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5 dossiers chauds pour la SAQ

06/07/2017 11:10 EDT | Actualisé 06/07/2017 11:35 EDT
The Canadian Press Images
SAQ store sign. The Canadian Press Images-Mario Beauregard.

Bien que le mercure se soit montré quelque peu timide depuis le début de l'été, les cinq dossiers suivants risquent de faire monter la température des dirigeants de la SAQ.

Ceux-ci devront toutefois user de beaucoup de tact et d'expertise afin de régler ces problèmes au cours des prochaines semaines, car ceux-ci pourraient à moyen terme leur brûler les doigts.

Bien qu'elles touchent différents services et départements de la société d'État, vous remarquerez toutefois que toutes les situations décrites ci-après auraient vraisemblablement pu être évitées.

1) Un maire qui en a ras le pompon

Privés de leur succursale SAQ depuis le 6 octobre 2016, soit depuis neuf mois, les citoyens de Malartic désirant acheter de l'alcool doivent se rendre à Val d'Or, soit un aller-retour de plus de 50 kilomètres en voiture.

google.ca/maps

Le maire de cette ville, Martin Ferron (voir photo ci-dessous), excédé par les négociations qui tournent en rond avec la SAQ, a décidé qu'il était maintenant temps de faire des pressions politiques afin de faire avancer ce dossier.

On s'aperçoit que cette organisation (la SAQ) ne fonctionne pas sans moyens de pression.Martin Ferron - Maire de Malartic

Ville de Malartic
Puisqu'à ma connaissance, peu (ou pas) de médias de Montréal ou de Québec ont couvert cette histoire, c'est dans le journal local L'Écho abitibien que l'on peut s'informer à ce sujet (voir ici).

Habituellement, la Société des alcools du Québec prévoit longtemps avant la fin de chaque bail si elle le renouvelle ou bien si elle emménage ailleurs. J'ai questionné un employé du service des relations avec les médias de la SAQ afin de savoir ce qui s'était passé.

Selon celui-ci, il semblerait qu'il n'y avait plus d'option de renouvellement au bail existant et plus possibilité de le prolonger. Des négociations avec un ou des propriétaires immobiliers seraient, selon lui, toujours en cours. J'ai demandé il y a une semaine une version écrite de la position du monopole d'État pour ce dossier. Je l'attends toujours.

Le problème selon la ville de Malartic aurait deux causes: les exigences élevées de construction de la SAQ ainsi que son entêtement à vouloir se relocaliser loin du centre-ville, à l'encontre de la volonté des élus.

TC Médias

Cette situation n'est pas sans rappeler celle qu'a connue il y a quatre ans la ville de Trois-Rivières, alors que la SAQ voulait fermer sa succursale du boulevard Des Forges au profit d'une nouvelle située dans un pôle commercial accessible presque uniquement en automobile. Les acteurs économiques régionaux dénonçaient cette décision qui aurait des répercussions négatives surles commerces avoisinants, les restos de type Apportez votre vin principalement.

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La SAQ décida de garder la succursale du centre-ville ouverte, mais uniquement après que le maire et le député provincial de l'époque aient décidé d'intervenir (voir ici).

Selon la SAQ, le nouvel emplacement convoité à Malartic permettrait de faire des ventes supplémentaires. Possible. Mais à qui bon faire 200 000$ de ventes de plus, si on retire un million de dollars de l'économie locale.

Entretemps, la SAQ perd certainement chaque jour des milliers de dollars de ventes depuis déjà neuf mois en ayant plus de succursales à Malartic. Et comme cela prend au moins six mois pour en emménager une nouvelle, ce manque à gagner se poursuivra encore un bon moment.

2) Des restos montréalais en panne sèche

Cette nouvelle-ci a par contre abondammentété couverte par les médias. Une semaine avant la fête nationale de la Saint-Jean, la plupart des restaurants du grand Montréal ont attendu en vain leurs vins.

Ce n'est que beaucoup plus tard que ceux-ci ont été avisés que l'installation d'un nouveau logiciel informatique visant à gérer l'inventaire des entrepôts occasionnait des problèmes majeurs.

Des restaurateurs craignent de manquer de vin ce week-end - La Presse

Retards de livraison à la SAQ: des restos en manque de vin - Radio-Canada

Avec maintenant plus de 100 000 bouteilles coincées dans les entrepôts, cette situation qui perdure depuis quelques semaines a obligé les restaurateurs concernés à se déplacer eux-mêmes, soit en allant chercher leurs commandes à l'entrepôt central, soit en s'approvisionnant auprès de certaines succursales, lesquelles n'ont pas toujours les produits souhaités. Et il est bien sûr impossible d'acheter ailleurs, monopole oblige.

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Aux dernières nouvelles, la situation semblait se rétablir peu à peu. Souhaitons pour nos amis restaurateurs que tout revienne dans l'ordre le plus tôt possible. On peut cependant comprendre leur frustration, car ceux-ci ont été exclus des récentes baisses de prix sur les bouteilles de vin, même s'ils sont ceux qui achètent avec les plus gros volumes.

Voir: La SAQ ignore les restaurateurs dans la réduction de ses prix

Si on ne peut mettre en doute qu'il était nécessaire de moderniser la façon de gérer l'inventaire des entrepôts, on peut par contre se questionner sur la pertinence du moment choisi. De la mi-juin au début juillet, il y a la fête des Pères, le Grand Prix de Montréal, la fête nationale du Québec et la fête du Canada. Faire un test à petite échelle du logiciel avant son implantation aurait aussi été une bonne idée.

3) La belle occasion manquée

Vers la mi-juin, nous apprenions par l'entremise d'un article du Journal de Québec, l'existence d'une caisse de bières renfermant 12 créations spéciales faites par une microbrasserie de chacune des 10 provinces et des 2 territoires du Canada (incluant bien sûr une bière québécoise), fruit d'une belle initiative entre plusieurs microbrasseries canadiennes.

Voir le résumé de cette histoire

Cette caisse que tout amateur de bonnes bières (dont moi le premier) aimerait pouvoir acquérir était déjà disponible depuis six semaines partout au Canada, sauf au Québec bien entendu.

Puisqu'il s'agit surtout de bières élaborées à l'extérieur de la province, même si le marché de la bière est libéralisé au Québec, l'accord de la SAQ est nécessaire pour les vendre ici.

Centralcitybrewing.com

Il semblerait que pour des raisons de logistique, la SAQ n'avait alors pas jugé bon d'en commander. Cela était donc techniquement possible partout au Canada, mais pas ici.

Ne voulant pas passer pour le mouton noir canadien par excellence, notre monopole se ravisa l'après-midi même ou cette nouvelle fut rendue publique.

Tout finit bien me direz-vous. Pas tout à fait, puisqu'on décida qu'une quantité de 240 caisses serait suffisante pour approvisionner les 405 succursales du Québec. J'ai vérifié auprès du distributeur et ce n'est pas l'inventaire qui pourtant fait défaut.

Statistiquement, vous avez beaucoup plus de chances d'attraper un rhume d'ici la fin de l'année, que de mettre la main sur l'une de ces fameuses 240 caisses de bières.

radiox.com

Un dépanneur de la ville de Québec spécialisée en bières de microbrasseries, Accomadation ChaLou, aurait été prêt à lui seul à en prendre plus de 1000 caisses (Écoutez-le ici).

Imaginez le potentiel réel pour le Québec en entier! En agissant de la sorte, on a privé le gouvernement québécois d'un revenu non négligeable.

SUITE: Des fournisseurs en attente de paiement et une convention collective non réglée

Liste des vins suggérés pour cette semaine: téléchargez-la ici!

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