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L'indépendance du Québec et les défis du XXIe siècle

21/06/2017 09:11 EDT | Actualisé 21/06/2017 09:11 EDT

L'internationalisme connait depuis quelques années un nouveau souffle sous l'impulsion des mouvements sociaux qui, plus que jamais, s'organisent mondialement afin de répondre aux défis du siècle. Ce n'est pas pour rien : ces défis sont précisément de dimension internationale. Si les changements climatiques et la pollution ne connaissent pas les frontières pour des raisons évidentes, l'enjeu des inégalités économique déborde lui aussi le cadre des États-nations à cause des paradis fiscaux et de l'ouverture des frontières au marché. Parallèlement, le mouvement féministe (ou du moins une partie de celui-ci), le mouvement pour la diversité sexuelle et le mouvement antiraciste se structurent aussi bien sur des bases nationales qu'internationales.

Même au cœur des grandes nations de ce monde il semble qu'un internationalisme de gauche émerge. Ainsi, Sanders est connu pour ses positions sur la réduction de la taille de la plus grande armée au monde, Mélenchon s'est exprimé en faveur de la sortie de la France de l'OTAN et finalement, Corbyn est depuis longtemps un pacifiste militant pour le désarmement nucléaire. Les défis du siècle sont d'ordre mondial et la réponse de gauche tend donc de plus en plus à s'internationaliser afin d'être adaptée.

Quelle place pour le Québec dans tout ça? Comment peut-il contribuer à la solution au lieu de faire partie du problème? Si longtemps le nationalisme a été la posture dominante des indépendantistes au XXe siècle, se pourrait-il que l'internationalisme soit la motivation du XXIe? Pendant longtemps, le projet souverainiste a été conçu comme un rempart afin de protéger le Québec contre l'assimilation anglo-saxonne hégémonique sur le continent. Mais aujourd'hui, est-ce encore contre cette menace qu'il faudrait bâtir un pays ou bien à cause de la menace environnementale et celle de l'appauvrissement collectif?

Depuis le dernier référendum, l'État canadien a su habilement jouer la carte de l'intégration et du respect (du moins en apparence) afin d'amadouer le tigre québécois. Il le fallait bien, car le boulet est passé extrêmement près. Toutefois, le Canada s'est montré tout à fait incapable de combattre les changements climatiques, l'accroissement des inégalités ainsi que le néocolonialisme des grandes entreprises canadiennes opérant en sol étranger. Ces échecs ont des impacts sur le monde entier. Que le pouvoir soit rouge ou bleu, les changements ont été effectués sur la forme plutôt que sur le fond et il y a fort à parier qu'un gouvernement néodémocrate n'aurait pas fait de différence importante. Au sein du Canada, la voix des progressistes importe peu et encore moins celle des Québécois et des Québécoises.

Et si l'indépendance du Québec était précisément le meilleur outil afin de faire face aux défis mondiaux?

Et si l'indépendance du Québec était précisément le meilleur outil afin de faire face aux défis mondiaux? Après tout, si un véritable front d'opposition tend de plus en plus à se concrétiser à l'échelle internationale, n'est-ce pas de ce côté qu'il faudrait regarder? Car il faut être réaliste : les problèmes environnementaux sont très certainement la plus grande menace pour la qualité de vie de l'humanité et il faut agir vite. Or, avons-nous vraiment le temps de tenter de convaincre l'Ouest canadien du haut de notre statut de province? Je crois bien que non. Par contre, en mettant tous nos efforts afin de devenir une république indépendante et progressiste qui se joindrait au concert du nouvel internationalisme de gauche, il serait possible d'avoir un impact mondial sur des enjeux canadiens tels que l'exploitation des sables bitumineux. Ce serait aussi le meilleur moyen d'en arriver à des actions concrètes contre les paradis fiscaux ou encore de transformer, voire d'éliminer les institutions internationales problématiques telles que l'OTAN. Autrement dit, l'indépendance peut sérieusement être envisagée comme un outil afin de changer le monde et cela est crucial puisque les défis du siècle sont insurmontables autrement que par un vaste mouvement qui dépasserait les frontières.

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