Yves-François Blanchet

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Une révolution à finir!

Publication: 7/03/2012 12:24

Le Conseil de la souveraineté du Québec annonce le déploiement des États généraux de la souveraineté. La consultation décrite apparaît modeste à la lumière des précédents de très grande envergure ayant dans le passé recouru à ce terme. Ce furent cependant dans la plupart des cas des chantiers parrainés par l'État. Cette fois, c'est par son ambitieux mandat que l'initiative justifie l'appellation d'États généraux. Évidemment, le sujet est crucial pour n'importe quelle nation, et au Québec, il a suscité l'apparition d'un nombre remarquable de groupes de réflexion et d'action.

Dans la foulée de la défaite angoissante du Bloc québécois le 2 mai comme des secousses ayant ébranlé le Parti québécois, les souverainistes avaient grand besoin de se retrouver entre eux, de se compter, et de se sentir capables de réaliser ce projet en vue duquel le peuple québécois, avant-gardiste à bien des égards, fait figure de retardataire! De moins de 50 états souverains au lendemain de la Première Guerre mondiale, le monde en compte en effet plus de 200 aujourd'hui (238 selon les chiffres compilés par l'ISQ). Le Québec, selon l'indicateur du PIB par personne, figurerait au vingt-huitième rang. Il est pourtant absent des tribunes internationales qui font la différence.

Le qualifierait-on de citoyen, le geste demeure politique. Il suscitera la vindicte des adversaires, et probablement le déploiement de toutes ces tactiques vicieuses dont ils ont su faire montre par le passé. Il ne sont toutefois pas les gens que nous interpellons. Le mandat du groupe de sept commissaires des États généraux sur la souveraineté est de valoriser le goût d'échanger, de contribuer, au-delà des partis politiques, à ce que le pays soit un objet de passion. Si l'été dernier l'exercice scrutait un horizon trouble, l'environnement politique a depuis drastiquement changé. Il est désormais très vraisemblable que le Parti québécois de Pauline Marois forme le prochain gouvernement du Québec, avec le mandat de poser des gestes de souveraineté.

Tant le Parti québécois que le Bloc québécois assument, au sein des États généraux, un rôle modeste. Il y a fort à parier que sans l'accord et la participation de l'un et l'autre, l'initiative n'aurait pas eu la crédibilité dont elle a besoin. Pour ce faire, il fallait que l'angle du pourquoi soit privilégié au détriment de celui du comment. En revanche, si le Parti québécois n'avait su se faire discret et bon joueur, plusieurs groupes militants et porteurs de visions différentes de la nôtre ne s'y seraient pas inscrits. Ces groupes sont néanmoins l'expression fébrile et naturelle d'un désir que l'idée ne pâlisse pas, un désir d'en être, d'y participer. Rien n'est plus sain, malgré et avec les singularités qui peuvent caractériser pareille effervescence.

Les indépendantistes sont des gens de débat. C'est un euphémisme. C'est de cette aptitude à mettre toutes les idées en jeu que vient la force et la résilience du mouvement. Depuis 50 ans, sans appui significatif au sein de l'appareil média, sans ressources financières comparables à celles des adversaires, et pris à partie par tous les establishments, les indépendantistes ont acquis puis maintenu un appui qui oscille être le tiers et la moitié des intentions de vote. Les adversaires ont alors propagé l'idée que les souverainistes sont des gens de chicane. Bien que nous soyons prompts à certains excès, chicane est le terme embrassé par ceux qui sont trop lâches pour participer sainement au débat. Il va alors très bien à Jean Charest et son équipe de mercenaires sans âme ni projet.

Les commissaires des États généraux sont représentatifs de la diversité québécoise en termes d'âge, d'horizons, d'origines et de visions. La société civile, dont nombre d'organisations se reconnaissent des enjeux dans l'idée de souveraineté, alimentera abondamment les débats d'abord régionaux, puis nationaux. Ne sachant ce qui émergera de cette mise à jour de la perspective civile du projet, je crois pertinent de la voir comme une étape. Un environnement politique en évolution rapide et des débats dont on ne peut présumer des conclusions dessineront le pas suivant.

Les États généraux sont ambitieux en termes de sujets. Après tout, il n'existe absolument aucun pouvoir qu'un Québec souverain ne doive pas exercer lui-même. Et s'il s'avérait préférable que certains pouvoirs bénéficient d'une participation à des ensembles plus larges, il n'en tiendrait qu'au gouvernement d'en disposer par traité sans renoncer au principe de souveraineté.

Ce désir aussi normal que trop longtemps inhibé d'émancipation s'est affirmé en termes économiques et culturels tout au long de la Révolution tranquille. Durant cette période, la société québécoise s'est dotée d'outils nationaux ayant permis à un peuple conquis, colonisé et exploité de s'emparer de la plupart de ses leviers économiques. Il nous en manque plusieurs. Sa langue, sa culture, ses valeurs et son identité propres exigent aussi l'appropriation exclusive d'un État lui appartenant pleinement.

Aujourd'hui, les États généraux de la souveraineté peuvent être le précieux partenaire d'organisations politiques qui entendent mener la Révolution tranquille vers sa conclusion naturelle. Ils s'inscrivent dans un cheminement que l'Histoire ne verra achevé que par un vote du peuple et de son Assemblée nationale. En ce sens, l'indépendance du Québec est le grand saut d'une révolution... à finir!

 

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Le Conseil de la souveraineté du Québec annonce le déploiement des États généraux de la souveraineté. La consultation décrite apparaît modeste à la lumière des précédents de très grande ...
Le Conseil de la souveraineté du Québec annonce le déploiement des États généraux de la souveraineté. La consultation décrite apparaît modeste à la lumière des précédents de très grande ...
 
 
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12:08 sur 08/03/2012
Ce texte est magnifiquement écrit! Il soulève cependant, sur le fond, de très sérieuses questions. Pourquoi nommer États généraux cette démarche qui s'apparente davantage à un état des lieux sur l'option indépendantiste? Je crois que nous assistons ici à un détournement du concept. L'ampleur du mandat, contrairement à ce qui est affirmé, ne justifie en rien ce petit coup de force rhétorique. Le déclenchement d'États généraux, sauf erreur, est une prérogative de l'État, et au Québec, de L'Assemblée Nationale. D'où cette commission tire-t-elle sa légitimité et qui la financera? D'où vient le mandat de ces commissaires? La dénaturation du rôle de commissaire double ici le détournement du concept!

Vouloir, par ailleurs, mener la révolution tranquille vers sa conclusion naturelle... suppose qu'une histoire unidirectionnelle est en marche, que la nature est à l'oeuvre. Dangereuse philosophie de l'histoire et de la politique qui risque de fragiliser le sens démocratique qui toujours doit composer avec les aléas, les défis, les hésitations et les lenteurs du débat public. Parlant de lenteur et du présumé côté "retardataire" du peuple québécois, l'auteur nous dira-t-il qui tient la place du Grand horloger?
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Le Kwisatz Haderach
There is no power without brain power.
10:46 sur 08/03/2012
Désolé de vous remettre les pendules a l'heure, mais c'est trop peu trop tard!

Le Quebec n'a plus les moyens de ses ambitions. La cause a ete prise d'assault par toute notre "elite" locale, celle qui demonise la reussite, l'argent, le developpement, bref, toutes ces choses essentielles a l'accession a notre grand reve collectif.

On ne fait pas un pays avec 51% des votes, ce serait l'anarchie; quoi que c'est propablement ce que souhaite plusieurs. Il y a un proverbe anglais qui dit: Misery likes company. La graine de la defaite a deja solidement pris racine.

La seule facon que le Quebec deviendra independant est si les Quebecois sont unis. Mais puisque la cause est devenue le fourre-tout ideologique de notre elite au Quebec; avant de ralier ceux qui travail d'arrache-pied pour l'accomplir, le temps aura fait son oeuvre.
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Le Kwisatz Haderach
There is no power without brain power.
01:30 sur 08/03/2012
(suite..)

Et je doute que votre derniere munition, un gouvernement neo-conservateur, passager de surcroit, soit la suffisement longtemps pour vous laisser le temps de renverser la vapeur.

A l'aube de leur retraite, je doute fort que le nombreux baby-boomers aient envie de risquer ce qu'ils ont mis une vie a amasser dans ce qui serait le 8e pays le plus endetté au Monde. Surtout un pays ou l'entrepreneurship et le developpement sont diabolisé...

Le parti qui avait pour mandat de preparer la separation a failli a la tache, trop occupé a gerer l'imaginaire et le populisme de notre "elite" qui a envahie ses rangs.

Decidement, trop peu trop tard.