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L'âge des extrêmes: le cardinal Ouellet et l'imam Chaoui

02/02/2015 09:59 EST | Actualisé 05/04/2015 05:12 EDT

On ne me fouettera jamais pour avoir écrit ce texte. Raif Badawi, lui, a été condamné à 1000 coups de fouet et 10 ans prison pour avoir blogué.

Bien entendu, les propos de l'un, l'imam Chaoui, sont certainement plus infâmes et scandaleux que ceux tenus par l'autre. Quoique... à bien y penser, le cardinal Ouellet, ce prétendant à la plus haute fonction de l'Église catholique romaine, ne laisse pas sa place ; au contraire, il a toujours eu ce « je ne sais quoi », voire cet air de supériorité divine et moralisatrice qui m'irrite au plus haut point ; c'est sans compter ses nombreuses sorties médiatiques rétrogrades...

D'ailleurs, ces récentes affirmations - selon lesquelles « même en cas de viol, l'avortement est injustifié », des allégations qu'il a livrées en tant qu'invité d'honneur de la Campagne Québec-Vie - me font clairement dire que cet homme est aussi arriéré que le misogyne qui a voulu ouvrir un centre communautaire dans l'est de Montréal pour y enseigner l'islam radical. Or, à mes yeux, le constat est simple : ce n'est pas tant la religion qui soit le problème - quoiqu'il y aurait toujours la possibilité de débattre des « pour » et « contre » d'adhérer à ce genre de structure et de pensée archaïque, mais là n'est pas l'objectif de mon billet - mais plutôt les zélés qui subvertissent les enseignements religieux avec pour but de promouvoir un discours de contraintes, d'intransigeances, d'aversion et de haine à l'égard de tous ceux qui ne pensent pas comme eux.

Cette pratique dichotomique me rappelle une célèbre phrase de George W. Bush, qui résume parfaitement ce que j'essaie d'illustrer : « You are either with us or agaisnt us ». Dans cette vision sociétale, il n'y a point de place pour la nuance et la réflexion ; il s'agit uniquement de faire un choix : avec ou contre nous!

Cela dit, avant d'aller plus loin et dans cette optique de nuance, je pense qu'il importe de faire une nette distinction entre le fait, d'un côté, d'autoriser le port, dans les sphères publiques et civiques, de la kippa pour un juif ou du voile pour une femme musulmane et, de l'autre, permettre aux extrémistes inflexibles et doctrinaires (peu importe la religion) de faire l'apologie et même d'encourager la haine, la discrimination, l'exclusion, l'intolérance et les tensions sociales.

Mesdames et messieurs, je vous apprends, aujourd'hui et en grande primeur (sic), qu'il y a une différence, une très grande différence entre, d'une part, arborer, de façon tout à fait personnelle, des signes ostentatoires et, d'autre part, prêcher des valeurs et des pratiques qui vont complètement à l'encontre de nos principes démocratiques de tolérance, de respect, de liberté et d'égalité entre les genres, les orientations sexuelles, politiques et autres.

Donc, dans ce cas précis, l'imam Chaoui - lorsqu'il a affirmé qu'un voleur devrait être amputé, que les personnes infidèles devraient être lapidées sur la place publique, que les femmes devraient avoir un tuteur... (ai-je besoin de poursuivre l'énumération de ces aberrations?) - est coupable de véhiculer un discours moyenâgeux et haineux... mais, surtout, l'imam Chaoui est coupable, tout comme ce bon vieux cardinal Ouellet, d'être un imbécile et un réactionnaire rétrograde.

Ces deux hommes religieux - en s'attaquant toujours et encore aux femmes, aux homosexuels, aux athées, etc. - ne font que brandir des épouvantails, voire des reliques folkloriques d'un passé glorifié à tort et à travers. En tentant de nous imposer de manière catégorique leur vision arriérée du monde et des rapports humains, ces hurluberlus - et je ne parle pas simplement de Ouellet et Chaoui, mais de tous les extrémistes religieux - nous poussent collectivement à répliquer. C'est tant mieux, car un retour en arrière n'est en aucun temps envisageable. Les attitudes et discours misonéistes, misogynes, homophobes, fielleux et autres sont indéfendables, et ce même au nom de la « sacro-sainte » liberté d'expression.

En somme, l'âge des extrêmes, celui des propos doctrinaires intolérables employés sous l'égide perfide de la pseudo lutte pour la sauvegarde de l'âme, doit être dénoncé et combattu vigoureusement sous peine d'un retour à l'intolérance du XVe siècle!

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