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Une situation de type gagnant-gagnant-gagnant

29/02/2016 10:30 EST | Actualisé 01/03/2017 05:12 EST

Les gens de l'industrie aérospatiale le savent bien: le développement de nouveaux avions requiert d'importants investissements, les cycles de production sont extrêmement longs et les retours sur investissement sont obtenus seulement après plusieurs années de recherche. De plus, les acteurs de ce secteur doivent composer avec un marché mondial que les joueurs ne se disputent pas sur un pied d'égalité, car ils font face à la concurrence autant de géantes multinationales que des gouvernements.

Or, l'engagement récent d'Air Canada d'acquérir une flotte pouvant compter jusqu'à 75 appareils de la Série C de Bombardier ainsi que de maintenir durant 20 ans les services d'entretien est une situation de type gagnant-gagnant-gagnant. D'une part, Bombardier, dont le leadership et la santé financière à long terme sont tributaires du succès de ses avions de la Série C, va bénéficier d'un élan financier qui contribuera à atteindre ses objectifs de vente. Rappelons d'ailleurs que l'entreprise et le gouvernement québécois ont déjà investi des sommes considérables dans la recherche et le développement pour la mise sur pied de ces appareils hautement performants et à la fine pointe de la technologie.

Le développement et la rétention de ce savoir-faire se font par ailleurs au bénéfice de toute la société québécoise, qui est notre deuxième gagnant dans cette conjoncture. L'investissement de 1,3 milliard $ annoncé par le gouvernement du Québec permettra de consolider les programmes de R&D liés à la Série C, et, ce faisant, d'augmenter ses chances de rentabiliser son financement.

De plus, cela permettra la création et le maintien d'emplois de qualité hautement rémunérés dans un secteur de haute technologie. Enfin, Air Canada va pouvoir se doter d'une flotte d'appareils de qualité reconnue et s'assurer un service d'entretien et de développement grâce à la mise sur pied d'un centre d'excellence de calibre mondial.

L'abandon de poursuites judiciaires

La décision du gouvernement d'abandonner les procédures judiciaires dans le dossier Aveos a soulevé plusieurs critiques. Le point doit être clairement fait parce qu'il est question de logique et de réalisme économique. La fermeture d'Aveos en 2012 a entrainé la perte de près de 1700 emplois: une situation triste et difficile pour les travailleurs concernés, pour leurs familles et pour le Québec.

Il importe cependant de souligner que, comme toute entreprise privée, le succès d'Aveos était tributaire de sa capacité de concurrencer efficacement ses compétiteurs tant par la qualité de ses services que par leur prix. Or, force est d'admettre qu'au fil des ans Aveos n'avait pas réussi à demeurer compétitive et à se positionner solidement et durablement devant le marché. Suite à la fermeture d'Aveos, d'autres fournisseurs québécois ont émergé et, en se basant sur leur expertise et leur compétitivité, ont créé des centaines d'emplois au Québec.

De forcer par la loi ou par la poursuite de procédures judiciaires une entreprise à maintenir ses activités alors qu'elles ne sont pas rentables ne contribue pas à mettre en place des conditions favorables à la compétitivité nécessaire pour réussir dans une économie mondiale. Les entreprises qui ont l'ambition de réussir à l'échelle internationale ont davantage besoin de souplesse que de contraintes.

Nos gouvernements ont un rôle important à jouer dans le maintien et la création d'emplois, mais ils doivent favoriser d'abord et avant tout la compétitivité des entreprises et les inciter à investir davantage dans notre économie, dans une optique de collaboration et de partenariat d'affaires, et non dans une optique de contrainte judiciaire.

Le secteur aérospatial est hautement névralgique pour la prospérité et la compétitivité globale du Canada. Dans une économie de marché ouverte, le rôle du gouvernement est de favoriser la création d'emplois durables pour être compétitive à l'échelle mondiale: avec le nouvel accord avec Air Canada, Québec montre l'avoir bien compris.

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