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La « Loi » qui régit l’intimidation est celle du silence

Une des façons de briser cette omerta est d’ouvrir le dialogue entre tous.

05/10/2017 09:45 EDT | Actualisé 05/10/2017 09:45 EDT
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Le « Si j’en parle, ce sera pire » est la principale cause de cette fichue loi du silence qui enferme les victimes dans un mutisme lourd de conséquences.

Depuis maintenant un an, les projections et discussions autour de mon film 1:54 accaparent une partie importante de mon emploi du temps. Par l'entremise d'un grand nombre de festivals, le film a eu la chance de voyager beaucoup : de l'Australie à l'Europe, en passant par la Corée du Sud, les États-Unis et, bien entendu, chez nous au Québec et ailleurs au Canada, y compris le Nunavut.

Cette tournée de festivals m'a permis de constater à quel point les problèmes de l'intimidation et de la cyberintimidation sont toujours omniprésents, et cela, peu importe le pays, la culture ou la langue.

Les témoignages et confidences que j'ai reçus des jeunes à la suite des projections de 1:54 représentent à mes yeux une preuve irréfutable de ce triste constat.

Le « Si j'en parle, ce sera pire » est la principale cause de cette fichue loi du silence qui enferme les victimes dans un mutisme lourd de conséquences.

La « Loi » qui régit l'intimidation est celle du silence. Le « Si j'en parle, ce sera pire » est la principale cause de cette fichue loi du silence qui enferme les victimes dans un mutisme lourd de conséquences.

Une des façons de briser cette omerta est d'ouvrir le dialogue entre tous. Et pour ce faire, une mobilisation est nécessaire. Nous devons être proactifs, nous devons contester nos paroles et nos gestes, nous devons réaliser que ce problème existe, qu'il est présent tous les jours.

Pour ne donner que quelques chiffres, comment peut-on rester les bras croisés quand on sait qu'au moins un adolescent sur trois raconte avoir déjà été victime d'intimidation à l'école et que l'intimidation augmente le risque d'idées suicidaires chez les jeunes? En effet, les adolescents aux prises avec l'intimidation durant deux ans à l'école risquent cinq fois plus de penser au suicide que des adolescents qui ne l'ont pas été. Ces chiffres sont très évocateurs et démontrent l'importance de lutter contre l'intimidation.

Je crois sincèrement que collectivement, nous pouvons poser les bons gestes afin que chaque personne se sente acceptée et valorisée dans toutes ses différences, que chaque personne se sente protégée lorsque des gestes répréhensibles se produisent, que chaque personne puisse être entourée et soutenue lorsqu'elle a besoin d'aide.

Jeunes et moins jeunes, parents, professeurs, intervenants, collègues, amis, partenaires sportifs... Nous pouvons faire la différence.

L'information foisonne, diverses initiatives de prévention, de sensibilisation, d'intervention se mettent en place dans beaucoup de milieux à la grandeur de la province, des ressources d'aide diversifiées sont aussi disponibles. Nous sommes des milliers, voire des millions, à pouvoir agir; agir pour créer des milieux ouverts et respectueux, agir pour prévenir, agir pour dénoncer, agir pour soutenir, comme le veut la signature de la campagne de sensibilisation gouvernementale dont j'ai accepté sans hésiter d'être le porte-parole. Jeunes et moins jeunes, parents, professeurs, intervenants, collègues, amis, partenaires sportifs... Nous pouvons faire la différence. Car c'est à nous de faire un pas de plus pour briser le silence de l'intimidation.

Agissons, parce qu'ensemble, nous sommes plus forts que l'intimidation!