Yves-François Blanchet

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Faites-les échouer!

Publication: 12/04/2012 10:52

« Ma responsabilité est de rappeler aux directeurs d'établissements des universités et des cégeps que toutes les mesures doivent être prises pour que les cours puissent se donner », a dit Line Beauchamp le mercredi 11 avril.

Ça a l'air un peu dur, fâché, mais pas déraisonnable. On comprend que la ministre est excédée. On ne bafouera pas davantage son impérieuse autorité. Mieux : les sondages semblent être de son bord. Pourtant, l'effet prévisible est clair : des dizaines de milliers d'étudiants qui retournent en classe pendant que d'autres s'y refusent. Des dizaines de milliers d'étudiants qui complètent simplement leur session, alors que d'autres la voient compromise. À moins, bien sûr, qu'ils ne se taisent, rentrent dans le rang, la tête basse, et mettent fin à leur contestation d'une nouvelle hausse de 75% des frais de scolarité. Dans ce cas, bien sûr, le gouvernement fait des gorges chaudes et explique aux citoyens qu'il avait raison de ne rien écouter de ces méprisables rebelles. La preuve? Ils ont pris leur trou, la gang d'anarchistes! Et dans ce cas, aussi, le gouvernement empoche, les parents paient, et les étudiants s'endettent au bénéfice d'une même génération davantage privilégiée que solidaire.

Est-ce si simple? Bien sûr, la stratégie est éculée, et vraiment, vraiment ancienne. Mais ça marche presque à tout coup. La peur des représailles, la division parmi les étudiants, la perte pure et simple des sommes trop importantes - c'est l'enjeu du conflit ! - que les étudiants et leurs parents ont investies dans la session. Diviser pour régner. De plus, ces menaces vont influencer de façon importante les votes tenus presque quotidiennement sur la poursuite, ou non, du mouvement de grève ou de boycottage, quel que soit le nom qu'on veuille bien lui donner selon qu'on est pour ou contre.

Par une démarche reconnue chez les étudiants, les conseils d'administration, les syndicats... en démocratie tout bonnement, un ensemble de gens qui disent appartenir à une même communauté accepte que face à un enjeu donné, un vote soit pris, et que la minorité qui n'aura pas gain de cause se range au choix de la majorité. Cette minorité reconnaît que, de façon générale, cet esprit de corps, cette solidarité sert mieux les intérêts de l'ensemble des individus qui composent le groupe. Ce gouvernement, qui n'a pas été élu et dont les députés n'ont pas été élus par des majorités de voix, tient sa propre légitimité pour gouverner d'un raisonnement qui ne diffère pas du tout de celui-ci.

Or la ministre et son maître n'hésitent pas à jeter le discrédit sur la démocratie étudiante. Elle se réjouit que des décisions de juges renversent celles des assemblées générales étudiantes. Que la Cour puisse faire ainsi fi d'une volonté démocratique. Pierre Trudeau exulterait. C'est la suprématie des droits individuels sur les droits collectifs. Une réédition qui ressemble à la suprématie de la Charte des droits sur la Loi 101. Il suffit de quelques individus indifférents au groupe, sûrs que leur intérêt particulier n'aura jamais besoin de l'appui d'une majorité exprimée par un vote, pour se faire garantir les cours par un juge, et tout le navire de la démocratie tangue dangereusement. Si la société fonctionnait ainsi, la Loi ne serait applicable que par la force.

Au préalable de cette décision troublante, la ministre refuse même de discuter. Le premier ministre joue le peddler aux gros bras au Brésil. Il y a lieu de se demander ce qu'un échange ouvert révélerait que ne veut pas révéler le gouvernement. Ainsi, le message est limpide : le gouvernement donne directive aux institutions d'enseignement - sur lesquelles il a juridiction et qui sont en position de demandeur face à lui, la menace de coupures vengeresses planant toujours trop près - de faire échouer la session aux étudiants qui continueront à défier la hausse des frais de scolarité.

Cette fois, la ministre va-t-elle trop loin? Ce comportement soulève un autre enjeu. Celui des règles qui régissent notre vie collective. On peut être farouchement opposé à la hausse des frais de scolarité. On peut y être favorable. Chacun a le loisir d'influencer l'opinion publique de nombreuses façons, dont certaines sont même discutables. Toutefois, quelle que soit l'opinion de chacun sur l'enjeu même de l'accessibilité aux études supérieures, croyons-nous vraiment que notre gouvernement serve le Québec en faisant une doctrine de ce mépris de la démocratie, de l'intérêt du Québec et surtout, de l'avenir de toute une génération?



 

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« Ma responsabilité est de rappeler aux directeurs d'établissements des universités et des cégeps que toutes les mesures doivent être prises pour que les cours puissent se donner », a dit Line ...
« Ma responsabilité est de rappeler aux directeurs d'établissements des universités et des cégeps que toutes les mesures doivent être prises pour que les cours puissent se donner », a dit Line ...
 
 
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
ethrop
micro-bio-tic
08:43 sur 13/04/2012
Un souhait, un seul: que tout le monde cesse de s'enrouler dans le drapeau de la démocratie afin d'obtenir de force ce qu'ils veulent. La démocratie ça se joue avec l'équipe au complet, c'est-à-dire l'ensemble des citoyens.

Si l'ensemble des propriétaires de bicyclettes électriques votent à la majorité pour une borne de chargement à tous les coins de rues, ils ne l'obtiendrons que si l'ensemble des gens qui paient pour le service sont d'accord pour le faire. Et cette décision sera prise par tout le monde après une discussion éclairée et informée. La démocratie des groupes d’intérêts particuliers, cher monsieur, n'est validé que par la participation de tous ceux que ça concerne. Alors qu'on nous laisse tranquille avec les leçons de démocratie, surtout quand elles sortent des pratiques démagogiques des leaders étudiants et , malheureusement, une bonne part des assemblées syndicales.

Mr. Blanchet, vous faites de l'enflure conceptuelle et verbale. Vous le savez parfaitement bien. Vos expressions ("méprisables rebelles", "gang d'anarchistes") illustrent bien le misérabilisme que vous défendez.... pour des visées de capital politique. Votre parti est en granse partie responsable de la situaiotn présente.. mais celà vous ne le dites pas.
21:53 sur 12/04/2012
Combien pour que nos chers élus changent leur décisions ?
20:51 sur 12/04/2012
Un gouvernement c'est la pour gouverner pas pour répondre aux caprices des groupes de précisons.
20:48 sur 12/04/2012
Un gouvernement c'est la pour gouverner pas pour répondre à tous les caprices des groupes de pression .
10:05 sur 13/04/2012
Que vous soyez pour ou contre cette grève, c'est pourtant grâce à des groupes de pression que certaines minorités ont obtenus des droits que personne ne penserait aujourd'hui leur enlever... Gouverner ça implique d'écouter toutes les tranches de la population.
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Godefroi
Honni soit qui mal y pense
18:51 sur 12/04/2012
Voilà pourquoi on veut les casser:

« La plus grande richesse naturelle d'une collectivité, ce sont ses enfants. La collectivité ne peut s'enrichir que dans la mesure où elle parvient à donner confiance aux générations montantes, ainsi que le goût et les moyens de se surpasser...»

De Alice Parizeau
L'envers de l'enfance, 1976.


































Source : poésie - citation
17:25 sur 12/04/2012
Ça n'a pas d'allure ce que vous dites il existe des lois pour protéger les droits. Si une gang déménage dans votre quartier, qu'ils constution la majorité décidaient suite a leur initiative de tenir un vote, intimide les résidents pour qu'ils se tiennent à l'écart et obtiennent ainsi une proportion encore plus élevé vous dites qu'ils pourraient aliénéer vos droits en décidant de vous expluser vous et quelques autres voisin parce qu'ils sont majoritaire à l,avoir voté démocratiquement. NON, ça ne marche pas comme ça la démocratie ne peut agir de manière a aliéner les droits d'autruis.Dans quel monde imaginaire vivez-vous?
18:23 sur 12/04/2012
En plus n'oublions pas les magouilles utilisées par les associations étudiantes pour que le vote penche en leur faveur; vote à main levé, report d'un vote à une date et heure dérisoire, remplir la salle avec des inconnu qui ne sont pas étudiant du collège mais qui vote du bon bord, faire durer les rencontre le plus longtemps possible pour être sûre que les gens se tannent et partent pour qu'il ne reste que ceux qui votent du bon bord... et j'en passe. Voilà les belles valeurs démocratiques de la gauche étudiante.
09:13 sur 13/04/2012
Sérieusement, tu te bases sur une expérience personnelle pour dire des choses comme ça ou tu répètes seulement ce qu'on t'as dit? Dans les 2 cas, ce n'est pas la majorité alors on se calme. À mon université, ça s'est passé dans les règles de l'art, alors merci SVP de respecter ce qui a été fait en AG. Les gens ont quand même le dernier mot dans leur vote, faut arrêter d'infantiliser.
10:12 sur 13/04/2012
Personne ne peut entrer dans une assemblée s'il n'est pas étudiants de l'association en question. Il y a des listes et les gens doivent présenter leur carte étudiante. Il n'y a donc aucun trucage. Le vote à main levée est là par défaut mais un vote secret peut être adopté si la majorité le demande en début d'assemblée. Si les gens ne veulent pas rester des heures en assemblée ils peuvent voter pour devancer le vote de reconduction de grève... Ce sont bel et bien des procédures démocratiques...
16:47 sur 12/04/2012
Malheureusement, lorseque vous dites: "Toutefois, quelle que soit l'opinion de chacun sur l'enjeu même de l'accessibilité aux études supérieures, croyons-nous vraiment que notre gouvernement serve le Québec en faisant une doctrine de ce mépris de la démocratie, de l'intérêt du Québec et surtout, de l'avenir de toute une génération? " vous semblez oublié que le gouvernement est redevable non pas aux associations étudiantes, mais aux électeurs québecois. À ce moment-ci, il n'est pas clair que la population en général est pour ou contre la hausse des frais. La position "contre" est beaucoup plus visible et revendicatrice. Cela ne veut pas dire qu'ils constituent la majorité. 200 000 personnes ont défilés à Montréal, mais il faudrait demander aux autres 6 millions ce qu'ils en pensent.