se videra de son sang car il sera trop cher de produire en France". Il a annoncé qu'il recevrait mercredi les organisations professionnelles pour parler de cette question.

"Nous sommes dans une crise immense qui nous impose des décisions. On peut s'en sortir, on va s'en sortir en prenant la bonne stratégie. Tous les pays qui ont choisi de mieux travailler, de plus investir, de valoriser le travail ont réussi. Tous les pays qui ont fait le choix de différer ont échoué", a déclaré le chef de l'Etat avant de défendre sa réforme des retraites, le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux ou encore la réforme territoriale. La question des "règles d'économie" devant aussi s'appliquer selon lui aux collectivités territoriales.

Sur le volet environnemental, Nicolas Sarkozy a annoncé qu'un certain nombre de décisions allaient être prises pour "relâcher la pression". "La préservation de l'environnement, ce n'est pas empêcher quiconque de faire quoi que ce soit", a-t-il déclaré en s'en prenant "aux associations qui vont empêcher un maire, un élu, une initiative de le faire", ce qui selon lui "paralyse le territoire".

"Il faut aussi lever le pied sur la question de la chasse (...) Les chasseurs ne sont pas les ennemis", a ajouté M. Sarkozy qui "considère comme indispensable de relâcher la pression sur la multiplication des règles qui rendent (la) vie impossible et qui privent certains départements d'activités traditionnelles".

Le président de la République s'est dit "en faveur de moins de règles, plus lisibles, plus compréhensibles", à l'exception des domaines de la sécurité routière et du handicap.

"J'assume la sévérité et les règles en matière de sécurité routière et de handicap", a-t-il déclaré

A l'issue de l'intervention du chef de l'Etat, Jean-Pierre Bel, sénateur PS de l'Ariège et président du Sénat, s'est dit "surpris" par une "forme de caricature du monde rural et du métier de fonctionnaire, considéré comme porteur de tous les maux de la Terre et sur la réforme territoriale".

"Le président n'a toujours pas compris ce que le territoire e exprimé notamment au mois de septembre lors qu'il a décidé que l'alternance devrait vivre au Sénat", a déclaré M. Bel. "Nous arrivons à moins de 100 jours du mandat de Nicolas Sarkozy, je doute qu'en moins de trois mois on puisse régler des questions que l'on n'a pas réglées et des points sur lesquels on a ajouté plus d'inégalité et plus d'injustice", a-t-il encore commenté. AP

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