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Quand l'Ebola terrorise le soccer

14/10/2014 12:44 EDT | Actualisé 14/12/2014 05:12 EST

Si le Maroc accueille la Coupe d'Afrique des Nations, il y aura un risque d'une catastrophe humanitaire et économique, en raison des effets de la propagation de « l'Ebola ''.

Premièrement, il faut définir le virus. L'Ebola se propage par transmission interhumaine, d'un spectateur à un autre lors des festivités et des matchs, à la suite de contacts directs (peau lésée ou muqueuses) avec du sang, des sécrétions, des organes ou des liquides biologiques de personnes infectées. Sans négliger la possible propagation du virus via les espaces hôteliers (par exemple, linge de lit, vêtements) qui ont été contaminés par ce type de liquides (OMS). Et la durée d'incubation, c'est-à-dire le temps entre l'infection par le virus et l'apparition des premiers symptômes, peut aller jusqu'à trois semaines. Le citoyen marocain sera péniblement touché par une possible contamination. La majorité des spectateurs, qui assistent aux festivités footballistiques, est issue de la classe populaire. Cette dernière n'a ni accès à un système sanitaire préventif ni les moyens financiers pour faire face à une pareille épidémie.

Deuxièmement, le coût de traitement est très cher et aucune garantie de guérison n'est à l'horizon, surtout à court terme, sans oublier la médiocrité des infrastructures sanitaires du pays, qu'elles soient publiques ou privées. Il faudra augmenter la vigilance sanitaire et la situation des installations hospitalières ne pourra supporter l'impact financier et humain des conséquences du virus.

Le système de santé marocain est d'ores et déjà à l'agonie, public comme privé, et il n'a nullement besoin du coup fatal de l'Ebola. Cependant, il est du devoir de l'État d'avoir un minimum de conservatisme pour s'éviter un drame Hitchcockien. Avec une population de 40 % d'analphabètes, comment pourrait-on la joindre par la presse ou les médias ? D'autant plus que certaines croyances règnent encore au sein de certaines communautés, où la médecine traditionnelle et des pratiques moyenâgeuses priment sur la science et la raison.

Troisièmement, un seul cas entraînera un abattage médiatique sur le royaume, ce qui entraînera une série d'annulations de réservations touristiques... On ne doit pas perdre de vue que le tourisme génère des devises pour la trésorerie du pays, ainsi que des milliers d'emplois.

L'hiver touristique au royaume chérifien sera long et difficile. En effet, à cause du contexte politique international et régional, les touristes sont, de plus, en plus frileux à rejoindre la terre du Maghreb, notamment depuis la menace de l'organisation de l'État islamique. L'assassinat du citoyen français, Hervé Gourdel, n'a fait qu'exacerber la peur.

Ainsi, il serait peut-être urgent de lancer un appel aux autorités marocaines, pour lancer une campagne nationale, qui aura pour mission de prévenir les risques de contraction du virus, de contribuer à réduire la propagation de rumeurs et de lancer un protocole sanitaire aux différents hôpitaux publics et cliniques privées.

Par ailleurs, il est essentiel que le peuple marocain, en association avec ses entités associatives, se mobilise afin de pousser le gouvernement Benkirane d'arrêter l'organisation de la Coupe d'Afrique ou de prendre des mesures drastiques afin d'éliminer ce macabre danger sanitaire, qui risque de coûter la vie d'innocents citoyens marocains.

Les gains engendrés par cette coupe n'équivalent rien face aux possibles pertes humaines et matérielles que le royaume risque en organisant cette coupe.

On verra, qui entre entre le Maroc et la FIFA, lâchera le morceau en premier... La FIFA croule facilement devant la pression des commanditaires, des télédiffuseurs et des décideurs financiers, tandis que le gouvernement marocain joue la carte de la prudence....

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