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Et si on se disait les «vraies affaires»...

19/03/2014 12:22 EDT | Actualisé 18/05/2014 05:12 EDT

Les Libéraux ont l'intention au cours de cette campagne électorale de nous parler, à nous pauvres plébéiens, des « vraies affaires »... Good! Parlons-en dans ce cas. Parlons de la crocherie, de la corruption, du copinage, des liens incestueux avec la mafia, de l'endettement, de l'argent sale, et ce, pour reprendre l'expression jadis employée par Jean Charest, avec les deux mains sur le volant... Et oui, en plein contrôle du navire amiral pour enfirouaper les Québécois! Beurk!

Débutons avec, ce que certains considèrent comme la « force » du PLQ et la « faiblesse » du PQ, l'économie.

On martèle chez les Libéraux que le PQ, depuis son accession au pouvoir voilà environ 18 mois, est en train d'endetter considérablement le Québec. Qu'en est-il réellement ? Remettons en perspective les neuf années du règne libéral (2003-2012) afin d'obtenir un portrait un peu plus large de la situation.

Lors de la régence de Charest, la dette nette de la Belle province s'est accrue du tiers, soit une augmentation de près de 33%. En chiffres, c'est certainement plus impressionnant et alarmant, la dette québécoise brute est passée de 95 milliards en 2003 à 167 milliards en 2012. Et pendant ce temps, l'équipe économique du Parti libéral tente de nous faire avaler une grosse couleuvre pour masquer sa propre gestion déficiente de l'économie pendant presque une décennie.

Par la suite, le PLQ c'est aussi une histoire d'échecs et de scandales nombreux, trop nombreux ; pensons, entre autres, à l'Îlot voyageur, aux contrats des TBI, à la perte de 40 000 millions de dollars à la Caisse de dépôt et placement (CDP). C'est également une association malsaine avec des proches de la mafia et une propension vers la collusion et le copinage, entretenant des liens étroits avec des groupes sous enquête policières pour fraudes, malversations et autres ; nommons brièvement, à ce sujet, les Roche, SECOR, SNC-Lavalin, alouettes...

Le Parti libéral c'est, dans le même ordre d'idées, des contrats sans appel d'offres à des amis du parti (les cas notamment de David Whissell et Toni Tomassi), des prête-noms, du financement occulte et de la dissimulation d'information à des fins partisanes, pas toujours honnêtes et encore moins dans l'intérêt du peuple québécois.

Pourtant, n'est-ce pas la fonction première d'un député, d'un gouvernement, soit de « servir » adéquatement et respectueusement le peuple ? Or, pour les libéraux, le peuple n'est pas tant un peuple qu'une plèbe qu'il faut gaver et manipuler... Du pain et des jeux! Voilà les « vraies affaires » ; pendant ce temps-là, nous on s'occupe de vous b*... D'accord, je vais me retenir.

Se dire les vraies choses, dans le blanc des yeux, ça implique de souligner la double relation - d'amitié et de travail - entre le chef Philippe Coulliard et le « bon » Dr Arthur Porter, aujourd'hui accusé de fraude et d'avoir participé à un stratagème de clientélisme dans le cadre de la construction du CUSM. Après tout, «un chum st'un chum!», comme disait l'autre.

Se dire les vraies choses, c'est indiquer parallèlement l'opportunisme du chef qui, avant son départ de la politique en 2008, alors qu'il était encore ministre de la Santé, avait entre-ouvert la porte au privé - l'histoire des décrets adoptés favorisant Persistence Capital Partners (PCP) - avant de rejoindre cette même firme. Une éthique boiteuse, à deux vitesses... un peu comme le système de santé qu'il tente d'instaurer.

Enfin, le PLQ c'est le parti des phrases creuses, le parti de la démagogie terrorisante. C'est, autrement dit, le parti de la peur, celui qui emploie des tactiques politiques dont le but exclusif est d'apeurer et de désinformer le peuple. Cette façon de faire de la politique - similaire à ce que nous a habitué l'ère Bush aux États-Unis - est particulièrement perceptible lorsqu'il est question d'identité québécoise et de nationalisme. Effectivement, dans ces moments, les libéraux font usage de mots lourds de sens - sécession, séparation, division, etc. -, avec une intonation digne des plus grands acteurs, et ce pour marquer l'imaginaire et, conséquemment, mettre en place un climat de peur et d'incertitudes. On cherche, de ce fait, à masquer le débat, les vrais enjeux, les défis à relever et le caractère, voire le statut asservi et dominé du Québec et de sa population. God save the Queen! Pendant ce temps, on se dit le parti des « vraies affaires ». Ouf! Pincez-moi quelqu'un...

Somme toute, lorsqu'on se qualifie de formation politique qui affirme vouloir dire les vraies choses, au « vrai monde », il faut s'attendre à ce que tous les crachats envoyés en l'air nous retombent sur la tête. On se réclame les champions de l'économie (accroissement significatif de la dette), on se vante d'être les apôtres de l'éthique (ai-je besoin de dire quoi que ce soit ?), on se dit les défenseurs des intérêts du Québec et des Québécois (régence terrorisante et aliénante). Ouin!... Mais, si, une fois pour toutes, on se disait les « vraies affaires »...

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