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Sortir du défaitisme

08/06/2016 10:00 EDT | Actualisé 09/06/2017 05:12 EDT

« Il faut retrouver le goût des victoires » - Jacques Parizeau

Il y a quelques semaines, j'annonçais mon appui à la candidature de Martine Ouellet dans la course à la chefferie du Parti québécois. Mon appui était et demeure guidé par un élément qui m'apparaît vital pour notre formation politique : la nécessité d'un engagement clair à réaliser l'indépendance. Il faut sortir de ce marasme qui est provoqué par la peur de perdre. Notre incapacité à entreprendre comme il se doit notre cause et ses enjeux n'a fait que détourner les Québécois de notre parti, et c'est tout à fait compréhensible.

Récemment, Jean-Martin Aussant, nous illustrait le ridicule de la situation dans laquelle nous nous trouvons avec cette publication sur Facebook : « Le candidat à la chefferie du Parti vert se présente au lutrin. "Nous constatons que la population en général n'est pas au fait de tous les tenants et aboutissants du développement durable. Nous promettons donc de nous limiter à l'informer sur le sujet et de ne pas protéger l'environnement dans un premier mandat". Éclats de rire généralisés.

Un principe demeure: que chaque formation politique établisse clairement sa raison d'être et l'assume face à l'électorat. Tous partis confondus. Ça s'appelle tout simplement être démocrate. Les gens, alors, retrouveront confiance en leurs élus ». Au travers l'ironie de ce propos ce trouve une réalité lourde de sens. On ne peut pas solliciter la démocratie qu'à moitié. Les Québécois ne nous donneront pas le beurre et l'argent du beurre. Nous devons nous présenter tel que nous sommes pour qu'ils nous fassent confiance.

Les dernières années, et plus particulièrement la défaite de 2014, nous ont prouvé qu'il est, non seulement souhaitable, mais fondamental d'assumer notre raison d'être. Des milliers de citoyens qui nous accordent habituellement leur appui sont restés chez eux. Alors que notre mouvement se trouve à la croisée des chemins, il est primordial de se questionner. Comment pouvons-nous aspirer à emballer les gens, alors que nous repoussons sans cesse le moment de nous engager dans la voie que nous privilégions? Comment pouvons-nous leur donner envie de sortir pour voter pour nous si nous ne semblons pas convaincus nous-mêmes de notre option?

Alors que les prochaines élections arrivent à grands pas, il faut prendre acte des faits et éviter les erreurs qui nous ont menés ici aujourd'hui. Il faut mettre fin à l'attentisme, au report à plus tard. Des plans pour nous amener «vers le pays » en 3, 6, 8 étapes, des discours sur la mise au rancart de la « mécanique au profit du projet », l'idée de repousser l'indépendance à un éventuel deuxième mandat, sont des avenues que nous avons déjà explorées à de nombreuses reprises depuis 20 ans. Résultat? Le Parti libéral du Québec est encore et toujours au pouvoir.

Tirons des leçons de l'Histoire : l'indépendance bénéficie d'un appui stable depuis 20 ans, se situant toujours autour de 40 %. Pourquoi bénéficie-t-elle d'un appui plus élevé que celui de nos partis? Voilà une question qu'il est essentiel de nous poser aujourd'hui. Faisons preuve de leadership, inspirons la confiance et la fierté.

Il est temps de sortir de ces habitudes que nous avons entretenues depuis déjà trop longtemps. Rassemblons derrière cette idée noble qu'est l'indépendance, une idée qui n'a pas besoin de manœuvres ou de détours pour trouver sa voie vers le cœur des Québécois. Laissons à nos adversaires les paroles défaitistes, cessons d'intégrer leurs arguments, allons devant les Québécois, dès maintenant, avec un engagement clair.

Il n'est pas question d'empressement, d'urgence, d'être des « purs et durs » ou, pire encore, d'être irréalistes ou de cultiver une obsession pour une date ou un calendrier. Il est simplement question de s'assumer. Soyons fiers. Soyons solidaires. Et, surtout, cessons de nous travestir : nous sommes indépendantistes.

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