À la lecture de l'article de Kathleen Lévesque paru dans La Presse du 28 février, intitulé «Les Québécois ne sont pas les plus taxés», les contribuables ont voulu croire, ne serait-ce que l'espace d'un instant, qu'ils n'étaient pas les plus taxés en Amérique du Nord. Hélas! Cet espoir fut de courte durée, car il est bien vite apparu que les auteurs de l'IRIS ont pris de vrais chiffres pour arriver à de fausses conclusions.
Une analyse partielle des contribuables
La publication de l'IRIS constitue essentiellement une mise à jour de l'étude de Luc Godbout, Suzie St-Cerny et Chantal Amiot (2010), laquelle présente des cas types de Québécois pauvres, ou avec enfants, pour conclure que certains sont moins imposés au Québec qu'ils ne le seraient au Canada ou aux États-Unis. Il est tout à fait vrai que les moins nantis et les familles bénéficient d'une fiscalité plus légère au Québec par rapport au reste de l'Amérique du Nord.
Cependant, pour conclure que «les Québécois ne sont pas les plus taxés», il aurait fallu prendre en compte la situation de l'ensemble des Québécois. Or, messieurs Fortier et Tremblay-Pepin ne parviennent même pas à établir que la majorité des Québécois sont moins imposés qu'ailleurs en Amérique du Nord. Dans le cas d'une personne gagnant le salaire moyen, son fardeau fiscal est plus lourd qu'au Canada et qu'aux États-Unis. Dans le cas d'un couple avec deux enfants, l'étude ne s'intéresse qu'aux ménages ayant les salaires les plus faibles.
Enfin, il est aussi vrai que les contribuables québécois sans enfants, comme les mieux nantis, supportent une charge fiscale nette beaucoup plus élevée, plus qu'ailleurs en Amérique du Nord. Absent de la note, l'IRIS mentionne ce «détail» du bout des lèvres à la note de bas de page 11.
Une analyse partielle de la charge fiscale
Outre la sélection de certains contribuables types, la note de l'IRIS ne prend en compte qu'une partie du fardeau fiscal, soit les impôts sur le revenu des particuliers et les cotisations sociales. La TVQ, par exemple, n'est pas prise en compte. C'est la différence entre la «charge fiscale nette», mesure partielle utilisée par les chercheurs de l'IRIS, et «l'effort fiscal global» qui prend en compte l'ensemble des impôts et taxes.
Une analyse partielle qui mène à une conclusion générale!
Puisque tous les types de ménages ne sont pas étudiés, et qu'on ne considère pas l'ensemble de la fiscalité, il est impossible de conclure que les Québécois sont moins imposés que d'autres en Amérique du Nord. Aucun élément factuel de la note de l'IRIS ne supporte d'ailleurs la conclusion des auteurs.
Pour un vrai portrait de l'imposition des Québécois
Une autre étude de Luc Godbout, Diana Darilus et Suzie St-Cerny aurait dû alimenter leur réflexion. Contrairement aux prétentions de l'IRIS, cette étude qui compare la fiscalité québécoise avec celle des autres provinces canadiennes conclut que «le Québec décroche la première place [au Canada] lorsqu'on compare l'effort fiscal global mesuré en proportion du PIB» et que la situation va en se détériorant. Le CIRANO conclut pour sa part que «la pression fiscale au Québec est plus élevée qu'ailleurs en Amérique du Nord. Cela perdure depuis plus de 30 ans».
L'Institut Fraser, qui compare le fardeau fiscal total du Québec et des 59 autres États et provinces des États-Unis et du Canada, évalue annuellement le fardeau fiscal de l'ensemble des Québécois. La méthodologie du Fraser tient compte de l'ensemble des revenus des gouvernements (comme l'argent ne pousse pas encore dans les arbres, les revenus des gouvernements sont constitués de tous les impôts et taxes) en proportion de la taille de l'économie, c'est-à-dire le PIB. Quand on tient compte de l'effort fiscal global de l'ensemble des Québécois, le Québec arrive en 60e et dernière place.
Nous sommes bel et bien les plus taxés en Amérique du Nord, un triomphe peu enviable.
Ce texte a aussi été publié sur lapresse.ca le 1er mars 2013, ainsi que sur le site de l'IEDM
À VOIR AUSSI
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89 % des Québécois paient moins de taxes et d'impôts qu'ailleurs en Amérique du Nord. « Les » Québécois n'est pas le 11 % qui reste.
http://www.lapresse.ca/debats/votre-opinion/201303/06/01-4628402-la-majorite-nest-pas-plus-imposee.php
Quand on parle de manipulation de chiffre pour faire valoir son idéologie , Bien tout le monde est dans le même bateau de gauche à droite en passant par le centre.
http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/372435/la-suisse-montre-la-direction-a-suivre
"C’est une petite révolution en Suisse, pays traditionnellement acquis au libéralisme économique. Dimanche 3 mars, 67,9 % des électeurs, ainsi que tous les cantons, ont dit oui à l’initiative « contre les rémunérations abusives ». Un texte qui renforce le pouvoir des actionnaires au sein des entreprises cotées, afin d’empêcher les grands patrons de ces sociétés de s’octroyer d’exorbitants salaires ou parachutes dorés. La constitution de la Confédération helvétique sera complétée d’un article, obligeant l’assemblée générale des firmes concernées (260 sociétés anonymes) à voter, chaque année, la somme globale des rémunérations du conseil d’administration et de la direction. Indemnités de départ et primes pour des achats ou des ventes d’entreprises seront interdites.
En cas de violation, les dirigeants s’exposent à une peine de prison de trois ans ou à une amende pouvant atteindre six fois la rémunération annuelle. Le texte surpasse les normes internationales."
"Les milieux économiques ont tenté de lui barrer la route, déboursant 8 millions de francs suisses pour combattre un texte jugé trop « rigide », brandissant la menace de cantons désertés par les multinationales. "
Une bonne leçon pour les carpettes québécoises. Il y a des citoyens ailleurs sur la planète qui commencent à s'affirmer et refusent de se laisser piler sur les pieds.
En passant les citoyens sont à même de reconnaître les penchants de l'Iris et de l'institut Fraser.
Et de répéter que nous sommes les plus taxés ne changera rien à notre bonheur ou notre malheur de vivre dans une fédération boiteuse. Qui veut le système états-uniens ou mexicain ? Faut comparer ce qui se compare voilà les failles de vos études
http://www.iris-recherche.qc.ca/mission
Qui finance l'IEDM ? Ne serait-ce pas Desmarais, mais oui bien sûr et en plus, il lui a fait avoir un statut d'œuvre de charité, assez vicieux à votre goût ! Sagarde bien ses intérêts, comme l'idée fédérale à Pratte d'ailleurs.
Je trouve toujours extrêmement distrayants ces pauvres décérébrés qui se dépêchent d'opiner comme des petits robots obéissants dès que celui qui parle défend les intérêts des exploiteurs et qui crachent leur fiel sur ceux qui tentent de leur ouvrir les yeux. Pathétique !
C'est trop souvent le contraire sur la Toile.