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16/01/2012 06:03 EST | Actualisé 17/03/2012 05:12 EDT

Triple A: "échec du quinquennat", selon Dominique de Villepin

PARIS - L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a affirmé lundi qu'il n'aurait "jamais été candidat" à l'élection présidentielle si le bilan de Nicolas Sarkozy avait été "un bon bilan", estimant que la perte du triple A français marquait "clairement l'échec du quinquennat".

"Je suis aujourd'hui candidat parce qu'à mon sens, la situation l'exige", a-t-il expliqué lors de ses voeux à la presse. "Je n'aurais jamais été candidat si le bilan de Nicolas Sarkozy avait été un bon bilan et s'il avait été fidèle au redressement engagé avant 2007".

"La dégradation de la dette française ouvre en effet une nouvelle étape", a affirmé l'ancien Premier ministre (2005 à 2007), estimant que cela "signifie clairement l'échec du quinquennat". "Cet échec, c'est d'abord celui d'une méthode, la concentration du pouvoir, l'hyperprésidence" et "le refus de définir des priorités claires".

"Cet échec, c'est aussi celui d'un choix qui a été fait dès 2007", celui "d'ouvrir les vannes de la dépense", a-t-il poursuivi, citant la loi TEPA (travail, emploi et pouvoir d'achat) qui avait instauré la défiscalisation des heures supplémentaires et le bouclier fiscal.

Selon M. de Villepin, la perte du triple A accordé par l'agence Standard & Poor's est "également l'échec d'un volontarisme de façade" avec une "réforme des retraites douloureuse et deux plans de rigueur inefficaces, avec à chaque fois la promesse que c'était le dernier effort". "Qui peut croire qu'il n'y aura pas de troisième plan de rigueur?"

Le candidat à la présidentielle a plaidé pour que cette dégradation de la note française "sonne le réveil politique", estimant être le seul ces 40 dernières années à avoir "engagé un effort" pour réduire la dette lorsqu'il était à la tête du gouvernement. La dette est "un scandale, révélateur des mauvais choix faits depuis 40 ans et qui ont été aggravés depuis cinq ans".

"Ce sera dur, très dur, il faudra de l'effort, de l'ordre, mais bien sûr davantage de justice", a souligné Dominique de Villepin, tablant sur un retour à l'équilibre de la France à échéance de cinq ans. "Nous ne le ferons pas dans les trois ans qui viennent".

D'ici là, a-t-il ajouté, "la durée légale du travail sera portée à 37 heures, en échange de la moitié des exonérations de charges liées aux 35 heures". Et il y aura un "pacte d'urgence" pour les PME, une priorité selon lui car "ce sont elles qui créent des emplois". Elles seront "au coeur de la bataille de la croissance".

Il faudra en outre "réduire le train de vie de l'Etat" pour le "recentrer sur ses missions essentielles", autour de dix ministres et des institutions "où chacun est à sa place", c'est-à-dire "un président qui préside, un gouvernement qui gouverne et un Parlement qui légifère", a insisté l'ex-Premier ministre.

Il a cependant tendu la main à la majorité, affirmant qu'elle n'a "pas démérité" mais qu'elle a "été dévoyée". AP

ir/sb