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J'aime mon école publique!

31/08/2015 10:12 EDT | Actualisé 31/08/2016 05:12 EDT

Il me semble que le message est clair: «J'aime mon école publique»!

Pourquoi ai-je le goût de le dire, de le crier?

Parce que l'austérité libérale frappe... encore. Les auspices ne sont guère reluisants, scandent les bonzes libéraux, avec en chef de file le ministre François Blais. Est-ce pour autant une raison pour couper dans notre avenir?

L'année scolaire 2015-2016 vit ses premiers moments que déjà plusieurs écoles sentent le poids des compressions de 350 millions de dollars exigées par notre gouvernement. La rentrée a des allures de boucherie alors que de nombreux postes de professionnels scolaires ont été abolis, tandis que beaucoup d'autres sont en danger. Et que dire du personnel de soutien aux élèves en difficultés - comme les orthopédagogues, les orthophonistes, les psychologues, les psychoéducateurs, les aides pédagogiques individuels, les conseillers d'orientation, etc. - qui mange également la claque?

Alors que tout ce beau monde est sur le qui-vive, ne sachant trop à quoi s'attendre, vivant depuis l'annonce budgétaire dans l'incertitude la plus totale (comme beaucoup d'enseignants et d'enseignantes d'ailleurs), on nous assure du côté des décideurs que les élèves ne seront pas affectés? Cough... cough... cough... Pardon, je viens de m'étouffer avec mon berlingot de lait...

Parlant de berlingot, voilà justement un luxe - oui, oui, un gros luxe! - que n'auront plus des milliers d'élèves québécois.

Ces compressions, qui s'ajoutent aux autres centaines de millions déjà exigées par l'équipe libérale, viennent directement remettre en question l'école publique. Après tout, si le gouvernement se contrefiche complètement du réseau public d'éducation, pourquoi les parents n'en feraient pas autant? Pourquoi, comme société et comme collectivité, devrions-nous soutenir l'école publique, si le gouvernement n'en a rien à foutre? Mesdames et messieurs... la solution gouvernementale est simple: laissons toute la place au PRIVÉ!

C'est du gros n'importe quoi.

J'aime mon école publique... parce que c'est le premier maillon, c'est la première certitude après la famille. L'école, c'est un milieu de vie primordial pour l'apprentissage des différentes matières (français, mathématiques, sciences, etc.), certes; mais c'est aussi et surtout un important environnement des apprentissages individuels et sociaux. D'ailleurs, l'école, c'est le microcosme de la vie... c'est le lieu de conscientisation par excellence, comme c'est le lieu des premières expériences, des premières amitiés durables, des premiers amours... des essais et des erreurs.

C'est, autrement dit, une structure essentielle dans la vie de nos enfants, comme ce l'a été pour nous aussi. L'école publique, c'est près de 90% de nos jeunes qui la fréquentent et qui s'y développent quotidiennement. Sa destruction est impardonnable. Point final.

Pour dire juste, on se rend rapidement compte que les choix opérés par ce gouvernement irresponsable symbolisent la véritable vision pédagogique qu'ont les décideurs libéraux par rapport à notre avenir. Car, ne vous méprenez pas, nous assistons bel et bien au saccage de l'éducation publique... à la destruction de notre acquis le plus précieux comme société.

Ce qui est triste, et clairement inacceptable, dans toute cette bouffonnerie, c'est que pendant que l'on sabre à grand coup de hache dans l'avenir du Québec (l'éducation en premier lieu, mais aussi l'ensemble des services publics), on ne se gêne pas pour gaspiller à fond la caisse dans des projets qui rapportent exclusivement aux entreprises privées et aux amis du pouvoir - pensons entre autres au Plan Nord, à la cimenterie Port-Daniel, aux primes faramineuses pour les député(e)s démissionnaires et les hauts fonctionnaires, au projet de la Romaine, et j'en passe...

Que dire des écoles privées et celles de confessions religieuses qui sont, pour la plupart, épargnées par les coupures du gouvernement libéral? Enough said!

J'aime mon école publique et, pour cette raison, je participe activement au mouvement «Je protège mon école publique». Mardi matin, sortez tenir la main des autres parents devant l'école de votre enfant ou de l'enfant de votre voisin... Mardi matin, envoyons un message clair au ministre et à l'ensemble du gouvernement libéral: J'aime mon école publique!

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