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15/01/2012 01:40 EST | Actualisé 16/03/2012 05:12 EDT

"Costa Concordia", deux nouveaux corps retrouvés dans l'épave, bilan provisoire de cinq morts

Deux nouveaux corps ont été retrouvés dimanche dans l'épave du Costa Concordia, ce paquebot de croisière qui s'est échoué vendredi soir au large des côtes toscanes dans le nord-ouest de l'Italie. Le bilan provisoire de l'accident s'établit désormais à cinq morts et 15 disparus, selon les autorités italiennes.

Trois rescapés avaient auparavant été localisés et extraits de l'épave du paquebot, dont le capitaine, Francesco Schettino, était en garde à vue, entendu par les enquêteurs. Selon la justice italienne, il pourrait faire l'objet de poursuites pour homicides involontaires, abandon de navire et avoir choisi un itinéraire passant trop près des côtes.

La compagnie de croisières Costa a fait savoir pour sa part que le capitaine Schettino avait commis des erreurs de jugement en allant trop près de la côte et en ne respectant pas les procédures d'évacuation.

Le luxueux paquebot "Costa Concordia" effectuait une croisière en Méditerranée avec à bord 3.200 passagers et un millier de membres d'équipage lorsqu'il a heurté vendredi soir un récif près de l'île de Giglio, au large de la côte toscane. Le choc a ouvert une brèche de 50m dans la coque du navire, par laquelle l'eau s'est engouffrée.

Le bateau a pris une forte gîte, s'inclinant avant de basculer totalement sur le côté. Le flanc droit du "Concordia", couché à plat, est totalement immergé, à quelques dizaines de mètre du rivage de Giglio. Des plongeurs de la marine italienne et des pompiers se relayent pour inspecter coque, ponts et coursives, à la recherche de victimes et d'éventuels rescapés. "Nous continuons à chercher, dans l'espoir qu'il y a ait des poches d'air" permettant de survivre, a déclaré à la chaîne de télévision Sky TG24 un commandant des garde-côtes, Cosimo Nicastro.

Trois corps, ceux de deux touristes français et d'un membre d'équipage péruvien, ont été repêchés près du bateau dans les heures qui ont suivi l'accident. Les deux victimes décédées retrouvées dimanche, dans une salle de restaurant immergée, sont deux hommes âgés, dont la nationalité n'a pas été précisée. Ils portaient encore leurs gilets de sauvetage, a précisé un autre responsable des garde-côtes, Francesco Paolillo.

Le travail des plongeurs, dans une eau froide et trouble, est difficile et dangereux, expliquent les garde-côtes. Le paquebot long de près de 300m risque à tout moment de glisser dans des eaux plus profondes et différents objets, dont des meubles, flottent à l'intérieur, entravant la progression des plongeurs.

Les sauveteurs sont également parvenus à retrouver et extraire de l'épave trois survivants au cours des dernières 24 heures. Tard samedi soir, un couple de Sud-Coréens en voyage de noces sur le paquebot a ainsi pu être secouru par les pompiers, qui avaient entendu leurs appels à l'aide. Ils se trouvaient dans la partie restée émergée du navire. Quelques heures plus tard, dimanche matin, un troisième rescapé, un membre d'équipage italien, était localisé puis héliporté.

Les rescapés, depuis vendredi soir, ont décrit une évacuation chaotique, pointant le manque de consignes et la désorganisation de l'équipage, notamment la lenteur à faire descendre les canots de sauvetage. D'autres passagers ont déclaré avoir vu le capitaine quitter le navire, bien avant la fin de l'évacuation.

"Malheureusement, je dois confirmer cette situation", a déclaré le procureur de Grosseto, Francesco Verusi, interrogé sur ces informations dimanche par la chaîne Sky TG24. Le capitaine a été vu sur terre vendredi soir alors que les opérations de secours n'étaient pas terminées, a également indiqué le commandant Paolillo. Des officiers, a-t-il ajouté, ont exhorté Francesco Schettino à regagner le navire et honorer ses devoirs de capitaine, mais il s'est refusé à les écouter.

"Nous avons été les derniers à quitter le navire", a de son côté soutenu Francesco Schettino, en ajoutant que le paquebot avait heurté un éperon rocheux ne figurant pas sur les cartes. "Nous naviguions à environ 300m des rochers. Il n'y aurait pas du y avoir un rocher" à cet endroit", a-t-il dit à la chaîne de télévision Mediaset.

Selon la direction de la compagnie Costa Cruises, le paquebot suivait son trajet habituel hebdomaire entre les ports de Civitavecchia et Savone. Mais des habitants de Giglio disent n'avoir jamais vu le paquebot approcher si près des côtes de l'île, bordée par endroits de récifs. "C'était trop près, trop près", affirme ainsi Italo Arienti, un marin de 54 ans travaillant pour une compagnie de ferry locale.

Les "boîtes noires" du navire, enregistrant notamment les données de navigation, ont été retrouvées dans un compartiment immergé, d'après les garde-côtes. Leur analyse devrait permettre de reconstituer la route suivie par le paquebot.

Quelque 462 Français se trouvaient parmi les passagers. La majorité d'entre eux a regagné la France, mais une vingtaine manquaient dimanche soir à l'appel et n'ont pas été comptabilisés, selon le ministère français des Affaires étrangères. Il pourrait s'agir selon le Quai d'Orsay de personnes rentrées chez elles par leurs propres moyens. AP

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