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Vaut-il la peine d'aller acheter du vin en Ontario?

31/07/2014 09:58 EDT | Actualisé 29/09/2014 05:12 EDT

Car maintenant qu'il est légal de le faire, on peut honnêtement se poser la question. Mais examinons tout d'abord ce qui est nouveau depuis la semaine dernière et de quoi il en retourne exactement.

Le gouvernement du Québec a annoncé le 24 juillet dernier "l'édiction d'un nouveau règlement pour autoriser un individu à transporter des boissons alcooliques acquises dans une autre province ou un territoire du Canada pour sa consommation personnelle.''

Retenons tout d'abord pour le futur que la simple modification d'un règlement peut se faire très rapidement et sans problème. Des choses que l'on vous disait jusqu'alors immuables peuvent être modifiées en un tournemain, pour autant que le gouvernement le désire vraiment. Tiens donc.

Le Québec était la seule province à ne pas permettre à un citoyen de posséder et de transporter une quantité de boissons alcooliques acquises ailleurs au Canada. Pour ce qui est d'une société avant-gardiste, on repassera.

Serions-nous enfin au Québec rendus au 21è siècle? Malheureusement, pas encore tout à fait, car:

1) Il y a une quantité limite de 9 litres de vin (12 bouteilles) par personne, et surtout,

2) Ces personnes doivent aller elles-mêmes les chercher (pas de commandes permises à des détaillants ou producteurs, encore moins de livraisons).

Pour expliquer sa décision d'interdire la vente interprovinciale directe, le ministre des Finances, Carlos Leitão, a réussi à dire et sans rire, que ''la SAQ permet aux Québécois de vivre des expériences d'achat qui satisfont à leurs exigences les plus élevées''. Vraiment? Il oublie cependant que préciser qu'il n'y a pas que les exigences qui soient élevées. Les prix payés par les Québécois aussi.

Tout ce qu'on a fait ici, est de "légaliser" une pratique qui avait déjà cours depuis longtemps, surtout par les citoyens du Québec qui demeurent près de la frontière de l'Ontario. Rien de bien neuf là-dedans. Puisqu'on ne peut pas l'empêcher faute de moyens de contrôle, permettons-le afin de ne pas perdre la face.

L'Ontario est-il fait pour vous?

Peut être bien, si vous vous adonnez à passer par là, et si économiser vous intéresse. Si l'on examine certains des vins les plus vendus au Québec, on s'aperçoit de la différence de prix, surtout pour les vins de moins de 20$.

Ainsi, vous pourriez économiser 18%, soit 2,10$ la bouteille, sur le vin rosé le plus vendu au Québec, le White Zinfandel d'Ernest & Julio Gallo (9,45$ à la LCBO comparativement à 11,55$ à la SAQ). Si je vous cite ce produit c'est à titre d'exemple et non nécessairement comme une recommandation d'achat.

Et comme si ce n'était déjà pas suffisant, cette différence de prix en faveur de la LCBO (Liquor Control Board of Ontario, le monopole ontarien) s'accentuera davantage bientôt avec l'application le 1ier août prochain de l'augmentation de la taxe québécoise spécifique sur l'alcool de 0,24$ sur les bouteilles de vin. Comprenez-vous maintenant pourquoi le gouvernement québécois a imposé une limite d'achat de 12 bouteilles par personne?

On sauve combien?

Disons que vous avec votre conjointe décidez d'aller faire un petit tout là-bas avec un couple de vos amis pour faire des provisions pour les prochains mois. Comme vous le verrez dans les suggestions de vin à la fin de ce billet, l'économie tourne souvent autour de 2,50$ la bouteille. Puisque vous êtes respectueux de la loi, vous ne dépasserez donc pas la quantité maximale permise qui est d'une caisse de vins par personne, soit 48 bouteilles pour quatre adultes.

À 2,50$ en moyenne par bouteille, vous pourriez économiser environ 120,00$. Pas mal, sauf bien sûr, si vous devez vous taper 800 ou 1 000 kilomètres aller-retour, le coût de l'essence venant réduire le montant économisé. À vous de voir.

Il est vrai que vous pouvez cependant toujours demander au beau-frère, qui pour son travail va une fois par mois en Ontario, de vous rapporter au passage douze bouteilles de votre choix.

Découvrir de nouveaux vins

Il y a cependant une autre bonne raison qui pourrait s'ajouter à votre plaisir de profiter de ce minimum de concurrence que l'on daigne vous permettre, soit celui d'avoir accès à certains produits non disponibles au Québec.

Si vous allez faire un tour à la LCBO, profitez-en pour découvrir la qualité des vins de l'Ontario, principalement de la vallée du Niagara, lesquels sont quasi-absents chez nous. Parmi les bons producteurs ontariens ayant dans leur répertoire des vins à prix intéressants, je vous recommande de débuter par les maisons Calamus, Malivoire, Coyote's Run, Cave Spring Cellars, Colio Wines et Thirteenth Street.

Ce n'est peut être qu'une question de temps avant que les bien connus panneaux qui vous souhaite la bienvenue en Ontario soient modifiés de la manière suivante:

2014-07-28-PanneauOntariomodifi.jpg

Bon, c'est une blague. Mais maintenant qu'il est légal de traverser la frontière pour acheter du vin dans la limite permise, les chroniqueurs vin pourront maintenant vous souligner les meilleures aubaines, sans se faire reprocher de vous inciter à poser un geste interdit par la loi québécoise.

C'est d'ailleurs ce que s'est empressé de faire, Marc-André Gagnon sur son site vinquebec.com. Celui-ci habite l'Outaouais et connaît bien le répertoire de la LCBO. Payer 20% de moins certains bon pinards et sauver ainsi 2$, 3$ la bouteille vous intéresse-t-il?

Si oui, consultez alors le tableau de 25 bons vins que celui-ci a dressé. Cela vous aidera lors de vos prochaines emplettes chez nos voisins de l'ouest. Le lien ci-dessous vous mènera à mon blogue. Vous n'aurez ensuite qu'à cliquer sur lien au bas de l'article.

http://bit.ly/1k17Pma

Pour vos commentaires, suggestions, scoops, etc., écrivez-moi en privé à: clubdgv@gmail.com

Le blogue personnel d'Yves Mailloux: Club des Dégustateurs de Grands Vins

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