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16/01/2012 09:06 EST | Actualisé 17/03/2012 05:12 EDT

Écoutes en Grande-Bretagne: le «Daily Mirror» est probablement touché lui aussi

LONDRES - Le tabloïd britannique «The Daily Mirror» a probablement lui aussi eu recours au système d'écoutes illégales qui a entraîné la fermeture du «News of the World» l'été dernier, a affirmé lundi le rédacteur en chef du quotidien.

Interrogé par la commission judiciaire chargée d'enquêter sur ce scandale, Richard Wallace a reconnu que des écoutes «pourraient bien» avoir eu lieu au «Mirror» au début des années 2000. Le journal était alors dirigé par Piers Morgan. Mais il a affirmé qu'il ignorait tout d'un tel système et que les «questions d'éthique étaient étroitement liées» à la culture de la rédaction.

La commission avait été mise sur pied après les révélations selon lesquelles le «News of the World» avait illégalement placé sur écoutes plusieurs milliers de personnes. Selon la police britannique, quelque 5795 personnes pourraient être concernées. Cette affaire a conduit à la fermeture en juillet dernier du tabloïd après 168 ans d'existence.

Lorsqu'il a lui-même été interrogé par la commission, Piers Morgan a déclaré qu'il ne pensait pas avoir écouté des messages piratés lorsqu'il dirigeait le quotidien, entre 1995 et 2004. Quant aux déclarations qui lui ont été attribuées, et selon lesquelles «des tonnes de journalistes du quotidien le faisaient», il a affirmé qu'il ne s'agissait que d'une rumeur et d'un on-dit.

Mais il a refusé d'expliquer comment il avait pu écouter un message laissé par l'ancien Beatle Paul McCartney sur le répondeur de sa désormais ex-épouse Heather Mills. Sa description du message, dans un article publié en 2006, avait conduit certains à s'interroger sur la manière dont il avait obtenu ce message. Heather Mills avait affirmé qu'il n'avait pas pu l'obtenir de façon honnête, et des soupçons d'écoutes illégales avaient émergé.

Richard Wallace, qui a remplacé Morgan en 2004, a affirmé n'avoir jamais entendu ce message.

L'affaire sur les accusations de piratage des messageries téléphoniques de célébrités, de personnalités politiques mais aussi de victimes de crimes à «News of the World» a été marquée par l'arrestation de plusieurs anciens cadres de News Corp. et la démission de hauts responsables du groupe.

Le scandale, qui a aussi ébranlé la police britannique — accusée d'avoir livré des informations au tabloïd en échange de pots-de-vin et dont deux hauts responsables ont démissionné — a aussi pris une tournure politique, atteignant le 10, Downing Street. Il a en outre conduit Rupert Murdoch à renoncer au rachat du bouquet satellite BSkyB. Entendu par une commission parlementaire, le milliardaire a nié toute responsabilité dans l'affaire.