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La Charte des distractions: 3,2,1... ça tourne

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Avez-vous vu le film documentaire la charte des distractions? Il s'agit d'une union de trois médias indépendants qui a vu le jour et qui a produit ce documentaire grâce au sociofinancement populaire, il critique de manière constructive le projet de Charte. Ignorée jusque-là par les médias de masse, cette production donne la paroles à des acteurs indépendants.

Voici un résumé et un ensemble de citations:

  • Sarra Guerchani, une des réalisatrices, a vécu une dizaine d'années en France.
« C'est un documentaire. Ce n'est pas un reportage. Il ne s'agissait pas de mettre les pour et les contre. Un documentaire n'exige pas une objectivité. Notre but est de prendre la parole »

« Quand j'entends la première ministre Pauline Marois prendre la France comme exemple, je n'en reviens pas. Ils sont en train de réétudier l'impact de leurs mauvaises politiques d'intégration »

  • Melissa Mollen-Dupuis
la militante autochtone fait le parallèle entre la loi 60 et la loi sur les Indiens. « Cette approche a détruit notre identité, notre culture, notre langue. Justement parce qu'on voulait nous faire rentrer dans ce qui était les valeurs de l'époque» Il s'insurge contre que le gouvernement qui divise la population pour des fins électoralistes et aurait aimé que la charte soit : « un projet rassembleur pour intégrer l'ensemble de la société québécoise, notamment par des mesures d'éducation, de compréhension et de dialogue.»

Ianik a rédigé un excellent billet sur les tentacules économiques de la charte et un autre où il dresse la liste des ministères et organismes où elle sera appliquée

  • Bochra Manai, doctorante en études urbaines à l'INRS-Montréal.
Elle s'intéresse au petit-Maghreb et ses caractéristiques. Bochra est une femme influente, militante et respectée au sein de la communauté maghrébine.

Pour elle, le gouvernement doit inclure les immigrants, les autochtones dans la définition du Québec d'aujourd'hui. Elle affirme que le projet de loi de monsieur Drainville « donne l'impression qu'il veut construire un club fermé et non une société ».

  • Ryoa Chung, professeure agrégée de philosophie à l'Université de Montréal.
Elle rejoint la majorité des intervenants de ce documentaire : « L'enjeu de tout ce débat public porte sur un article en particulier qui concerne l'interdiction des signes religieux ostentatoires »,

Ryoa pense que « la charte reconduit la marginalisation et la stigmatisation. Une forme d'ostracisme politique inacceptable à l'endroit de certaines catégories de citoyens québécois, qui pour toutes sortes de raisons sont perçus comme citoyens de seconde classe ».

Elle s'indigne en disant: « qu'il est incroyable que les gens se laissent convaincre que cet article contient l'essence de la conception de la laïcité et de l'égalité des sexes, que l'on doit défendre et promouvoir au sein de la société québécoise ».

Ryoa sait que la confusion règne entre « l'idéologie et la rhétorique fallacieuse ». Et ajoute que ceci pourrait aboutir « à des conséquences qui peuvent être politiquement désastreuses, et moralement, totalement injustifiables ».

  • Maryse Potvin, sociologue.
Elle doute fort que le projet du Parti Québécois incarne réellement la notion de laïcité. « La dichotomie Nous et eux, c'est un des premiers pas vers le racisme. S'en suit une sorte de victimisation de soi qu'on voit s'installer. La personne se sent vraiment menacée par l'autre. Ca commence par des affirmations du genre, ils viennent chez nous et il faut qu'ils s'adaptent, et ça finit par: ils viennent nous imposer leur mode de vie ».
  • Cécile Rousseau, professeure titulaire au département de psychiatrie de l'université McGill.

« Je suis très inquiète car je pense que les relations intercommunautaires sont comme les relations de couples. C'est fragile. Ce n'est pas parce qu'une relation de couple a été bonne qu'elle le sera toujours. Si on dit des mots qu'il ne faut pas dire, si on dépasse certaines limites, c'est très long de se réconcilier. La colère et le rejet suscitent la colère et le rejet. »

À titre indicatif, elle nous rappelle l'histoire européenne :

« Les relations intercommunautaires peuvent dégringoler rapidement. Il n'y a qu'à voir ce qui s'est passé en Allemagne pendant la 2e guerre mondiale. En une décennie, on peut tomber rapidement très bas. »

Tout en marquant que rien ne sert d'enchérir le scénario de l'apocalypse « Il ne faut pas faire les prophètes de malheur et prédire les catastrophes. Mais, il ne faut pas se laisser endormir par le Plus jamais. Le plus jamais ne veut pas dire que ca n'arrivera pas. C'est pour nous rappeler que c'est toujours possible. ».

Pour elle, « la perception du musulman s'est énormément simplifiée. Avant de s'attaquer à quelqu'un, on sursimplifie son image. Il devient quelque chose d'autre qu'un humain. C'est un processus de déshumanisation. On verse dans l'anecdote. La radicalisation n'est pas que musulmane. Il y a aussi les radicaux anti-immigration. La question est comment faire sortir les gens non radicaux de ces dynamiques malsaines ».

  • Khadija Mounib, économiste d'origine marocaine.

Elle a prononcé la phrase phare et percutante de ce documentaire, en affirmant que
« Pour rien au monde je ne souhaite à quelqu'un d'être une femme musulmane aujourd'hui», car elle-même porte le Hijab.

L'Histoire retiendra l'opportunisme de ce parti (PQ) vis-à-vis de son peuple. Les ténors péquistes et leurs stratèges usent d'un dossier sensible pour gouverner sous le trône de Sa Majesté la reine.

Comment peut-on expliquer le mutisme de certains ministres sur ce projet de charte?
Pourquoi Monsieur le ministre Sylvain Gaudreault ne défend pas la liberté individuelle ? A-t-il oublié ses idéaux? Pourquoi ne se lève-t-il pas pour raisonner monsieur Drainville?
Pourtant, il s'est prononcé favorablement concernant le jugement de la Cour suprême à propos du kirpan.

J'aurais préféré que le parti indépendantiste nous mette au monde une constitution québécoise rassembleuse... malheureusement, le peuple devra attendre !!! D'ici là, J'aurais aimé être gouverné par ces enfants...