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L'effet libéral... on jase là!

21/10/2014 11:17 EDT | Actualisé 22/12/2014 05:12 EST

La semaine dernière Alain Dubuc se questionnait sur les retombées réelles de l'effet libéral, accusant sans gêne le Parti québécois pour les difficultés économiques du Québec. Même son de cloche ce week-end alors que Raymond Bachand, l'ancien ministre libéral des Finances, écorchait le PQ pour la morosité de l'économie. Selon ces deux hommes tout à fait impartiaux, l'effet libéral - bien qu'il tarde à se montrer le bout du nez, après tout c'est l'hiver qui arrive à nos portes - devrait bientôt se faire sentir (sic) Messieurs Dubuc et Bachand. Je dois candidement avouer que je ne suis pas d'accord avec vos affirmations, car à mes yeux et mon portefeuille, l'effet libéral se fait sentir depuis maintenant 12 ans. Ces douze années (de trop) ont permis à vos amis et collègues de consolider cet effet « libéral » par le biais de divers ricochets qui transparaissent aisément dans l'ensemble de vos prises de position et décisions, qui rappelons-le sont rarement profitables à la population ou, comme vous aimez l'appeler, « au contribuable », parce qu'après tout, le Québécois n'est rien de plus qu'un individu qui contribue financièrement... Le reste, ce n'est pas vraiment important, ce qui compte ce sont les « vraies affaires »!

Cela dit, je dois toutefois admettre que je suis d'accord avec M. Bachand sur un point, soit lorsqu'il affirme qu'il faut regarder au-delà des six derniers mois pour bien comprendre et analyser la situation québécoise. Mon cher Raymond, je ne pourrais être plus en accord avec cette proposition... Portons, en ce sens, notre regard sur les dix dernières années, si tu le veux bien. Je pense qu'on pourra, tout compte fait, y déceler la portée de l'effet libéral.

Ainsi, pour bien saisir l'influence d'un gouvernement, il est intéressant de comparer la durée de leur emprise. Pendant que le PQ de Pauline dirigeait la province pendant une période « colossale » de 17 mois, le PLQ de Charest et ensuite de Couillard tenait les rênes de l'État pendant près de 120 mois. Or, en tenant pour acquis que les libéraux seront au pouvoir jusqu'en 2018, cela veut donc dire que le PLQ aura régné en maître durant plus de 160 mois. Autrement dit, entre 2003 et 2018, le Parti libéral aura eu les deux mains sur le volant près de 90% du temps. Qui pourrait, mis à part Messieurs Dubuc et Bachand, douter de l'effet libéral ?

Bref, avec autant de temps et de latitude pour effectuer des choix, pour plébisciter leur vision de la société et, conséquemment, pour orienter les politiques québécoises, qui aurait l'audace d'imputer les problèmes actuels au PQ plutôt que de regarder du côté de l'effet libéral ? Messieurs Dubuc et Bachand ? (sifflotement)... Vous n'êtes pas convaincu ? Du Mont-Orford aux forages, tout récemment, à Cacouna, en passant par les pertes de 40 milliards à la Caisse de Dépôt, il me semble que beaucoup de réalisations libérales, depuis les dix dernières années, ont eu des conséquences négatives pour l'ensemble de la population. Attention, l'idée n'est pas de dresser une liste exhaustive des décisions douteuses prisent par le PLQ et qui aurait pu en pratique accentuer cet effet libéral, mais davantage de démontrer que cet effet est bel et bien observable depuis maintenant trop longtemps.

Parlons de l'accroissement phénoménal de la dette globale du Québec sous Jean Charest (près du 1/3), de l'augmentation des taxes à la consommation, de la complaisance face à la collusion et la corruption, de la gestion de la grève étudiante, d'Anticosti, des TBI, de la réforme scolaire, de l'Îlot Voyageur, des commissions Bastarache et Charbonneau, de la mine Jeffrey, du CHUM et du CUSM, de la cimenterie Port-Daniel, du pipeline Enbridge, du transport du pétrole de l'Alberta sur le Saint-Laurent, du contrôle médiatique accru (un bâillonnement à la sauce harperienne récemment repris par Couillard), du surfinancement des écoles privées juives pendant que l'on coupait dans l'éducation publique et la recherche, de la démarche d'austérité mise en place pour la population, mais pas pour l'élite libérale... j'en passe!

Alors, pouvez-vous encore douter de l'effet libéral que vous recherchez tant ? Messieurs Dubuc et Bachand, cet effet est aujourd'hui ancré dans la structure et les mécanismes, au point où les répercussions ont permis de diminuer l'influence du Québec sur la scène nationale et internationale, tout en venant multiplier vertigineusement notre endettement collectif. L'héritage que vous nous aurez laissé en 2018 sera considérable... considérablement irréversible! Vous avez beau accuser le Parti québécois, ce parti de séparatistes, mais la réalité est que les libéraux sont les responsables de la débâcle actuelle. N'en déplaise à vous deux chers Messieurs, mais l'effet libéral aura eu comme incidence de nous faire passer de porteurs d'eau à porteurs de pétrole... et surtout de nous faire accepter l'inacceptable, comme le prouve votre plus récente élection. Mais bon, comme disait l'autre «better crooks than separatists», n'est-ce pas ?

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