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Le Conseil de l'insécurité de l'ONU

28/09/2015 09:57 EDT | Actualisé 28/09/2016 05:12 EDT

Une réforme du Conseil de sécurité de l'ONU est absolument inévitable. Mais qui osera soulever cette demande lors de l'assemblée générale annuelle, à chaque fin septembre?

La gouvernance mondiale ne peut que devenir un mandat des institutions internationales. Le Conseil de sécurité en mène large sur l'échiquier politique et militaire et a la lourde charge de gérer les problèmes du maintien de la paix et de la sécurité internationale. Le nouvel ordre mondial est plus compliqué que l'équation de la Guerre froide post-Seconde Guerre mondiale. Le Conseil de sécurité ne fait preuve ni de représentativité des forces mondiales, ni de l'émergence des nouvelles puissances moyennes. Il ne tient pas compte de la contribution des membres de l'organisation au maintien de la paix ou de la répartition géographique équitable.

Le Conseil de sécurité n'a plus aucune crédibilité aux yeux de l'assemblée générale de l'ONU,qui voit ses positions évaporées et sans aucun poids sur la communauté internationale.

Démocratiser le conseil, la seule option possible

Le Conseil de sécurité est limité à quelques nations qui y siègent en tant que membres permanents du conseil, tandis que les autres s'y joignent temporairement et ne peuvent agir qu'en tant que conseillers, sans réel pouvoir, ni veto.

La grande majorité des États membres de l'ONU n'y est pas représentée, et tous sont tenus d'exécuter les décisions du Conseil. Par ailleurs, nous assistons souvent à une polarisation d'un Conseil qui peine à trouver des consensus, comme dans le cas de la guerre civile syrienne internationalisée.

L'éléphant blanc : le droit de veto

L'utilisation abusive du veto est souvent un sujet de tensions. L'exemple des États-Unis en est le plus illustrant. Washington abuse de ce droit pour protéger ses intérêts au Moyen-Orient et éviter toute punition à l'état d'Israël...

Afin d'opérer un changement graduel, il est nécessaire d'opter pour une suppression graduelle ou une limitation du droit de veto au Conseil. Car c'est par ce biais que les cinq membres permanents font la pluie et le beau temps au sein de l'ONU.

À quoi servirait l'augmentation du nombre des membres au Conseil, si les cinq continuent de bloquer les résolutions? Le Conseil ne sera pas plus représentatif qu'aujourd'hui tant que le droit de veto persistera sous sa forme actuelle, et on ne peut parler décemment de la démocratisation de l'ONU et de son bon fonctionnement.

Urgence d'agir

Le Conseil de sécurité doit s'en tenir au respect absolu des buts et principes de la Charte onusienne. Cela passe par des réformes démocratiques profondes, indépendantes des grandes puissances militaires et à leur pouvoir économique.

Une réforme urgente vise à rétablir le rôle des Nations unies au service du développement. On accorderait aux autres pays (l'Argentine, le Japon, l'Afrique du Sud...), qui n'ont pas de projets hégémoniques (qui ne se consacrent pas au commerce des armes à l'échelle planétaire), les mêmes droits que les puissances concernant l'adoption de décisions.

La question syrienne, comme d'autres dans le passé, a dénudé les pays du veto... Tous sont participants dans la guerre, de manière directe; sans scrupules, ils osent passer des résolutions au nom d'un peuple ou de la dite légitimité internationale.

Il faut que les propositions du groupe des S-5 (Small 5) soient logiques, pragmatiques, et susceptibles de relancer le travail au sein du Conseil, l'affirmer et ainsi asseoir sa légitimité au sein de l'Assemblée générale. Ces mesures ne demandent pas de modification de la Charte des Nations unies.

Il faudra revoir le fonctionnement de l'ONU, comme idéologie et système, actuellement basé sur l'association des États et non des peuples, comme cela devrait être selon l'indication de sa Charte; des États représentés par des gouvernements qui bafouent la volonté de leurs peuples au profit des intérêts d'une élite.

Tant que les structures de l'ONU ne seront pas démocratiques, toute tentative de réforme relèvera de la perpétuation de la loi du plus fort.

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