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Un «Lab-école» aux relents doux-amers

01/04/2017 08:18 EDT | Actualisé 01/04/2017 08:18 EDT

Un «Lab-école». On voudrait tellement aimer l'idée! Après des années à ne subir que les foudres des compressions, on voudrait tellement se réjouir d'apprendre que des gens de la société civile, des vedettes de surcroît, vont user de leur tribune pour dire l'importance qu'on ait de belles écoles, qu'on fasse bouger nos enfants et qu'on les nourrisse adéquatement!

Mais on lit «Lab-école», et on a un immense pincement au cœur. D'abord parce que dans l'idée de «laboratoire», il y a l'évocation d'un prototype: imaginons la première parfaite magnifique école, celle qui sera érigée suite à toutes ces réflexions, et qui côtoiera les bunkers d'inspiration soviétique qui tiennent actuellement lieu d'écoles secondaires. Va-t-on aussi accorder temps, amour, attention et argent à ces monstres de béton dans lesquels on impose à nos enfants de vivre ou va-t-on se contenter d'ériger un ou deux châteaux scolaires pour épater la galerie? Pas plus tard que la semaine dernière, le ministre de l'Éducation annonçait la reconstruction de trois écoles à la CSDM... selon des normes complètement désuètes héritées d'une époque où tous les enfants revenaient manger à la maison le midi. Donc pas de cafétérias! Trois locaux de service de garde pour 300 élèves! Résultat: des enfants qui, dans leur école flambant neuve, continueront de passer la journée entière dans leur salle de classe. Et des salles de classe qui continueront à sentir le sandwich aux œufs et le pâté chinois au retour de la récréation.

Un pincement au cœur aussi, parce que des rêves, des idées et des projets, ça n'est tellement pas ce qui fait défaut dans nos écoles!

Un pincement au cœur aussi, parce que des rêves, des idées et des projets, ça n'est tellement pas ce qui fait défaut dans nos écoles! Les enseignants et enseignantes, les directions d'établissement, les parents en ont plein la tête! Mais depuis quatre ans, on les étrangle, de compression en compression, ils en sont arrivés à pratiquer l'autocensure du projet et l'atrophie du rêve. La moindre des choses, si des jours meilleurs doivent se pointer à l'horizon, serait de s'assurer que ceux qui ont dû faire des miracles avec des miettes soient les premiers à participer à la reconstruction de ce qui a été brisé et, s'il reste des sous une fois les pots recollés, à l'édification d'un monde meilleur.

Comme commissaire à la CSDM, j'ai vu ces dernières années des enfants perdre l'aide alimentaire, des parents nous supplier de réparer les fenêtres des salles de classe qui ne s'ouvrent plus depuis 15 ans, des enseignants acheter eux-mêmes le matériel pour décorer, meubler, colorer leur local. Donc oui à Ricardo, mais s'il est conscient que des enfants ont faim dans nos écoles. Oui à M. Lavoie, mais s'il sait que les plafonds des gymnases pleuvent sur la tête des élèves. Oui à M. Thibault, mais s'il est au courant que des enfants sont actuellement scolarisés dans des locaux sans fenêtres.

Oui à un avenir radieux, si on nous promet aussi un présent décent.

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