Vladimir De Thézier

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D'un Premier Printemps érable...

Publication: 06/06/2012 08:44

Antonio Gramsci, un intellectuel et militant italien emprisonné durant le régime fasciste de Mussolini, est surtout connu pour sa théorie de l'«hégémonie culturelle» qui cherche à expliquer pourquoi le Grand Soir de la Révolution tarde toujours à venir.

Gramsci a aussi défini une crise sociale par la célèbre citation: "La crise, c'est quand le vieux se meurt et que le jeune hésite à naître".

Dans le contexte d'un mouvement étudiant contre une hausse injuste des frais de scolarité universitaires qui a muté en une crise sociale sans précédent au Québec (et au Canada), il est fascinant de constater à quel point il est facile de trouver une figure qui incarne parfaitement le vieux:

«Si le mouvement continue, c'est qu'il y a bien d'autres ingrédients que le financement des universités et la contribution des étudiants, pense-t-il. Le manifeste des 200 personnalités pour un moratoire le montre bien: c'est un débat politique qui inclut les redevances sur les ressources naturelles, le Plan Nord, le gaz de schiste, etc. «Le gouvernement ne l'a pas vu venir, comme moi et bien d'autres. Je pensais que ce serait un épisode traditionnel qui se résorberait. De toute évidence, il y a un grand malaise à l'endroit des élus et des institutions, et ça, c'est très inquiétant.»
- Lucien Bouchard, ancien premier ministre du Québec et illustre membre de l'élite québécoise, se confiant à Yves Boisvert de La Presse le 3 mai 2012


Une figure maintenant incontournable s'impose comme l'incarnation du jeune:

Les gens qui veulent et vont peut-être augmenter les frais de scolarité, les gens qui ont décidé d'imposer une taxe santé, les gens qui ont mis sur pied le Plan Nord, les gens qui ont mis à pied les travailleurs et les travailleuses d'Avéos, les gens qui tentent de mettre à pied les travailleurs et les travailleuses de Rio Tinto-Alcan à Alma, les gens qui tentent d'empêcher les travailleurs et les travailleuses de Couche-Tard de se syndiquer, tous ces gens-là sont les mêmes. C'est les mêmes personnes, avec les mêmes intérêts, les mêmes groupes, les mêmes partis politiques, les mêmes instituts économiques. Ces gens-là, c'est une seule élite, une élite gloutonne, une élite vulgaire, une élite corrompue, une élite qui ne voit l'éducation que comme un investissement dans du capital humain, qui ne voit un arbre que comme une feuille de papier et qui ne voit un enfant que comme un futur employé. Ces gens-là ont des intérêts convergents, un projet politique convergent, et c'est contre eux que l'on doit se battre pas seulement contre le gouvernement libéral.

Je peux aujourd'hui vous transmettre le souhait le plus cher des étudiants et étudiantes actuellement en gréve au Québec et c'est que notre grève serve de tremplin à une contestation beaucoup plus large, beaucoup plus profonde et beaucoup plus, oui, radicale de la direction que prend le Québec depuis les dernières années.

- Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante, à l'évènement NOUS? du 7 avril 2012


Pour Michel David, chroniqueur du Devoir, nous sommes peut-être à la fin d'une période et au début d'une nouvelle dans l'histoire du Québec:

Toute société vit périodiquement un conflit, qui frappe les imaginations et devient ensuite une sorte de point de repère. Au fil des décennies, la grève de l'amiante, celle des réalisateurs de Radio-Canada ou encore des travailleurs de la United Aircraft ont marqué le Québec. La grève étudiante pourrait bien devenir un de ces points de repère. Ce qui se voulait au départ une simple mesure de redressement budgétaire a eu l'effet d'un catalyseur des frustrations de ceux qui en ont assez d'entendre les « lucides » associer à l'immobilisme ou au statu quo les valeurs sociales-démocrates héritées de la Révolution tranquille.

Martin Lukacs, journaliste canadien écrivant dans le prestigieux quotidien britannique The Guardian, déclare que ce point de repère est aussi devenu ni plus ni moins:

le symbole du plus puissant défi au néoliberalisme sur le continent.


Le journaliste parisien David Ramasseul se demande, toutefois, si le monde entier est en train d'assister à une ébullition sociale dont le fruit est un mouvement inédit dans l'Histoire:

Le premier grand mouvement socio-écologique est-il en train de naître dans la Belle Province ? Rarement, en tout cas, revendications économiques, sociales et environnementales n'ont paru aussi imbriquées à une telle échelle et sur une telle durée. C'est sans doute l'un des aspects les plus novateurs de ce « printemps érable ».


Que ces observateurs aient tort ou raison, il est primordial que les «printaniers québécois» (comme j'aime les appeler) évitent l'éparpillement chaotique ou, pire encore, l'essoufflement fatal afin de maintenir le momentum.

Ils doivent donc mieux définir leur orientation, leur stratégie et leurs moyens d'action pour canaliser le «ras-le-bol des idées néolibérales» qui anime ce mouvement -- et dont les «concerts des casseroles» en sont la plus belle expression -- vers un acte fondateur.

Pourquoi?

L'historien et sociologue Gérard Bouchard plaide que:

Le Québec a besoin d'accomplir un acte fondateur. [...] Chaque fois qu'une société se trouve en crise, donc commence à s'inquiéter d'elle-même, de ce qu'elle est puis de ce qu'elle va devenir, de ses capacités à faire ce qu'elle devrait faire, elle se tourne vers un acte fondateur qui est toujours un acte vertueux, héroïque, plein de force et de courage, auquel les générations s'abreuvent constamment. C'est ça, la magie d'un acte fondateur. Les Québécois n'ont pas beaucoup d'actes fondateurs. On avait jadis la Révolution tranquille, mais on est en train de défaire aujourd'hui ce monument-là. Un discours a pignon sur rue alléguant que la Révolution tranquille a été un échec, qu'elle a été le fait corporatiste d'une génération égoïste.

[...] un mythe, qui est un artifice absolument incroyable, [...] dégage une énergie extraordinaire dans une société. On l'a vécu avec la Révolution tranquille, une époque bouillonnante où tout le monde parlait de refondation et de renaissance. Les Québécois avaient l'impression que tout était possible, qu'ils pouvaient tout refaire. Ils ont quasiment tout refait.

Les revendications du Premier Printemps érable au Québec ne doivent donc pas se limiter à une simple demande d'annulation de la hausse des frais de scolarité et de la loi spéciale 78, ainsi que des élections hâtives pour mettre fin au régime libéral, mais accoucher d'une véritable «Seconde Révolution tranquille».

Dans mon prochain billet, je tracerai les grandes lignes de ce que pourrait être le projet de société réalisable, nécessaire et urgent de cette révolution québécoise afin de mettre fin à l'hésitation pour que le jeune puisse naître.

 
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Antonio Gramsci, un intellectuel et militant italien emprisonné durant le régime fasciste de Mussolini, est surtout connu pour sa théorie de l'«hégémonie culturelle» qui cherche à expliquer po...
Antonio Gramsci, un intellectuel et militant italien emprisonné durant le régime fasciste de Mussolini, est surtout connu pour sa théorie de l'«hégémonie culturelle» qui cherche à expliquer po...
 
 
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19:49 sur 06/06/2012
Lorsque la moitié du peuple perçoit l'idée qu'ils n'ont pas besoin de travailler car l'autre partie va s'occuper d'eux et lorsque l'autre moitié comprend que ça ne vaut pas la peine de travailler car quelqu'un d'autre récoltera ce qu'ils méritent par leur efforts, cela est le début de la fin de toute une nation.

c'est la que les carrés rouge veulent nous amener
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Franois Ricard
François Ricard
07:25 sur 07/06/2012
Lorsque le 1% du peuple perçoit l'idée qu'il n'a pas besoin de travailler car le 99% restant va s'occuper de ça et lorsque le 99% restant comprend ça, c'est le début de la fin des oligarques et l'avènement d'un temps nouveau. Et selon l'histoire, ce sont les jeunes qui ont l'intelligence et l'audace de changer leur monde pour l'améliorer.
Je porte fièrement le carré rouge.
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Reflexion01
Reflexion 101
16:03 sur 06/06/2012
S.V.P. un peu de vérité ne nuirait pas à la hausse juste des frais de scolarité après 22 ans de gel et alors que les contribuables payent déjà près de 90% de la note totale.

La rectitude intellectuelle se perd malheureusement au Québec, et c'est dommage.
02:07 sur 08/06/2012
Vous mentez en parlant de vérité ! C'est archifaux de dire qu'il y a eu gel pendant 22 ans, les frais de scolarité universitaire ont été augmenté plusieurs fois depuis ce temps. Informez vous donc au lieu de propager des mensonges !
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senequevoltaire
13:22 sur 06/06/2012
Votre texte, cher monsieur, est de nature à nourrir sérieusement notre réflexion vers cette refondation révolutionnaire. Merci
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Pedro Individuo
11:00 sur 06/06/2012
"Dans le contexte d'un mouvement étudiant contre une hausse injuste des frais de scolarité universitaires"

qu'est-ce qui est plus injuste : payer plus pour un service qui n'a proportionnellement aps augmenté de prix depuis 45 ans ou extorquer de l'argent aux gens pour que ce service continue?
16:05 sur 06/06/2012
La question posée ici s'inscrit tout à fait dans ce que les philosophes nomment à juste titre : "un sophiste du faux dilemme".
07:22 sur 06/06/2012
Il est fascinant de faire référence au 'printemps érable', quand on connait les enjeux du printemps arabe. Définir un projet novateur commence par puiser dans une imagination originale.

Puis, de passer à Gramsci pour aller directement à la hausse des frais de scolarité, comme si cela représentait une vertu et un acquis morale, c'est un haut saut. Vous trébuchez. Et ce qui va faire encore plus mal, c'est ce qui va suivre...vos "grandes lignes" pour tisser un nouveau projet de société.

Quand vous le ferez, pourriez-vous prendre la peine d'inclure la majorité qui rejette l'indépendance du Québec et qui voient dans la lutte pour renforcer le Canada un meilleur avenir pour le Québec?

Ou ferez-vous comme la minorité d'étudiants en boycott et "tracer les lignes" de ce que la majorité devrait faire?
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Franois Ricard
François Ricard
07:32 sur 07/06/2012
Pourquoi continuer à financer deux Conseils du trésor, deux Parlements, deux ministères de la Santé, deux ministères des Finances, deux ministères du Revenu, deux ministères de l’Immigration, deux ministères de l’Environnement, deux ministères des Transports, deux ministères du Travail, deux ministères des Ressources humaines, et nombre d’autres agences? D’autant plus que très souvent, ces ministères et agences tirent dans des directions opposées. Force est de conclure que nous avons un gouvernement de trop. Le nôtre ou celui du Canada.
À moins que vous teniez mordicus aux avantages du fédéralisme canadien:
---notre minorisation accrue au sein du Canada
---l'occasion de guerroyer partout dans le monde
---un multiculturalisme qui va concrétiser notre insignifiance
---des sables bitumineux qui dopent notre économie
08:52 sur 07/06/2012
M. Ricard,

Ce sera peut-être une nouvelle pour vous, mais il n'y a pas que des francophones blancs au Québec. Même les Patriotes avaient dans leur rang des Irlandais et d'autres nationalités.

Le 'Nous' nombrilisme de reflète pas la diversité du Québec.

Ce que je dis, c'est que le 'Nous'-à-la-Marois-Parizeau-n'égale pas le Québec. Il y a plus.

Et c'est ce que le Canada offre - plus.
03:53 sur 06/06/2012
Ok, vous avez mon attention ... Je suis d'accord, ça nous prends un projet commun unificateur. La contestation peut aussi engendrer un processus constructif. Pouvez vous me proposer quelque chose à la fois créatif, réaliste et inspirant sans dériver vers une réthorique souverainiste désuète s'il vous plaît ?
07:45 sur 06/06/2012
Je crois que vous demandez l'impossible.
13:26 sur 06/06/2012
Oui, c'était un peu ça l'idée ! Lol
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jfjoubert
Le pire n'est pas toujours certain.
08:30 sur 06/06/2012
Dériver? Écoutes, si quelqu'un est maladivement gros, il aura besoin de perdre du poids pour survivre. Si quelqu'un a un problème d'alcool, il aura besoin d'arrêter de boire pour apprécier la vie. C'est difficile de donner 85% de notre pouvoir politique hors du Québec et ensuite dire qu'il faut se prendre en main et trouver des solutions "en nous même."
Les solutions il y en a toujours, mais notre capacité à changer est bloquée parce que nous n'avons pas de contrôle sur nous-mêmes. 85% du vote de 50% (mettons) de nos lois sont hors Québec.
Il y a pas de solutions "régime minceur facile" ou "bière sans alcool" ou de lire "le secret"... il est temps de choisir nos solutions et ensuite prendre les moyens de les réaliser à 100%
14:06 sur 06/06/2012
Je trouve votre point de vue intéressant cependant, j'espère que vous me permettrez d'expliquer ce que je voulais dire. J'utilise ici le terme dérive pour parler de cette habitude qui s'est développé chez les souverainistes convaincu, de ne voir que la séparation comme objectif possible dans l'horizon Québécois. C'est un beau de projet de société que d'obtenir son indépendance et je vous admets que j'y ai cru jusqu'au bout lors du référendum avec Parizeau. Cependant, force est de constater que la souveraineté ne parvient pas à obtenir suffisamment d'appui au sein de la population pour devenir réalisable dans le contexte actuel.
Je suis étudiant en Sciences Politique à l'Uqam, je travaille au coin St-Denis, Ontario et j'ai participé à plusieurs manifs. Je suis donc dans l'oeil de l'ouragan si on peut dire, j'ai un regard de l'intérieur sur cette crise qui secoue le Québec actuellement. Je peux vous confirmer que chez les étudiants en colère et ceux qui les appuient dans la rue et sur internet, il y a bien peu d'attention portée à la cause souverainiste. Je ne sais si c'est parce qu'on n'y croit plus, mais l'indépendance ne fait pas partie de leurs, de nos, de mes préoccupations immédiates.
14:07 sur 06/06/2012
Je ne sait pas d'où vous sortez votre 85 % mais ça ne change rien même si ça me semble exagéré. Ce chiffre et le raisonnement que vous avez exposé font en fait partie de cette réthorique souverainiste que j'ai entendu un million de fois et qui m'ennui au plus haut point. L'indépendance pour des raisons comptables m'indiffère profondément, je m'intéresse plutôt au projet de pays qui se dessine derrière.
Le projet Canadien de Stephen Harper me dégoutte mais le projet d'État Québécois de Pauline Marois me déprime. J'aime l'idée d'un autre Québec avancée par Amir Kadhir, mais j'aimais bien le Canada projetté par Jack Layton lors des dernières élections. Vous pouvez y voir une contradiction mais pour moi, peu importe le nom du pays, je veux qu'il aie un forte tendance vers gauche.
Je demandais donc simplement à M. De Thézier de ne pas me ressortir la même histoire de blablabla, on se sépare, ça va marcher cette fois-ci pis ça va tout régler comme un coup de baguette magique. Je l'ai entendu un million de fois celle-là, c'est comme le père Noël, je n'y crois plus. Proposez moi un projet de société crédible, passionnant, convaincant, sinon laissez ma révolution étudiante tranquille. N'essayez pas de récupérer notre rage sincère et profonde pour faire avancer votre agenda, de toute façon, ça ne fonctionnera pas.
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musael
Ad majorem consciencia
23:09 sur 05/06/2012
M. De Thézier, vous avez su magnifiquement circonscrire toute la dynamique de ce ras-le-bol de même que les enjeux qui se profile à l'horizon. La seule ombre au tableau actuellement c'est l'absence du "politique". J'ai peur que cet absence ne mène à un effritement et un essouflement des forces en action. Mais nous savons dores et déjà que le mouvement ne s'arrêtera pas là. Il nous importe à chacun de nous, démocrates, humanistes, progressistes d'attiser la flamme et de la maintenir vivante le temps qu'une véritable fronde s'organise.
07:51 sur 06/06/2012
Et Oui. OCCUPY Montreal était un gros ''FAIL'' alors les frustrés reprennent leurs cause sur le dos des étudiants. Et ci cela ne marche pas, ils cibleront la prochaine manif, le prochain congrès économique et ça continue.
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musael
Ad majorem consciencia
12:01 sur 06/06/2012
Parlant de frustré, vous ne cédez pas votre place on dirait. Pour le reste, Rome ne s'est pas construit en un jour; les changements sociaux mettent parfois du temps mais une fois lancés ils sont irrémédiables. Le siècle des lumières a mis pas loin de cent ans pour transformer les esprits et accoucher de la révolution française. Mais rassurez-vous avec l'accélération de l'histoire, cette fois-ci ça ne prendra pas cent ans.
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Reflexion01
Reflexion 101
16:10 sur 06/06/2012
Il faut voir Québec Solidaire en arrière dans son rôle de perturbateur National à la solde de l'Étranger.
Aujourd'hui les Pays se font la guerre économique par l'entremise de Députés à la solde d'Intérêts anti-Canadien et anti-Québécois.
Beaucoup sont jaloux de notre niveau social.
C'est ainsi que les grandes Centrales Syndicales sont plus intéressées aux mots d'ordres de l'Étranger qu'à regarder ce qui est bien pour l'ensemble de la population.
09:00 sur 06/06/2012
Je suis d'accord avec vous. Il y a un raz-le-bol généralisé mais aucun parti politique n'a été capable d'articuler autour de cette grogne un projet inspirant, réaliste et unificateur
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Franois Ricard
François Ricard
07:45 sur 07/06/2012
Avez-vous pris connaissance du programme de l'ON?
www.optionnationale.org