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17/01/2012 02:30 EST | Actualisé 18/03/2012 05:12 EDT

La Syrie rejette toute intervention armée arabe sur son territoire

BEYROUTH - La Syrie rejette absolument toute présence de troupes arabes sur son sol, a déclaré son ministre des Affaires étrangères mardi, alors que le bilan des dix mois de répression de la contestation contre le régime du président Bachar el-Assad continue de s'alourdir.

Le président Assad a exclu toute intervention étrangère en Syrie. Soumis à une très forte pression régionale et internationale, il a signé en décembre un accord de sortie de crise élaboré par la Ligue arabe et accepté l'arrivée d'observateurs de l'organisation à quelques jours de la nouvelle année, mais leur efficacité est limitée et l'opposition n'y voit que manoeuvres dilatoires pour poursuivre la répression sanglante.

La Ligue a déclaré mardi qu'une dizaine d'observateurs supplémentaires devraient rapidement rejoindre les quelque 150 déjà en mission en Syrie.

Des militants ont affirmé qu'au moins 18 personnes étaient mortes mardi, la plupart victimes des forces de sécurité et de leurs affidés, et que six soldats syriens avaient été tués lundi soir. Les informations ne peuvent être vérifiées indépendamment car les journalistes étrangers sont interdits de séjour et les médias locaux sont muselés.

Des attaques ont également été signalées pour le cinquième jour d'affilée dans la banlieue de Damas, à Zabadani, près de la frontière libanaise.

Initialement pacifique, le mouvement de contestation se militarise de plus en plus ces derniers mois, faisant craindre que le pays ne bascule dans la guerre civile, avec notamment une augmentation des affrontements armés entre les troupes et des déserteurs, dont une partie se sont regroupés au sein de l'Armée syrienne libre (ASL).

L'ONU estime que les violences ont fait environ 400 morts depuis trois semaines, auxquels s'ajoutent les plus de 5000 personnes tuées par la répression depuis la mi-mars.

L'émir du Qatar, le cheikh Hamad ben Khalifa al Thani, aurait proposé dimanche que des troupes arabes soient déployées en Syrie pour faire cesser le bain de sang. C'était la première fois qu'un dirigeant arabe discutait d'une intervention militaire sur place.

Autrefois un proche allié de Damas, le Qatar se montre maintenant très critique envers la répression. Il joue un rôle grandissant sur la scène régionale depuis le début du printemps arabe l'an dernier.

«Le peuple syrien rejette toute ingérence étrangère dans ses affaires (intérieures), à quelque titre que ce soit, et réagirait à toute tentative de violer la souveraineté de la Syrie et son intégrité territoriale», a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué mardi.

Le gouvernement affirme que le soulèvement est l'oeuvre de terroristes et de bandes armées agissant pour le compte de puissances étrangères qui veulent déstabiliser la Syrie. Il soutient que 2000 membres des forces de sécurité ont été tués.