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16/01/2012 03:17 EST | Actualisé 17/03/2012 05:12 EDT

Moody's maintient pour l'instant le AAA de la France

PARIS - L'agence de notation Moody's a maintenu lundi le AAA de la dette française mais se prononcera «dans le courant du premier trimestre 2012» sur l'appréciation de perspective stable accompagnant cette note. Son concurrent Standard & Poor's a pour sa part abaissé la note maximale de la France à AA+ vendredi, tandis que la troisième grande agence, Fitch, compte maintenir le triple A en 2012.

Standard & Poor's a aussi annoncé lundi qu'elle abaissait d'un cran, à AA+ la notation du Fonds européen de stabilité financière (FESF). L'abaissement «par une seule agence de notation ne réduira pas la capacité de prêt du FESF de 440 milliards d'euros», a réagi dans un communiqué le président du Fonds, Klaus Regling.

Le ministre français de l'Économie, François Baroin, a souligné de son côté que Moody's évaluera «conjointement, dans les semaines qui viennent, l'ensemble des pays européens, et non la situation de la France prise séparément».

L'analyse de l'agence «confirme que la politique mise en oeuvre par le gouvernement français en faveur de la croissance, de la compétitivité et de la maîtrise des déficits publics est la bonne» et «nous incite à poursuivre notre action pour restaurer la confiance dans les institutions de la zone euro, conformément à l'accord des chefs d'État et de gouvernement du 9 décembre 2011», estime-t-il.

Il faut «tenir compte» des notations mais «il convient de ne pas sur-réagir», a réagi de son côté le président français Nicolas Sarkozy, pour qui «ce ne sont pas les agences de notation qui doivent définir les politiques» des pays. «Nous devons réduire nos déficits, nous devons réduire nos dépenses, nous devons améliorer la compétitivité de nos économies pour retrouver le chemin de la croissance», a-t-il résumé depuis Madrid.

À l'instar de Standard & Poor's, Moody's souligne les forces de la France: une grande économie en bonne santé et diversifiée, des institutions robustes et une administration compétente, une forte cohésion sociale, une gestion saine et innovatrice de la dette et d'importantes initiatives de réforme, du secteur public et du système de retraites en particulier.

En revanche, l'agence constate que la France est confrontée à des dépenses relativement élevées du gouvernement, un déficit et une dette relativement élevés par rapport au produit intérieur brut (PIB) et son exposition aux conséquences d'une potentielle aggravation de la crise de la dette européenne.

Moody's insiste sur la nécessité pour la France de poursuivre les réformes fiscales et économiques et de progresser dans la réalisation de ses objectifs de soutenabilité. La note AAA pourrait être menacée «si la dette rapportée au PIB nominal continue de s'accumuler sans signes de stabilisation à un niveau très supportable».

Vendredi, Standard & Poor's a dégradé les notes de neuf des 17 pays de la zone euro, sur 15 placés sous surveillance en décembre. L'Allemagne conserve le triple A sur sa capacité de remboursement de sa dette souveraine, tandis que la France et l'Autriche quittent ce club très fermé, dont S&P avait également chassé les États-Unis en août dernier.

L'agence de notation estime que les initiatives politiques prises par les dirigeants européens ces dernières semaines pourraient encore se révéler «insuffisantes» pour faire «pleinement» face aux «tensions systémiques» dans la zone euro.

En ce qui concerne la France, S&P juge la perspective négative, ce qui signifie qu'il existe «au moins une chance sur trois» pour que la note soit encore abaissée «en 2012 ou en 2013» si «les finances publiques déviaient de la trajectoire prévue par les projets de consolidation budgétaire», notamment en cas d'aggravation de la crise dans la zone euro.

Quant à Fitch, elle a maintenu le AAA français en décembre et compte le laisser en 2012 «en l'absence de choc important vraisemblablement lié à une forte aggravation de la crise de la zone euro». Mais dans le même temps elle a fait passer la perspective de «stable» à «négative», estimant qu'il existe «un risque légèrement supérieur à 50 pour cent d'abaissement de la note dans un délai de deux ans».