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Le Saint Coran est-il contradictoire?

20/11/2014 09:06 EST | Actualisé 20/01/2015 05:12 EST

Le 25 octobre dernier, un article parlant du Coran a été publié dans LaPresse+. Celui-ci était intitulé « Les versets contradictoires. Tenant compte de mon bagage de connaissance, je répondrai à cet article en éclaircissant les lectrices et lecteurs sur la nature du Coran.

D'abord, le titre de l'article révèle clairement une mauvaise compréhension de la nature de ce livre sacré. L'auteur énonce que les musulmans suivent deux parties contradictoires du Coran. Or, il le sait sans doute que lorsqu'on veut qualifier deux énoncés comme étant contradictoires, ils doivent avoir été dits par la même personne et dans un contexte similaire. En fait, il le dit lui-même que ce n'est pas le cas des versets du Coran et je le cite: «La compilation des révélations dans le Coran fut un processus échevelé et complexe

Aucun verset ne contredit un autre, mais plutôt ils se complètent; j'explique.

Le mot «suivre» nécessite la présence d'un ordre/commandement quelconque afin qu'il soit pertinent. Or, il faut bien qualifier le verset en question, s'agit-il d'un commandement ou non? Ce n'est que par la suite qu'on jugera s'il est à suivre ou non. Ce qui m'amène à expliquer la nature du Coran : est-il un texte purement religieux?

Il est possible de regrouper le Coran en trois types de versets ou parties : l'histoire, les rituels et la relation avec les autres qui incluent les actes civils et criminels.

Le mot « Qour'an » vient du verbe « Qara a », « Lire » en français, ce qui fait de la lecture, la nature principale du Coran. Ainsi, cette signification est parfaitement compatible avec le premier verset révélé soit 96/1:

« Lis (Iqra), au nom de ton Seigneur qui a créé »

Le mot Coran traduit en français devient donc «Le récit », racontant ce qui s'est passé auparavant afin d'y réfléchir. Ainsi, à maintes reprises, nous retrouvons à la fin d'une telle narration un verset semblable à celui-ci :

«...Eh bien, raconte le récit. Peut-être réfléchiront-ils! » (7/176)

Or, la première qualification du Coran est qu'il est un livre d'histoire destiné à nous informer de l'histoire de l'univers, de l'Humanité et d'en tirer les leçons. C'est donc dans ces versets historiques que nous trouvons le récit des guerres dont chacune avait son propre contexte socio-politico-économique.

Toute personne raisonnable sait très bien qu'il s'agit d'histoires. Ainsi, si on lit un roman sur un meurtre et quelqu'un décide de l'appliquer pour vrai, à qui sera la faute? À l'auteur ou à l'exécuteur? Or, dire qu'il y a des musulmans qui suivent le côté violent du Coran et d'autres qui suivent le côté pacifique est une fraude intellectuelle : aucun musulman sain d'esprit n'adhère à ça.

Pour les autres types de versets ou parties (les rituels et les relations), elles ont la même nature, mais un champ d'application différent. Elles sont appelées les cultes et elles s'inscrivent dans un plan bidimensionnel, vertical et horizontal.

Le vertical définit notre rapport avec Dieu; il est constitué de la partie sur les rituels, mentionnée ci-haut, et est non modifiable. Sur le plan horizontal, il définit notre rapport avec toutes les autres espèces vivantes. Le contenu de cette partie est non seulement modifiable, mais également très dynamique. Il varie selon la diversité des êtres humains et leurs relations entre eux-mêmes et avec les autres espèces, selon leur tradition, leur culture et l'époque dans laquelle ils évoluent.

Alors, comment distinguer le verset qui est un ordre de celui qui ne l'est pas ? Si la violation d'un tel verset entraîne un péché, il sera à suivre.

Finalement, il ne faut jamais oublier que la compréhension du Coran nécessite une maîtrise approfondie tant de la langue que de la culture arabe.

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