Réglons l'accessoire tout de suite: le maire d'Huntingdon s'offre un coup de publicité avant de passer du statut de maire et animateur à celui d'animateur seulement. Une dernière contribution municipale à sa publicité personnelle, ses cotes d'écoute, le cachet qui figurera à son prochain contrat, et quoi encore.... Dans le style qui lui est propre : provocateur et ordurier. Ce n'est pas important, et je ne contribuerai pas davantage à cet exercice promotionnel dont la mention est malheureusement nécessaire à la mise en contexte.
Le gouvernement est aussi responsable que la municipalité de Huntingdon dans sa décision de se soustraire à l'application de la Charte de la langue française. L'affront qu' Huntingdon se permet de jeter au visage des Québécois est rendu possible par la lâcheté du gouvernement dès qu'il s'agit de langue française.
Désormais, au Québec, le français n'est plus la langue de l'affichage commercial et institutionnel. La circonscription même de la ministre St-Pierre est un capharnaüm multiculturel et multilingue qui défie les fondements même de la Loi 101. Évidemment, les institutions à charte fédérale, le gouvernement du Canada et même nos tout nouveaux députés du NPD contribuent activement et impunément à l'anglicisation du Québec par des communications bilingues.
Le français n'est pas non plus la langue du travail : l'embauche de dirigeants unilingues anglais fait recette, les réunions se passent ainsi en anglais et les sociétés d'État sont contaminées par cette pratique. Sur le chantier du CHUM, les communications en français sont malvenues, et je ne sais plus quoi faire des plaintes de gens du réseau de la santé qui, découragés de l'inaction de l'OQLF, communiquent avec mon bureau.
Le français n'est pas davantage la langue d'intégration des immigrants : le gouvernement se félicite que la moitié d'entre eux fassent un transfert linguistique vers le français alors que l'autre moitié le fait, elle, vers l'anglais. On donne des points pour la connaissance de l'anglais à des immigrants sélectionnés en France. Les cours de francisation sont facultatifs, notamment pour des femmes qui, ne parlant ni le français ni l'anglais, sont confinées à la maison et à l'autorité du conjoint.
Le français n'est pas la langue de l'enseignement : le nombre des programmes universitaires en anglais connaît une hausse qui fait penser à celle des droits de scolarité. La connaissance est un objet de commerce assujetti aux modes, dont l'anglais n'est pas la moindre. L'enseignement intensif de l'anglais en sixième année du primaire est imposé comme un dogme de colonisateur. Enfin, quiconque en a les moyens peut s'acheter le droit de contourner la Loi 101 en recourant aux écoles passerelles.
Bref, que la ville d'Huntingdon foule aux pieds la Charte de la langue française promulguée par Camille Laurin et René Lévesque, c'est presque banal. Ce faisant, elle crée le précédent où de nombreuses autres ne manqueront pas de s'engouffrer.
Ce ne sont pourtant pas les moyens d'y remédier qui font défaut, mais bien la colonne vertébrale. La Charte de la langue française confère à l'Office québécois de la langue française (OQLF) le pouvoir de transmettre au Directeur des poursuites criminelles et pénales les dossiers des contrevenants aux dispositions de la Loi 101. La ministre St-Pierre se fend de phrases ronflantes puis se réfugie derrière l'OQLF en lui intimant, surtout, de ne rien faire. Coincé, l'organisme créé pour soutenir la ministre dans sa tâche est au contraire obligé de se prêter à une gymnastique grotesque, de gagner du temps et perdre celui des Québécois afin de ne pas compromettre la relation privilégiée entre la communauté anglophone et le Parti libéral. Le dernier bastion électoral du Parti libéral est composé d'une large part de la minorité anglaise du Québec. Rien ne sera permis qui puisse lui déplaire. Ainsi, la ville d'Huntingdon ayant voté une résolution de défi à la loi, le maire annonce déjà qu'il défiera les décisions de la Cour... et la ministre nous dit que l'OQLF enquête. Il n'y a pas matière à enquête; il y a matière à constat, et à sanction.
Le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire (MAMROT) a aussi juridiction sur les municipalités dont elles sont une créature. En vertu de la loi, le ministre peut « présenter une requête en cassation ou en annulation d'un règlement du conseil ou d'un procès-verbal, rôle, résolution ou autre ordonnance du conseil ou du comité exécutif ». Facile, expéditif, nécessaire.
On ne peut pas davantage se soustraire à la Loi 101 qu'on peut permettre de circuler à 150 km/h ou fermer les yeux sur la collusion dans la construction. Si un citoyen est pris à poser un geste illégal, on n'hésite pas à le traduire devant les tribunaux. Pourquoi ne le ferait-on pas pour Huntingdon?
Le premier ministre n'a absolument aucune espèce de légitimité pour partir à Paris faire des ronds de jambe diplomatiques sur la langue auprès du secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, pendant que le français est attaqué de toutes parts au Québec même. Le devoir de Jean Charest et Christine St-Pierre, c'est de saisir l'occasion pour envoyer un message clair : le respect de la Loi n'est pas assujetti au bon vouloir de n'importe qui. Si Huntingdon se rit de la loi et fait payer les amendes à ses citoyens, le gouvernement ne doit pas exclure la tutelle. En n'agissant pas avec la plus grande fermeté, Jean Charest et Christine St-Pierre sont complices de la ville de Huntingdon sur le dos de la langue officielle du Québec.
La Charte de la langue française n'est pas une monnaie d'échange électorale au bénéfice des bastions libéraux. Je me plais à croire que la simple élection d'un gouvernement du Parti québécois enverra ce message clair. Ça ne suffira malheureusement plus. Il faudra renforcer la Loi 101 et lui offrir la réécriture qu'appellent trente-cinq ans d'évolution de la société, mais aussi de dévastation par la Cour suprême du Canada. Nous aurons alors le devoir de nous investir autant dans son application stricte que dans la valorisation de notre langue nationale par les arts, les institutions et la qualité de notre accueil.
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Et d'ailleurs, des lois linguistiques sont monnaie courantes dans le monde. Mais ici, certains est... de colonisés comme M. le maire voudraient que nous, nous n'ayons pas le droit de vivre en français. Eh, il faut accomoder les anglophones pour qu'ils aient plus de droits qu'ils en ont déjà. Eh, ils sont à prendre en pitié surtout. Les universités francophones veuillent imposer l'anglais comme langue d'enseignement, on veut donner des cours d'assimilation anglaise à nos étudiants de 6e année, 80% des chansons dans les postes de radios francophones sont en anglais, 99% sont en anglais dans la place publique, la moitié des postes de tv sont en anglais, les anglophones peuvent vivre en anglais peut importe où ils vont vivre au Québec. Mais ils n'ont pas encore assez de privilège. Il faut leur en donner davantage, toujours plus!
J'aurais une question moi. Engagerait-il quelqu'un qui ne parlerait pas français? Et que dit-il des anglophones qui refusent de s'intégrer à la majorité de 60% de Huntington? Il n'en parle pas de ça pourtant.
Si M. le maire déteste autant la langue française, il ne vit pas dans la bonne province. C'est le N.-Brunswick qui est officiellement bilingue, pas le Québec. Et M. le maire n'est pas au-dessus des lois. Même s'il désire autant angliciser Huntington, il n'a pas le droit légal de faire ça.
Allez dans n'importe quelle ville hors-Québec et essayez d'imposer aux habitants un affichage bilingue intégral comme lui le fait. Ce sera le soulèvement général et bien plus qu'ici. Je ne voie pas pourquoi on devrait se mettre à genoux devant la minorité anglophone quand eux-même ils se battent pour oter aux francophones le droit d'avoir accès aux services essentiels dans leur langue. Je pense entre autres à Cornwall mais il y a plein d'autres cas....
2 poids, 2 mesures. C'est correct d'interdire le français dans le roc, ils font de l'épuration linguistique depuis 100 ans déjà. Mais dès qu'il s'agit de restreindre les ardeurs des anglophones qui veuillent vivre ici comme s'ils étaient majoritaires, là tout à coup ce n'est plus légal.
La preuve est fait que le Canada est et restera un pays unilingue anglophone fait par et pour les anglophones où tout est fait pour faire prospérer la langue anglaise et, en même temps, tout est fait pour réduire le français au plus bas niveau possible
Tous savent que depuis l'entrée en vigueur de la Charte de la langue française du Québec une forte majorité de la communauté anglophone (8,5 % de la population du Québec) est devenue bilingue. Donc capable de fonctionner dans la langue officielle de l'État qui est le français. Cette majorité est aussi capable de faire la distinction entre langue officielle de l'État du Québec et multilinguisme individuel. Sont en reste les fanatiques aveuglés qui ne pourront jamais faire la part des choses comme le démontre le cafouillage insensé plus haut.
Pour vous renseigner sur la disparition du français au Canada ainsi que toutes les lois qui ont été faites dans le ROC contre le français, par province, voir la référence ci-dessous:
Le Génocide culturel des francophones au Canada
Synthèse du déclin du français au Canada
Par Pierre-Luc Bégin
Résumé statistique : http://genocideculturel.lequebecois.info/apercu.html
PDF : www.vigile.net/IMG/pdf/24-Genocide.pdf
ISBN 978-2-923365-34-3
Le système fédéral canadien est le tombeau du fait français au pays.
Seule l'indépendance du Québec pourra assurer l'avenir du français en Amérique, et nous permettre de soutenir nos compatriotes du reste du Canada. L'ingérence continuelle du fédéral dans la politique linguistique québécoise, et son indifférence face à l'assimilation des francophones ailleurs le prouvent.
Depuis 1755 que les adeptes canadian du « Speak White » n'ont jamais fait dans la dentelle pour imposer leurs politiques racistes. Ce que confirmait toujours d'actualité le rapport de la Commission Laurendeau-Dalton de 1963.
Le PQ n'avait pas à leur emprunter leurs méthodes abusives pour protéger le français au Québec des attaques du colonisateur. D'ailleurs, le père de la loi 101 s'y serait opposé.
Le PQ avait le devoir de proclamer et appliquer avec toute la rigueur requise le projet de charte de la langue française tel que proposé par le Dr. Laurin. Ce qu'il s'est refusé de faire. Ce qui leur interdit de venir faire les gorges chaudes contre les collabos du Parti des Anglais.
D'ailleurs, le père de la loi 101 s'y serait opposé? Sur quoi vous basez-vous??? J'y étais et je peux vous dire que le Dr. Laurin voulais aller plus loin!!!
L'injure à l'insulte est de lire les accusations portées contre le gouvernement Charest, qui n'est rien d'autre que le gouvernement des partitionnistes d'Alliance-Québec, pour ne pas en faire plus pour la protection de la langue nationale du Québec qu'en aura fait le... PQ.
Que monsieur commence par admettre, que le manque de colonne vertébrale, le Parti des Anglais n'en a pas le monopole. Par sa négligence dans l'application de la Charte de la langue française, John James Charest aurait pu être du triste cercle d'étapistes pour dire à René Lévesque que ce qu'il voulait entendre. Car la succession d'étapistes péquistes qui l'ont précédé n'a été capable de faire mieux.
La loi 101 a été charcutée à répétition par une cour suprême étrangère par laquelle le PQ se laisse toujours piétiner. Manque flagrant de colonne vertébrale dans l'application de la version originale signée par le Dr. Laurin, manque de courage politique pour neutraliser les visées maléfiques des anglo-colonisateurs. Il y a des sujets desquels le PQ devrait se tenir loin.