Vincent Geloso

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Je vous le redemande: de quelle crise du français parlez-vous?

Publication: 24/10/2012 11:21

En mai 2012, je publiais avec l'Idée Fédérale une étude illustrant les progrès du français au Québec depuis le début des années 1990. Somme toute, je dressais un portrait plutôt optimiste de l'avenir du français.

Dans cette étude et en collaboration avec l'économiste Martin Coiteux (voir ici sur le Huffington Post), j'ai démontré que la connaissance du français chez les allophones et les anglophones augmentait alors que celle de l'anglais stagnait chez les allophones. J'illustrais aussi l'augmentation des transferts linguistiques vers le français comme langue d'usage pour les allophones et le déclin relatif de l'anglais depuis les années 1990. À tout cela j'ajoutais que les allophones allaient de plus en plus au CÉGEP en français. Ajoutons que chez les allophones qui avaient été au secondaire en français, une proportion encore plus importante allait au CÉGEP en français. Depuis, j'ai aussi affirmé que le français comme langue de travail au centre-ville de Montréal pour les anglophones avait aussi progressé depuis les dernières années même si les francophones au centre-ville utilisaient davantage l'anglais.

Mon argument était simple et se basait sur la littérature économique : les progrès de la langue française trouvent leur fondement dans l'attrait économique du français au Québec. Le seul hic que je trouvais avec mon étude, c'est que les derniers chiffres disponibles dataient du recensement de 2006. Au moment de la publication de l'étude, je me suis demandé s'il n'aurait pas mieux fait d'attendre les nouveaux chiffres de Statistiques Canada pour le recensement - surtout qu'ils devaient sortir le 24 octobre 2012. Toutefois, j'ai décidé de publier tout de même et si les nouveaux chiffres me contredisaient, j'admettrais mon tort en bonne et due forme. En fait, j'ai même offert à plusieurs des individus qui affirmaient que la langue française au Québec était sur une pente descendante de parier sur les résultats du recensement de 2011.

Malheureusement pour moi je n'ai eu aucun prenant puisque les résultats du recensement démontrent encore une fois des gains appréciables sur pour la langue française.

Ceux qui parlent d'une crise en observant la diminution de la population de langue maternelle de langue française oublient de considérer que le déclin qu'ils observent s'explique simplement par le fait que la population d'immigrants allophones augmente plus rapidement que celle des francophones. Lorsqu'une famille de Bogotá arrive au Québec, on ne peut pas sensiblement leur demander de renoncer à l'espagnol, mais on peut leur demander d'apprendre le français s'ils veulent s'intégrer à la société québécoise. Par conséquent, il faut regarder la connaissance des langues officielles chez ces derniers pour avoir un portrait de la vitalité du français.

Selon les données du recensement de 2011, 24,1% des familles ayant une langue maternelle autre que les deux langues officielles ont déclarées utiliser le français « le plus souvent » à la maison comparativement à 22,9% en 2006 et 20,4% en 2001. En additionnant ceux qui utilisent « régulièrement » le français à la maison, on passe de 34,7% à 40%. Et ce n'est pas tout, l'utilisation de l'anglais (tant « le plus souvent » que « régulièrement ») parmi ces familles est tombé de 34% en 2001 à 29,9% en 2011. Les langues « autres » ont aussi diminué au cours de la période. Ce qui est intéressant, c'est que dans plusieurs régions du Canada, incluant le Québec, l'utilisation unique de l'anglais diminue. Certains croisements de données de Statistiques Canada ne sont pas encore disponibles, mais somme le portrait est clair : la connaissance du français progresse depuis 2001.

Ce progrès s'explique par l'attrait puissant du français. En regardant la « rétention des langues maternelles » selon les choix linguistiques des ménages, on peut d'ailleurs voir cette puissante attraction. Les taux de rétention pour l'anglais et des langues non officielles sont de 13,5% et 36% inférieur au taux de rétention du français. Ceci signifie qu'il y a des transferts linguistiques importants qui s'effectuent vers le français comme langue d'usage. Dans le long terme, la situation du français ne peut que s'améliorer!

Je réitère ce que j'ai dis en mai dernier avec mon étude de l'Idée Fédérale: de quelle crise du français parlez-vous? En fait, est-ce que quelqu'un veut parier avec moi pour le recensement de 2016?

Recensement sur la langue au pays: les points saillants

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  • Les faits saillants du recensement 2011

    . (AFP/Getty Images)

  • 33,476,688 habitants

    En mai 2011, le Canada comptait 33 476 688 habitants, près du double par rapport à 1961 et 10 fois plus qu'en 1861. (Alamy)

  • La croissance s'accélère

    La population canadienne a crû de 5,9 % entre 2006 et 2011, davantage que les 5,4 % enregistrés au cours des cinq années précédentes. (<a href="http://www.flickr.com/photos/jtbradford/" target="_hplink">Flickr: jtbradford</a>)

  • La ruée vers l'Ouest

    Pour la première fois, davantage de Canadiens (30,7 %) vivent à l'ouest de l'Ontario qu'au Québec et en Atlantique réunis (30,6 %). (Flickr: <a href="http://www.flickr.com/photos/derekgavey/" target="_hplink">derekGavey</a>)

  • Premier de classe

    La croissance de la population canadienne entre 2006 et 2011 est la plus forte des pays du G20. (<a href="http://www.flickr.com/photos/33498942@N04/" target="_hplink">Flickr: WarmSleepy</a>)

  • L'exception à la règle

    Toutes les provinces et tous les territoires - sauf les Territoires du Nord-Ouest avec deux habitants de moins - ont enregistré une croissance de leur population. (AP)

  • L'Ontario s'essouffle

    Le taux de croissance a fléchi à 5,7 % en Ontario, le plus bas dans la province depuis le débutd es années 80. (Alamy)

  • La Saskatchewan sort du rouge

    La croissance de la population en Saskatchewan atteint 6,7 %, contre une décroissance de 1,1 % entre 2001 et 2006, notamment grâce à l'accueil de 28 000 immigrants au cours des cinq derniers dernières années. (<a href="http://www.flickr.com/photos/justaprairieboy/" target="_hplink">Flickr: Just a Prairie Boy</a>)

  • Le Yukon et le Manitoba décollent

    Le taux de croissance au Yukon (11,6 %) et au Manitoba (5,2 %) a doublé depuis 2006. (<a href="http://www.flickr.com/photos/us_mission_canada/" target="_hplink">Flickr: US Mission Canada</a>)

  • L'Atlantique grandit aussi

    Le taux de croissance à l'ïle-du-Prince-Édouard (3,2 %), au Nouveau-Brunswick (2,9 %) et à Terre-Neuve-et-Labrador (1,8 %) a augmenté substantiellement entre 2006 et 2011. (<a href="http://www.flickr.com/photos/jw1697/" target="_hplink">Flickr JaimeW</a>)

  • Les villes dominent...

    Près de 7 Canadiens sur 10 vivaient dans l'un des 33 centres urbains en 2011. (<a href="http://www.flickr.com/photos/markwoodbury" target="_hplink">Flickr mark.woodbury</a>)

  • ...mais pas en Ontario...

    La croissance de la population qui vivait dans les grandes villes de l'Ontario a ralenti de 2006 à 2011. (<a href="http://www.flickr.com/photos/husseinabdallah/" target="_hplink">Flickr abdallahh</a>)

  • ...mais tout le monde est parti en Alberta?!?

    Sur les 15 communautés urbaines du pays ayant enregistré les plus fortes croissances, 10 sont situées en Alberta. (AFP/Getty Images)


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  • Montréal: 3 824 221

    Population: 3 824 221 habitants Taux de croissance: 5,2 % photo: Alamy

  • Québec: 765 706

    Population: 765 706 habitants Taux de croissance: 6,5 % photo: Alamy

  • Toronto: 5 583 064

    Population: 5 583 064 habitants Taux de croissance: 9,2 % photo: Flickr: MShehan

  • Ottawa-Gatineau: 1 236 324

    Population: 1 236 324 habitants Taux de croissance: 9,1 % photo: Alamy

  • Halifax: 390 328

    Population: 1 236 324 habitants Taux de croissance: 9,1 % 4,7 % photo: THE CANADIAN PRESS/Andrew Vaughan

  • Hamilton: 721 053

    Population: 721 053 habitants Taux de croissance: 4,1 % photo: Eye Ubiquitous / Rex Features

  • Calgary: 1,214,839

    Population: 1,214,839 habitants Taux de croissance: 12,6 % photo: Alamy

  • Edmonton: 1 159 869

    Population: 1 159 869 habitants Taux de croissance: 12,1 % photo: Alamy

  • Vancouver: 2 313 328

    Population: 2 313 328 habitants Taux de croissance: 9,3 % photo: Alamy

  • Winnipeg: 730 018

    Population: 730 018 habitants Taux de croissance: 5,1 % photo: Alamy


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  • Montréal

    <strong>Population en 2011: </strong>3 824 221 habitants <strong>Population en 2006: </strong>3 635 556 habitants <strong>Taux de croissance: </strong>5,2 %

  • Ottawa - Gatineau

    <strong>Population en 2011:</strong> 1 236 324 habitants <strong>Population en 2006:</strong> 1 133 633 habitants <strong>Taux de croissance:</strong> 9,1 %

  • Sherbrooke

    <strong>Population en 2011: </strong>201 890 habitants <strong>Population en 2006: </strong>191 410 habitants <strong>Taux de croissance: </strong>5,5 %

  • Trois-Rivières

    <strong>Population en 2011: </strong>151 773 habitants <strong>Population en 2006: </strong>144 713 habitants <strong>Taux de croissance: </strong>4,9 %

  • Saguenay

    <strong>Population en 2011: </strong>157 790 habitants <strong>Population en 2006: </strong>156 305 habitants <strong>Taux de croissance: </strong>1 %

  • Québec

    <strong>Population en 2011: </strong>765 706 habitants <strong>Population en 2006:</strong> 719 153 habitants <strong>Taux de croissance: </strong>6,5 %

 
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