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J'ai 50 ans, et je vous emmerde

20/04/2017 08:59 EDT | Actualisé 20/04/2017 08:59 EDT

Ça fait un bout de temps que j'y pense.

J'y pense quand je me balade chez ZARA, Topshop ou dans les boutiques de chaussures super cool à la recherche de la semelle idéale.

Et pas pour mes enfants, hein, pour moi. Essayez de vous rappeler la dernière fois où vous avez vu une publicité à la télé ou dans la rue avec une femme de plus de 50 ans. Une histoire de problème de vessie, peut-être, ou la délicieuse Helen Mirren vous encourageant à devenir un sex-symbol...

Et si ce n'était pas pour des protections antifuites ou pour vous dire que vous pouviez être aussi désirable que la belle Helen aux 71 printemps bien tassés, c'était sans doute pour le pantalon qui galbe la taille, une assurance vie ou un monte-personne automatique. Quand vous avez 50 ans! Que vous êtes une femme active qui porte des baskets, un jean moulant et qui travaille 14 heures par jour. Celle qui a un prêt à rembourser et un faible pour les gins hors de prix.

Les quinquagénaires ont le pouvoir d'achat le plus élevé du Royaume-Uni. Ils contribuent à hauteur de 300 milliards de livres sterling à l'économie britannique, et possèdent 80% ses richesses.

En plus, c'est un groupe démographique en pleine expansion.

Mais non, les médias ignorent superbement la femme de plus de 50 ans. Et si elle apparaît sur un écran ou dans une publicité, c'est enfermée dans un rôle, genre «la mère de machin».

Ce que le milieu professionnel dans lequel j'évolue a oublié, c'est que les femmes de 50 ans pourraient leur foutre la raclée.

Dans les années 1980, j'ai manifesté contre le racisme et les fachos. Dans les années 1990, j'avais un chandail à capuche et un sifflet. Alors quand je m'entends dire qu'il me faut des vacances au club des retraités, des chaussures confortables ou des sous-vêtements grands modèles, j'ai envie de hurler.

Je me souviens du jour où j'ai eu 50 ans. Du jour au lendemain, les publicités sur Facebook ne suggéraient plus que des contrats obsèques, du dentifrice pour dents blanches et des couches confiance. Merci du cadeau, Mark Zuckerberg.

Nous sommes élégantes et intelligentes, et quand on adopte un ton plein de condescendance pour s'adresser à nous, on le prend plutôt mal.

Désolée, mais le marketing pour les 50 et plus ne doit pas être plan-plan. Nous sommes pour la plupart des femmes pimpantes, dynamiques et belles, qui en ont vu des vertes et des pas mûres. Nous sommes élégantes et intelligentes, et quand on adopte un ton plein de condescendance pour s'adresser à nous, on le prend plutôt mal.

Et je ne dis pas ça parce que j'habite les quartiers branchés d'East London. Ma sœur jumelle vit encore dans notre ville natale, à Leicester. Nous sommes on ne peut plus différentes. Elle est prof, intelligente, futée et solvable.

Les marques sont obsédées par les jeunes générations, mais ce sont les enfants du baby-boom, les 50 ans et plus, qui détiennent l'argent. Ils sont souvent propriétaires, ont fini de rembourser leur crédit, alors que les plus jeunes n'auront sans doute jamais l'occasion d'acheter leur logement, et continueront à se ruiner avec des loyers exorbitants, payés avec des salaires au ras des pâquerettes.

Nous avons l'argent et nous sommes prêtes à le dépenser, mais si les publicitaires continuent à nous dénigrer, nous irons voir ailleurs. Nous voulons être à la mode, mais dans des coupes faites pour nos corps de quinquagénaires. Et si on n'a pas envie d'avoir l'air d'une vieille chouette, on ne veut pas non plus porter des tenues de vieilles chouettes. Ça fait 50 ans qu'on s'habille, quand même!

Nos besoins ne sont pas pris en compte: les jupes sont toujours trop courtes, les vêtements trop étroits, les talons pas suffisamment stylés. Ce sont des millions que les commerces laissent filer dans la nature.

Inutile de nous parler comme si on était sénile, comme si on allait se pisser dessus chaque fois qu'on nous raconte une blague. J'ai plus de 50 ans, et de l'argent à dépenser. Je veux qu'on s'intéresse à ma personnalité plutôt qu'à mon âge.

Je conseille donc à tous les annonceurs de crèmes contre les hémorroïdes de se les mettre là où je pense.

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Ce blog, publié à l'origine sur le Huffington Post britannique, a été traduit par Anne-Laure Martin pour Fast for Word.

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