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17/01/2012 06:53 EST | Actualisé 18/03/2012 05:12 EDT

Les ex-dirigeants de Nortel ont encouragé la malhonnêteté, selon la Couronne

TORONTO - Les avocats de la Couronne lors du procès pour fraude de trois anciens dirigeants de Nortel Networks affirment que ces derniers ont créé une culture de malhonnêteté, ayant encouragé des membres du personnel de l'entreprise à recourir à des pratiques trompeuses pour aider à faire passer des pertes trimestrielles pour des profits.

Le procureur Robert Hubbard a affirmé en cour à Toronto, mardi, que sous la direction du président et chef de la direction d'alors, Frank Dunn, l'utilisation de réserves financières afin de gonfler des résultats financiers déficitaires était une pratique courante parmi les employés de Nortel, et pas seulement chez les trois accusés.

«En fin de compte, tout le monde trompait tout le monde», a-t-il déclaré au deuxième jour d'un procès qui s'annonce très long.

M. Hubbard a avancé que les anciens hauts dirigeants qui font maintenant face à la justice avaient induit en erreur les membres du conseil d'administration du fabricant de matériel de télécommunications en leur présentant des bilans améliorés, différents de la réalité, dans le but de les impressionner. Il a ajouté que les différentes divisions de l'entreprise faisaient la même chose auprès de la direction.

La Couronne compte une liste de 27 témoins qu'elle entend appeler à la barre, parmi lesquels d'anciens employés qui, a-t-elle prévenu, pourraient avoir été complices des accusés.

Les anciens dirigeants de ce qui a déjà été la plus importante entreprise au Canada — mais qui a depuis été scindée et dont les actifs ont été vendus — orchestraient une «machination de gestion des profits» grâce à laquelle ils ont fait abstraction de millions de dollars de revenus afin de pouvoir les déclarer à une date ultérieure.

Frank Dunn, qui a été directeur des finances de Nortel avant d'en être devenu le président et chef de la direction, l'ex-directeur financier Douglas Beatty et Michael Gollogly, ancien contrôleur financier, ont été mis en accusation dans le cadre de cette présumée affaire de fraude. Ils sont soupçonnés d'avoir falsifié les résultats financiers de Nortel pour obtenir les primes qui leur avaient été promises si l'entreprise atteignait certains objectifs financiers.

Chacun des trois hommes a plaidé non coupable.

Le procès, présidé par le juge Frank Marrocco, de la Cour supérieure de l'Ontario, devrait durer plus de six mois.

À son apogée pendant le boom technologique de 1999-2000, l'équipementier a pris rapidement de la valeur en bourse et connu une période de diversification et d'expansion. Le scandale comptable de Nortel en 2002-2003 a par la suite provoqué l'une des chutes les plus spectaculaires sur le marché boursier canadien.

La société a finalement vendu presque toutes ses entreprises à différents acheteurs pour plus de 3 milliards $.