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17/01/2012 01:34 EST | Actualisé 18/03/2012 05:12 EDT

Hollande à Gandrange: l'Etat doit accompagner la modernisation de la sidérurgie française

En visite à Gandrange (Moselle), le candidat socialiste à la présidentielle François Hollande a estimé que l'Etat devrait "accompagner" les efforts de modernisation de la sidérurgie française.

Après avoir rencontré des salariés d'ArcelorMittal à la mairie de Gandrange, il a reçu des mains d'un syndicaliste CFDT un casque de sidérurgiste estampillé "L'acier lorrain vivra". Un cadeau remis devant plus de 150 journalistes réunis dans une salle municipale proche.

Dans le discours qu'il a prononcé ensuite, François Hollande a souligné que Gandrange était devenu un symbole: "symbole de l'abandon de l'emploi comme priorité, symbole de l'absence d'une politique industrielle et symbole des manquements à la parole donnée".

En février 2008, alors que le géant de l'acier ArcelorMittal venait d'annoncer une restructuration de Gandrange, le président Nicolas Sarkozy avait promis aux ouvriers que l'Etat investirait sur le site si un plan alternatif était trouvé. "On va se battre, vous n'êtes pas seuls!" avait-il lancé, promettant de revenir pour présenter une "solution". Au printemps 2009, l'aciérie fermait. Sur les 1.108 emplois que comptait le site, 575 étaient supprimés.

François Hollande a vanté mardi à Gandrange les mérites de la sidérurgie française, évoquant ses "sites de haute technologie" aux "productions de grande qualité" et qui ne demandent "qu'à être valorisés".

"Des investissements seront nécessaires dans les prochaines années et l'Etat devra montrer qu'il est capable d'accompagner les efforts de modernisation", a déclaré le candidat socialiste, en posant plusieurs conditions à ce type d'intervention publique. D'abord, les actionnaires doivent eux-mêmes s'engager sur une période longue. Ensuite, des formations doivent être dispensées aux salariés pour permettre anticipation et diversification.

Avant Gandrange, François Hollande s'est rendu à Thionville (Moselle) pour visiter l'usine sidérurgique du groupe suédois Akers. Là, il a rendu hommage à la Lorraine, une région qui "veut vivre mais sans qu'on lui donne des promesses sans lendemain".

"Nous avons confiance dans l'industrie", a-t-il déclaré, aux côtés de la Première secrétaire du PS Martine Aubry, expliquant qu'ils étaient venus pour "marquer non pas un attachement sentimental" mais "pour montrer un attachement durable à une politique industrielle".

Cela exige "une vision de l'Etat de ce que doit être l'avenir des grands secteurs industriels", a-t-il souligné, avant de défendre le "pacte productif" dont il a fait l'un de ses thèmes de campagne.

Le candidat socialiste propose qu'une banque publique d'investissement soit créée pour aider les entreprises peinant à lever des capitaux privés. Il plaide pour des "pôles de compétitivité" et un renforcement de la formation. Surtout, il considère que la fiscalité "doit être aménagée pour favoriser l'investissement".

Il prévoit aussi, s'il est élu à l'Elysée, d'élargir le crédit impôt recherche. Il envisage enfin de moduler la cotisation chômage afin qu'elle soit plus lourde pour les employeurs recourant aux CDD et à l'intérim que pour ceux embauchant en CDI.

A la veille du sommet social, il a critiqué le projet gouvernemental de "TVA sociale", le qualifiant d'"opération de mistigri". Pour le député de Corrèze, cette réforme du financement de la protection sociale n'est qu'une "recette illusoire" qui se ferait au détriment de la consommation et donc de la croissance.

Alors que le gouvernement assure que cette "TVA sociale" renforcera la compétitivité des entreprises françaises, François Hollande a estimé à Gandrange que "la compétitivité se prépare, c'est une politique industrielle et c'est celle que nous proposons".

"Je ne souhaite pas qu'à Gandrange il y ait une deuxième plaque qui soit apposée", a-t-il confié, en référence à la plaque commémorative dédiée par un syndicat aux promesses non tenues de Nicolas Sarkozy.

"Je ne suis pas venu ici pour laisser croire que dès l'élection présidentielle tout sera possible", a expliqué François Hollande. "Mais je suis venu ici pour dire que tout sera engagé, tout sera fait pour que nous ayons la clarté dans les objectifs et la mobilisation des moyens". AP

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