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Vendredi noir

13/12/2013 12:37 EST | Actualisé 11/02/2014 05:12 EST

Évoluent en ce monde ceux qui alimentent le cycle perpétuel de la consommation, et évoluent également ceux qui observent, critiquent ou ignorent tout simplement ces activités. Tous les ans, il me semble, au jour du «Black Friday», ou alors «Vendredi noir» (histoire de ne point hérisser le poil d'Impératif Français), les participants passifs réitèrent leur thèse de désapprobation face à ce programme monté de toutes pièces par les corporations, porte-étendards du système capitaliste.

Le phénomène est hallucinant : on dénombre une quantité astronomique de vidéos et d'histoires présentant comme protagonistes une horde d'homo sapiens en pleine effervescence. La ruée frappe, piétine et tue ; le capitalisme lui-même dicte les victimes, Mesdames et Messieurs. Doutez-vous, la tristesse qui afflige la caste civilisée est grande et on ne cesse de dénoncer les atrocités reliées au sort de ces proies qui nourrissent les gloutons dépensiers. À cela, je lève un sourcil !

N'est-ce pas légèrement démagogique comme affirmation ? Le peuple américain est imprégné d'une culture typique et le compte de morts par accident, homicide ou problème de santé s'élève bien au-delà des quelques-uns qui périssent le jour du fatidique vendredi. C'est cette culture même qui construit le peuple, décrit ses actions et permet d'en expliquer les réactions et les agissements. Nuancez ces propos tout de suite, expliquer n'implique pas de justifier le tout, seulement de décortiquer les différents facteurs et d'en faire un état empirique.

Je ne dis pas non plus que la mise en place d'une journée dédiée à la consommation sauvage, bâtie simplement pour pousser les nombreux qui se cherchent un réconfort dans tout ce qui existe de matériel, n'a aucun lien avec le capitalisme. Oh, non ! Le système est père de tout ce que l'on voit et qui nous répugne. Il n'est par contre pas responsable des actions que posent les individus, matures en théorie, pour qui la réflexion est ardue et où le jugement est souvent absent.

Il est bien difficile de nos jours d'accepter nos responsabilités, et pourtant elles existent. C'est le peuple, qui de poussées barbares et irréfléchies, assassine sans remords un petit nombre de ses membres aveugles. C'est le peuple, libre de ses actions, qui est le vrai responsable de cette tuerie mineure, mais néanmoins notable, et qui répète le cirque tous les autres jours de l'année avec un succès beaucoup plus marqué. Cela est d'une tristesse immense, mais rien de cela n'est nouveau. La civilisation peut bien verser une larme, la mesure risque de se faire tardive.

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