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Ces hommes qui détruisent l'Islam: le sang, les larmes et le symbole

30/09/2014 11:48 EDT | Actualisé 30/11/2014 05:12 EST

Tortures, enlèvements, viols, destructions, décapitations d'otages occidentaux, planifications d'attaques et d'agressions, attentats, menaces, incitation à la haine et à tuer les infidèles de l'Occident et de partout dans le monde... au nom d'Allah! L'État islamique, qui renvoie ses origines à celles des grands califats modernes notamment celui de l'Empire ottoman, invite les musulmans à rejeter les principes fondamentaux qui régissent l'équilibre mondial : « Défaites-vous de l'impureté ordurière de l'Occident, délaissez la démocratie, la laïcité, le nationalisme et revenez vers Allah » ; voilà, en somme, le message lancé par « Daesh ».

Un message de violences et de sévérité perpétré au nom de l'Islam ; un message qui, porté par ces extrémistes faisant couler le sang et les larmes, vient dénaturer la vraie substance de cette religion et, parallèlement, travestir les paroles d'un Dieu se voulant pourtant miséricordieux. Dans la Sourate des Groupes (Az-Zumar), au verset 53, Allah dit : « Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d'Allah. Car Allah pardonne tous les péchés. Oui, c'est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux ». Mais, c'est que ces hommes poursuivent une idéologie basée sur le travestissement des paroles du Coran, une guerre dite « sainte » qui s'orchestre et s'accomplit au détriment des valeurs et des fidèles de l'Islam. Par le biais des gestes et des actes qu'ils commettent et conséquemment par le message global qu'ils envoient au reste du monde, ces hommes contribuent à la destruction de l'Islam, de son image et de son message. Bien entendu, certains me feront remarquer que l'attitude de l'EI et de tous les terroristes est une réponse directe à l'attitude occidentale. Peut-être! Mais est-ce une raison pour autant de tuer, encore plus lorsque ce sont des innocents ?

Certes, il est vrai que l'Occident participe activement à la stigmatisation de l'Islam notamment par l'intermédiaire de ses politiques nationales et internationales. Pensons, entre autres, à l'appui indéfectible des États-Unis et du Canada à l'État d'Israël, une reconnaissance stratégique qui, par le fait même, concourt à générer et, simultanément, à légitimer un préjudice à l'égard des Palestiniens et de leurs revendications socioterritoriales, ainsi qu'à l'endroit des musulmans en général. Ce n'est pas tout, pensons également à l'invasion étasunienne en Irak, aux frappes aériennes perpétrées par des pays de l'OTAN contre la Syrie, la Libye, l'Afghanistan et autres pays du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord.

Le positionnement géopolitique de certaines puissances occidentales est soutenu par une entreprise médiatique conservatrice qui chercher à diaboliser l'Islam dans le but de justifier les actions sur le terrain. Lorsque nos sources d'information quotidiennes en viennent malhonnêtement à associer des mots, des termes, des concepts et des réalités qui ne sont ni synonymes ni analogues, il est évident qu'il s'agit d'une entreprise de désinformation visant un objectif politique. À l'heure actuelle, les termes djihadistes, extrémistes, terroristes, musulmans, Islam et Coran sont conjugués sous un même parapluie. Cet amalgame malhonnête entre l'Islam et le terrorisme est aujourd'hui fortement répandu dans l'imaginaire populaire.

Par conséquent, pour la majorité des musulmans, la bataille des mentalités, la guerre de l'opinion publique doit être menée sur deux fronts où il s'avère crucial, d'une part, de contrer la désinformation des médias conservateurs à la Fox News et, d'autre part, de se distinguer des musulmans extrémistes et terroristes. Cela dit, ces hommes et ces femmes sont conscients que les images négatives des groupes comme l'EI, Al-Qaïda et autres - que l'Occident associe à tort à l'ensemble des fidèles islamiques - causent un préjudice énorme à l'Islam et à ses croyants. Le sang des uns et les larmes des autres sont devenus de puissants symboles d'une guerre idéologique entre des mentalités antinomiques. Le prix est élevé pour tous, mais encore plus pour les musulmans. Or, ces fous d'Allah ne se rendent-ils pas compte qu'ils détruisent l'image d'une religion qui se veut substantiellement saine de corps et d'esprit ?

Cette situation, qui perdure depuis les attentats commis par quelques hurluberlus en septembre 2001, a contribué à l'accroissement phénoménal de l'islamophobie. Les musulmans sont aujourd'hui subjectivement associés à tous les maux de la terre... ils sont conspués, méprisés, condamnés publiquement ; on les accuse d'être associés à des terroristes sanguinaires. Le verdict : COUPABLE! Or, ne sommes-nous pas capables, autant individuellement que collectivement, de faire la part des choses ? Notre conception de l'islam mérite une réflexion et une ouverture, car, après tout, nos accusations sont aussi futiles que si quelqu'un, inversement, nous accusait d'être « Tous » des maudits bandits à cravates, et ce uniquement parce que quelques Québécois sont passés à la commission Charbonneau. Je vous le dis, les généralisations sont handicapantes!

Devant cette flambée islamophobique, de nombreux musulmans se sont sentis obligés d'intervenir personnellement. En effet, souhaitant se désolidariser des maux commis au nom de l'Islam et, par la même occasion, condamner ces gestes odieux, plusieurs musulmans ont participé (participent) à la campagne #NotInMyName sur les réseaux sociaux. La rectitude sociopolitique a un nom lorsqu'elle est manipulée à bon escient : obligation! Dans la même veine, plus d'une centaine d'érudits musulmans provenant des quatre coins du monde ont signé une lettre de 22 pages dénonçant les atrocités causées par l'État islamique. Les musulmans, en somme, en ont marre d'être associés à ces fous d'Allah, ils en ont plus qu'assez d'être présentés comme des terroristes. Ils sentent le tapis glisser sous leur pied... Que faire ?

Devant la désinformation orchestrée par nos medias de masse et un imaginaire populaire ponctué de récits erronés, les musulmans ont décidé de se tourner vers une autre plateforme afin de faire passer leur message : « les terroristes de l'EI ou d'Al-Qaïda ne sont pas l'Islam... Les hommes qui se font sauter dans les marchés publics de Bagdad, Falloujah et autres ne représentent pas les principes véhiculés par notre religion ». Ils ont bien raison de le mentionner, car ces hommes, en plus de ne pas être de bons musulmans, participent à la destruction de l'Islam!

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