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Algérie ou Alberta, notre pétrole viendra bien de quelque part

29/10/2014 11:29 EDT | Actualisé 29/12/2014 05:12 EST

Plusieurs écologistes s'opposent aux pipelines d'Enbridge et de TransCanada et, plus généralement, à ce que le pétrole des sables bitumineux transite par le Québec. La manifestation à Sorel-Tracy, la fin de semaine dernière, en donnait une nouvelle illustration. Si certaines inquiétudes sur le plan écologique sont légitimes, les opposants semblent également motivés par la volonté d'étouffer le développement des sables bitumineux au pays.

Dans ce contexte, une meilleure compréhension des sables bitumineux et de leur impact environnemental est de mise.

Sans surprise, l'exploitation des sables bitumineux produit des gaz à effet de serre (GES). Le bitume est un pétrole lourd et épais, de sorte qu'à 10 °C, il est aussi dur qu'une rondelle de hockey. L'extraction de bitume exige de le chauffer, ce qui requiert plus d'énergie et génère plus de gaz à effet de serre (GES) que la production de pétrole conventionnel. Par contre, il ne faut pas exagérer cette différence. Les émissions de GES du pétrole extrait des sables bitumineux ne sont que 5 % à 10 % supérieures à celles résultant de l'exploitation du pétrole conventionnel.

Il est toutefois vrai que ces émissions augmentent. Et, oui, il faut faire des efforts constants pour les diminuer. Mais gardons quelques faits en tête :

  1. En 2011, l'exploitation des sables bitumineux a généré 7,8 % des émissions canadiennes de GES. C'est moins que le transport, moins que la production d'électricité, moins que l'agriculture. Or, on ne voit pas des groupes comme Greenpeace réclamer la fin de la production de l'électricité, ni la fin l'agriculture au Canada ! Nous maintenons ces industries et faisons ces choix parce que, comme dans tout projet de développement, l'on considère somme toute que les avantages l'emportent sur les inconvénients.
  2. Ces émissions augmentent parce que la production augmente, et seulement pour cette raison, car les émissions pour une même quantité produite baissent constamment. Les technologies évoluent et l'industrie améliore sans cesse ses standards environnementaux. D'importantes améliorations technologiques réalisées par l'industrie des sables bitumineux entre 1990 et 2011 se sont notamment traduites par une réduction de 26 % des émissions par baril.
  3. Surtout, ce n'est pas une réalité binaire : soit on exploite les sables bitumineux et on génère des GES, soit on ne les exploite pas et on n'émet aucun GES ! Ce qu'on ne produit pas au Canada, d'autres le produiront pour répondre à la demande mondiale. Sans être un jeu à somme nulle parfait, il se produit de tels transferts entre ce qui est produit comme pétrole au Canada et ce que d'autres pays produisent, parfois avec des réglementations beaucoup plus permissives. Le dilemme « Pétrole ou pas? » n'existe pas. C'est plutôt « Algérie ou Alberta? » qu'on doit se poser comme question.

Bref, on peut s'opposer aux projets de pipelines, et ne pas aimer les sables bitumineux. Mais gardons en tête qu'empêcher le développement des sables bitumineux n'est certes pas synonyme d'extraire moins de pétrole, ni même de sauver la planète!

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