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16/01/2012 05:07 EST | Actualisé 17/03/2012 05:12 EDT

«Costa Concordia»: les recherches sont perturbées par le mauvais temps

ROME - Alors que les recherches dans l'épave du «Costa Concordia» ont été perturbées en raison des intempéries au cours de la journée de lundi, le nombre de passagers du luxueux paquebot de croisière qui manquent toujours à l'appel a été établi en fin de soirée à 29 par les responsables de la garde côtière italienne.

Le mauvais temps a provoqué un léger glissement du paquebot qui s'est échoué samedi à proximité de l'île italienne de Giglio, au large de la Toscane. Les autorités surveillent la situation de près, craignant une catastrophe écologique dans ce sanctuaire marin populaire auprès des plongeurs pour ses populations de dauphins et de nombreuses autres créatures marines.

Les réservoirs du paquebot, qui effectuait une croisière en Méditerranée, contiennent près de deux millions de litres de gazole, de quoi provoquer une catastrophe écologique en cas de fuite.

Le ministre italien de l'Environnement, Corrado Clini, a tiré la sonnette d'alarme sur les ondes de la radio d'État (RAI), affirmant qu'un tel scénario n'était pas impossible. Aucune fuite n'a été détectée jusqu'à présent mais il faudra demeurer vigilant, a-t-il prévenu.

L'entreprise néerlandaise Smit, spécialisée dans le secours maritime, a été retenue par le propriétaire du «Costa Concordia», Costa Crociere SpA, afin d'examiner les moyens de pomper ce carburant.

Par ailleurs, la direction de Costa Crociere a pris ses distances avec le commandant du navire, Francesco Schettino, lui reprochant de ne pas avoir suivi le trajet établi. Actuellement en détention provisoire, il est soupçonné par la justice italienne d'homicides involontaires, abandon de poste — un délit passible à lui seul de 12 ans de prison — et d'être délibérément passé trop près des côtes.

Le commandant du paquebot a été incarcéré à Grosseto et un juge doit statuer ce mardi sur son maintien en détention.

Le paquebot de croisière, transportant quelque 4230 passagers et membres d'équipage, a heurté vendredi soir un récif qui a ouvert une importante voie d'eau. Le navire s'est incliné samedi sur le flanc droit, totalement submergé. Un sixième corps a été retrouvé lundi matin, avant la suspension des recherches dans l'épave en raison du mauvais temps.

Selon un porte-parole des pompiers, Luca Cari, le paquebot long de 290 mètres a glissé de quelques centimètres, dans le plan horizontal et vertical, en raison de la houle. Le danger, a-t-il ajouté, est que l'épave en équilibre sur une plate-forme rocheuse immergée bascule dans des eaux plus profondes, emprisonnant les plongeurs à la recherche d'éventuels rescapés.

Plusieurs passagers ainsi que des officiers des garde-côtes ont déclaré avoir vu le commandant quitter le navire avant la fin des opérations d'évacuation — en violation des règlements maritimes italiens et internationaux. D'après les garde-côtes, des officiers l'ont exhorté à remonter sur le navire, ce qu'il a refusé de faire. Le commandant soutient lui, malgré les témoignages, avoir été «le dernier à quitter le navire».

On le soupçonne également d'être passé trop près des côtes de l'île toscane de Giglio, pourtant bordée de récifs, pour distraire les passagers et les habitants de l'île, d'après des témoignages publiés dans la presse italienne. L'enquête devra l'établir. Le procureur en charge de l'enquête, Francesco Verusio, s'est dit lundi devant la presse «frappé (par) l'imprudence de la manoeuvre que le commandant du Costa Concordia a effectuée près de l'île de Giglio. C'était inexcusable».

Le chef de la direction de Costa Crociere, Pier Luigi Foschi, a annoncé au cours d'une conférence de presse au siège de l'entreprise à Gênes qu'il se désolidarisait du commandant en raison de son comportement, soulignant qu'il a enfreint toutes les règles.

«Le capitaine Schettino a agi de sa propre initiative (contrairement) à tous nos règlements écrits», a-t-il déclaré. Le trajet des paquebots de la compagnie, a-t-il expliqué, est introduit avant le départ dans les ordinateurs de navigation. Dans le cas présent, le bateau, parti de Civitavecchia près de Rome, devait rallier Savone, une des escales.

«Cette route avait été correctement programmée lors du départ de Civitavecchia. Le fait que le bateau se soit écarté de sa route est dû seulement à une manoeuvre du commandant, non autorisée, non approuvée et inconnue de Costa», a ajouté M. Foschi.

Il a défendu l'équipage du navire, mis en cause par les témoignages de nombreux rescapés décrivant une évacuation chaotique, pointant le manque de consignes et la désorganisation du personnel de bord. «Nos membres d'équipage se sont conduits comme des héros», a affirmé le pdg.