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15/01/2012 05:33 EST | Actualisé 16/03/2012 05:12 EDT

Le président rwandais Kagame se dit peu enthousiasmé par le rapport français

KIGALI, Rwanda - Le président rwandais Paul Kagame a affirmé ne pas être très enthousiasmé par le rapport rendu public par une commission française selon laquelle le missile qui a touché l'avion du président du Rwanda et déclenché le génocide dans ce pays, en 1994, a été tiré par l'armée et non pas par les rebelles tutsis.

Cette conclusion innocente plusieurs personnes proches de M. Kagame, qui était le dirigeant des rebelles au moment de l'assassinat.

Des juges français ont porté des accusations préliminaires contre les alliés de M. Kagame et faisaient enquête sur l'incident parce que les membres d'un équipage français avaient été tués lors de l'écrasement de l'appareil.

M. Kagame a affirmé lors d'un déjeuner de prière, dimanche, que s'il était heureux des conclusions du rapport, il n'appréciait pas le fait que le Rwanda ou le continent africain soit jugé par des étrangers.

Le gouvernement s'était félicité mardi dernier des conclusions, qui correspondent à celles de sa propre enquête, visant les extrémistes hutus.

Des opposants au gouvernement rwandais ont remis en doute la validité de l'enquête rwandaise et, pendant des années, certains ont affirmé que les rebelles tutsis qui luttaient alors contre le gouvernement a prédominance hutue du président du moment, Juvenal Habyarimana, avaient abattu l'avion présidentiel.

À la suite de l'écrasement d'avril 1994, des militants de la majorité ethnique hutue ont érigé des barrages routiers autour de la capitale du Rwanda, Kigali. Plus de 500 000 Tutsis et Hutus modérés ont été massacrés lors des 100 jours du génocide subséquent, qui a pris fin lorsque le groupe rebelle tutsi de M. Kagame, le Front patriotique rwandais, a renversé les extrémistes hutus.

La ministre des Affaires étrangères du Rwanda, Louise Mushikiwabo, a affirmé dans un communiqué de presse émis une fois connues les conclusions de la commission française que celles-ci appuyaient la position défendue par le Rwanda au sujet de l'écrasement de l'avion, voulant qu'un coup d'État ait été mené par des extrémistes hutus.