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Massacre à la tronçonneuse

02/02/2016 10:32 EST | Actualisé 02/02/2017 05:12 EST

«Si tu veux connaître quelqu'un,

n'écoute pas ce qu'il dit,

mais regarde ce qu'il fait»

- Dalaï-Lama

Voilà une citation qu'on devrait garder en tête lorsque vient le temps de juger du travail accompli par nos politiciens. D'ailleurs, cette citation devrait, à mon sens, être inscrite à l'entrée de chaque bureau de scrutin le jour du vote; il me semble que l'électeur moyen pourrait effectuer une meilleure évaluation des prétendants au pouvoir.

Cette citation ferait assurément mal paraître notre gouvernement actuel avec ses airs de «Massacre à la tronçonneuse». Un film d'horreur avec lequel on aurait décidé de produire une mauvaise trilogie baptisée «Les griffes de l'austérité libérale». On aura beau avoir remanié les acteurs, même changé leur rôle dans le but de les rendre plus attrayants (et aussi pour mystifier le spectateur), le film demeure mauvais, tant sur le plan du scénario que du jeu d'acteurs. Disons, tout simplement, qu'on est beaucoup plus proche des prix Aurore que des Oscars.

Les griffes de l'austérité libérale ont fait une nouvelle victime. Ainsi, après les écoles, les centres de la petite enfance, le système de santé, la culture, l'aide aux régions, l'appui aux PME, le soutien aux organismes communautaires et sociaux, l'environnement, les centres d'aide aux personnes toxicomanes, l'aide sociale, et j'en passe - les dernières en liste sont les résidences pour les personnes lourdement handicapées. Disons que dans un film d'épouvante, il est difficile de se sauver en fauteuil roulant!

Or, en regardant attentivement la liste (non exhaustive) ci-dessus, le constat est flagrant: l'austérité libérale s'attaque de front aux personnes et aux organisations les plus vulnérables. En fragilisant les acquis de la classe moyenne et ceux des plus démunis - en décapitant, entre autres, les fondements de notre sociale démocratie, au profit quasi exclusif de la main invisible et d'une conception marchande de l'économie -, nos décideurs renforcent les inégalités sociales et, par la même occasion, les statuts de classes. De cette façon, ils s'assurent de consolider la position des dominants (les riches), et d'accentuer la précarité des autres. Du darwinisme social pur et dur où les pauvres, les handicapés, les malades et les vieillards n'ont pas leur place au sein de la société... quoique si: au bas de l'échelle!

Cette façon d'appliquer aveuglément et dogmatiquement l'austérité à sa population, et ce par l'intermédiaire d'une vision libérale préjudiciable et clairement pernicieuse, ne constitue rien de moins qu'une forme de violence socioéconomique. On a rarement vu, dans notre histoire nationale, un gouvernement autant houspiller les individus et les collectivités; à gauche, à droite, en haut, en bas... des sans défense à sa force de travail. Cet acharnement, dont font preuve les libéraux, met en péril l'existence même de notre État-providence. Le présent, ainsi que le futur sont définitivement menacés par une élite politique qui souhaite privatiser la société; une sentence, en somme, qui perturbe l'ensemble, au profit de quelques-uns.

On a pourtant entendu notre premier ministre, pas plus tard que cette semaine, dire que la santé et l'éducation constituaient ses deux priorités. Devant ces révélations, on serait porté à croire qu'il fabule (lire ici: nous prend pour des caves), mais, à bien y penser, on constate la véracité de ses allégations, dans la mesure où ces deux secteurs essentiels à notre réussite collective ont préséance dans l'ordre de privatisation établit par notre gouvernement. De services publics (universels), on nous oriente lentement, comme une bande de moutons, vers des services privés, où chacun d'entre nous devra payer individuellement. Chi-Ching$.

Certains pourraient se réjouir d'une telle conception sociétale, se disant qu'ils n'auront plus à payer pour les autres et, parallèlement, pour les services qu'ils n'utilisent pas... Le seul hic avec cette perspective égoïste, c'est qu'à l'heure actuelle ces individus continuent (et continueront d'ailleurs) de payer le même montant en taxes et en impôts. Conséquemment, cette vision très étasunienne de l'utilisateur-payeur se transformera en «contribuable-payeur» ou, si on veut, en «payeur-payeur». Une logique tout à fait louable [soupir!]

De l'éducation à la santé, en passant par l'ensemble des services publics, nous sommes aujourd'hui confrontés à un film d'horreur qui se répète, semaine après semaine... Et dans ce film d'horreur, la population - un peu comme la personne qui est sur le point de se faire zigouiller par le méchant et qui, plutôt que de le confronter ou encore d'aller chercher de l'aide par la porte d'en avant, décide de courir au deuxième étage - se met dans une position sans issues. Pourtant les solutions sont simples: combattre vivement ou trouver une alternative, c'est-à-dire remplacer ce gouvernement, avant de mourir massacré par la tronçonneuse.

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