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16/01/2012 07:57 EST | Actualisé 17/03/2012 05:12 EDT

Les bureaux de trois évêques belges sont perquisitionnés par la police

BRUXELLES - La police belge a perquisitionné lundi les bureaux administratifs de trois évêques dans le cadre d'une enquête portant sur des allégations d'agressions sexuelles. Il pourrait s'agir de l'aboutissement de cette investigation, qui est en cours depuis deux ans et qui visait à déterminer si des responsables du clergé ont protégé des auteurs de sévices sexuels au dépens de leurs jeunes victimes.

Le porte-parole de l'Église catholique belge, Geert Lesage, a affirmé que le personnel des bureaux de Malines, Anvers et Hasselt, où se sont déroulées les descentes policières, ont collaboré avec les autorités et leur ont remis les documents qui lui avaient été demandés.

Selon un responsable judiciaire proche du dossier qui s'est exprimé sous le couvert de l'anonymat, les perquisitions de lundi, qui n'avaient pas été annoncées, sont basées sur les témoignages de quelque 200 personnes et sur 87 poursuites civiles.

L'objectif de ces descentes était de tenter de déterminer si des hauts responsables du clergé ont volontairement étouffé ces affaires.

Il s'agissait de la première perquisition à survenir dans cette enquête depuis 2010. À ce moment, des centaines de dossiers avaient été saisis dans une église et les policiers avaient même défoncé la crypte d'un prélat à la recherche de preuves. Cette perquisition avait été condamnée à la fois par le pape Benoît XVI et par la justice belge.

Au cours des deux dernières années, plus de 500 victimes présumées ont affirmé avoir fait l'objet de sévices sexuels de la part du clergé belge au cours des dernières décennies.

«Il est possible que nous puissions porter des accusations contre certaines personnes», a indiqué le responsable judiciaire, selon qui la journée de lundi «marque le début de la phase ultime de l'opération Calice», le nom officiel donné à cette vaste enquête policière.

Les prochains développements pourraient avoir lieu dans environ deux mois.

Le porte-parole de la Conférence des évêques de Belgique, Tommy Scholtes, a déclaré qu'il «revient aux autorités judiciaires de déterminer s'il y avait eu négligence».

L'Église belge mène sa propre enquête dans cette affaire.