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17/01/2012 01:12 EST | Actualisé 18/03/2012 05:12 EDT

La TVA, gros morceau au menu du sommet social à l'Elysée

PARIS - Nicolas Sarkozy recevra mercredi à l'Elysée les représentants syndicaux et patronaux à l'occasion du sommet sur l'emploi, rebaptisé sommet sur la crise. Au menu: la TVA dite "sociale", visant selon le gouvernement à réformer le financement de la protection sociale pour abaisser le coût du travail.

Malgré la proximité de la présidentielle, le sommet social convoqué par Nicolas Sarkozy promet d'ouvrir de grands chantiers, à commencer par "la question de la baisse du coût du travail et du financement de la protection sociale", selon les termes du Premier ministre François Fillon, c'est-à-dire la TVA dite "sociale" et rebaptisée "TVA anti-délocalisation" par le gouvernement.

Cette mesure consiste, sur le principe, à alléger les cotisations sociales, et à augmenter en échange la TVA pour contribuer au financement de la protection sociale. De fait, ce principe vise à favoriser les entreprises nationales.

L'hypothèse d'une hausse de la TVA, émise implicitement par le président Nicolas Sarkozy lors de ses voeux télévisés le 31 décembre, a aussitôt suscité l'opposition de la gauche, et quelques remous dans les rangs de la droite, où certains députés redoutent les conséquences sur les élections législatives.

"La compétitivité, c'est d'anticiper, d'innover", ça "ne peut pas se réduire simplement à une opération fiscale de dernière heure, improvisée", a déclaré mardi François Hollande en déplacement à Gandrange, qualifiant d'"opération de mistigri" le projet gouvernemental de "TVA sociale".

Pour le candidat socialiste à la présidentielle, la réunion de mercredi à l'Elysée est "un sommet de fin de mandat et de début de campagne".

En ce qui concerne la TVA, "rien n'est arbitré", a assuré une nouvelle fois Valérie Pécresse, porte-parole du gouvernement, mardi à l'Assemblée nationale.

"Je ne suis pas un fana d'augmenter la TVA en règle générale et à quelques mois des élections en plus, mais ça c'est le sommet social (qui déterminera) ce qui doit être fait et pas fait", a commenté le député UMP Dominique Bussereau, ancien ministre des Transports, tout en tempérant ses propos: "si on estime qu'il y a des urgences financières, de l'emploi, il faut les mener jusqu'au bout", a-t-il estimé.

"Je sens que la majorité comprend très bien que dans le contexte actuel, la meilleure des réponses c'est l'action", a déclaré de son côté Luc Chatel, ministre de l'Education. "Il y a ceux qui parlent, mais qui ne disent pas grand-chose, et il y a ceux qui agissent, nous, nous avons choisi le champ de l'action".

Parmi les autres dossiers sur la table mercredi à l'Elysée, figurent "la question de la formation des chômeurs", "les accords de compétitivité dans les entreprises" sur le modèle allemand, et "la question de la taxe sur les transactions financières", selon François Fillon.

Le problème du logement sera aussi abordé, a confirmé mardi à la presse Benoist Apparu, secrétaire d'Etat chargé du Logement.

"Nous devons à présent concentrer nos efforts sur le renforcement de la compétitivité des entreprises", a souligné François Baroin, lors de la présentation de ses voeux à la presse mardi à Bercy.

En ce qui concerne la taxe sur les transactions financières, il a souhaité "que la finance prenne sa part de la responsabilité dans les difficultés que les économies occidentales traversent actuellement". "C'est une question de morale", a-t-il insisté.

Patrick Ollier, ministre chargé des relations avec le Parlement, a confirmé à la presse mardi avoir "prévu un temps parlementaire suffisant" pour que les textes législatifs qui découleront du sommet social, dont il estime qu'il n'y en aura pas "plus de deux", puissent être débattus d'ici la fin des travaux parlementaires, soit "début mars".

"A l'occasion du sommet sur la crise mercredi prochain, je dirai la vérité aux partenaires sociaux, puis je parlerai aux Français à la fin du mois", a promis Nicolas Sarkozy dimanche à Amboise. "Je leur dirai les décisions importantes qu'il nous faut prendre sans perdre de temps". AP

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