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Au royaume des priorités, l'Édukassion est maître!

18/02/2015 01:11 EST | Actualisé 19/04/2015 05:12 EDT

Toute société qui se respecte et qui aspire à mieux se doit de faire de l'Éducation une priorité nationale. Or, le problème actuellement, c'est que la priorité de notre gouvernement, c'est l'Édukassion et non l'Éducation. Vous comprenez ?

Au-delà du masque de l'austérité qu'emploie notre bon gouvernement libéral pour procéder à 1001 coupures dans l'éducation, c'est une tentative de destruction complète du système et de ses acquis ; je ne parle pas simplement de l'enseignement et de la matière enseignée, mais de la conception même de l'éducation québécoise.

Les nombreux coups de sabre dans le milieu des études supérieures - que ce soit l'embauche de chargés de cours au détriment de professeurs-chercheurs, la diminution des budgets liés à la recherche, les compressions honteuses dans les services étudiants et bien d'autres - indiquent que l'éducation est devenue (sans dire une futilité)... disons, accessoire.

La demande répétée et non justifiée d'efforts surhumains faite aux institutions d'enseignement supérieur, des coupures qui les poussent souvent au bord du précipice éthique et moral, mène à des décisions souvent malheureuses et inconscientes ; pensons, dernièrement, à l'annonce des suppressions dans les services d'aide aux étudiants handicapés ou encore à la demande, formulée par certaines universités à l'endroit du cadre professoral, d'essuyer une baisse salariale de 2%. Faire des mauvais choix, certes... Nous pouvons blâmer les responsables institutionnels pour avoir osé proposer des mesures aussi honteuses, mais il faut aussi regarder du côté gouvernemental, dans la mesure où ces décisions découlent directement d'une idéologie politique funeste et pernicieuse, masquée par la sacro-sainte « austérité » et les contraintes économiques de l'équilibre budgétaire telles que scander à tout rompre par les sbires libéraux. Attendez, j'ai une idée de génie ; pourquoi couper dans les acquis de nos amis les richissimes banquiers et pétrolières, quand nous pouvons plutôt amputer le système d'éducation québécois ? Ouais, un petit milliard ici ça devrait faire l'affaire!

Au niveau primaire et secondaire, c'est catastrophiquement la même chanson... Coupe, coupe, coupe! ; au point où les établissements et les commissions scolaires ne savent plus où donner de la tête ou, devrais-je dire, du ciseau! On apprenait tout récemment que plusieurs services essentiels aux élèves seraient coupés afin de répondre aux directives du ministère de l'Éducation. On apprenait également que les services professionnels aux élèves - allant du conseiller en orientation à l'orthopédagogue, en passant par le psychologue et le psycho-éducateur - allaient également passer sous le bistouri de notre bon docteur Bolduc. Allô, ça serait pour un rendez-vous avec mon médecin de famille... Ah, désoler monsieur, il est maintenant ministre de l'Éducation. Diantre, la très grande majorité de ces services s'adressent à des élèves handicapés, en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage ou encore qui présentent un trouble envahissant du développement. Coudonc, suis-je le seul à trouver ça scandaleux ?

Est-ce normal de couper ainsi ? À gauche, à droite ? En haut, en bas ? Dans la recherche comme dans les services aux plus jeunes ? L'austérité, vous dites ? Même au détriment de nos enfants ? De notre avenir collectif ? (Bruit de ciseaux). Il est justement là le problème du démantèlement de notre système d'éducation, c'est qu'il n'y a personne pour s'indigner. Mais bon, ça doit certainement être moi qui m'énerve inutilement, car au royaume des priorités, l'Édukassion est maître! Non ?

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