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La cuite ostentatoire du Parti Québécois

08/04/2014 04:21 EDT | Actualisé 08/06/2014 05:12 EDT

Pourquoi je n'ai point voté pour le Parti québécois?

Les dossiers de l'élection provinciale sont déterminants. Les élections sont des périodes cruciales pour discuter et débattre des enjeux d'un peuple, sauf celle-ci. On a parlé de tout et de rien, et surtout de rien. Bientôt, nous n'appellerons plus une élection comme une campagne, mais plutôt une promotion électorale.

Dans les médias, vous entendrez :

«Vous êtes tannés du gouvernement actuel ? Vous vous sentez trop blanches pour mettre un maillot de pièces ? Votez pour le Parti libéral et courez la chance de gagner 50 heures de bronzage et un passe-droit pour un rendez-vous chez le dermatologue le plus près de chez vous»

Ou:

« Vous êtes satisfaits du gouvernement actuel ? Vous ne voulez pas perdre vos privilèges ? Votez pour le Parti québécois et participez à la tombola nationale afin de gagner une place dans un CHSLD pour vos vieux jours et cumulez vos points fidélités péquistes pour gagner un enterrement gratuit »

Cela demeure une fiction, mais de voir la rudesse des attaques personnelles et les mensonges électoraux, nous risquons de ne plus avoir le goût à la «chose politique».

D'ici là, nous, les électeurs, avions besoin de donner un choc électrique aux politiciens du Parti québécois pour leur signifier notre malaise vagal, suite à leurs déconnexions de la réalité citoyenne et de leur employabilité du politiquement correct... Il était donc nécessaire de voter contre le PQ pour leur montrer que la charte contre la minorité musulmane n'est pas génératrice d'emplois et ne fait pas partie de nos valeurs de Québécois d'Amérique du Nord.

Une perte cuisante, vous dites?

  • Premièrement, la Charte des valeurs péquistes

Septembre 2013, le Parti québécois introduit un projet de loi discriminatoire. L'intention du gouvernement minoritaire n'est point de trouver consensus, comme c'est la tradition au Québec.

La gestion de ce dossier a clairement démontré une instrumentalisation de la laïcité à des fins politiques. Tout est permis pour garder les limousines et le pouvoir.

Parallèlement, les débats entourant la Charte des valeurs n'ont fait que démontrer le malaise identitaire d'une classe populaire et de ces politiciens péquistes face à l'immigration, musulmane en particulier. Si la défunte ADQ a su surfer sur les mêmes dossiers pour rafler les sièges parlementaires au PQ, l'actuel gouvernement sortant a adopté les mêmes stratégies. Ces dernières ont donné à l'islamophobie une poussée sans précédent au sein de la société.

Alors pourquoi congédier des femmes et des hommes travaillant pour le bien national?

Depuis que Drainville a décidé que quelques hijabs discriminent les femmes, je sens le Québec plus féministe que jamais... Souvent, entre amis, nous rigolons en disant que le gouvernement focalise sur sa Charte « catho-laïque », pour rendre la réalité économique et sociale des musulmans mystiques (humour).

Reste que quelqu'un dans l'entourage de l'ex-ministre Drainville se devait de lui expliquer le concept de l'intersectionnalité de ses femmes musulmanes qu'il désire congédier. Il ne doit surement pas être au courant que ces employées vivent dans une situation subissant simultanément plusieurs formes de discrimination dans notre société.

Et la prochaine étape?

« Les immigrants du [Québec] choisissent le Canada comme pays grâce à la charte de droits et libertés et a constitution de 1982 qui garantissent les libertés culturelles et religieuses de chaque citoyen canadien.... »

Sans doute, vous avez entendu des immigrants tenir ce discours et malheureusement, Pauline Marois n'a fait que cristalliser les peurs d'un Québec indépendant.

Je me lèverai, je crierai haut et fort pour défendre les droits acquis qu'ils soient religieux, sociaux ou économiques. Heureusement, je ne serai jamais seul, car le Québec reste encore une terre d'accueil qui abrite des tolérants, des inclusifs, des syndicalistes, des économistes, des associatifs et des médecins qui se lèveront aussi et résisteront aux lois discriminatoires. Ainsi, les citoyens d'ailleurs et d'ici n'auront guère peur de l'indépendance du Québec.

  • Deuxièmement, La souveraineté du Québec. (entre un pays solide ou bananier)

S'il avait été élu, il n'y aurait pas eu de référendum au mandat du Parti québécois, ni dans les prochains mandats, à moins d'un coup d'État péquiste.

Que la première ministre gouverne ou quitte pour laisser la place aux faucons du Parti (PKP, J.F Lisée et autres), les Québécois ne veulent plus de referendum sous la gouvernance péquiste. La province demeure criblée de dettes (bientôt 300 milliards), un chômage handicapant, une croissance économique endémo-épidémique et un cynisme galopant. Pour que le peuple rêve de liberté, il faut l'écouter et le Parti québécois n'écoute que lui-même. Un pays se construit par la base, c'est-à-dire la jeunesse.

La jeunesse veut une équité sociale, une protection des minorités, un projet écologique et un partage des richesses. Ces mêmes jeunes sortent dans les rues pour décrier les privilèges accordés aux multinationales et appellent à plus de soutien aux familles.

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