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Adieu Marcel, nous ne dinerons pas ensemble demain

26/05/2014 04:30 EDT | Actualisé 26/07/2014 05:12 EDT

Un coup de fil mercredi dernier à Marcel.

- « Allô, ah oui, ton coup de fil ! Attends Véronique, j'ai un appel du Mexique! Tu pars quand à New York ? Va à tel musée du design! As-tu pensé à notre prochaine activité sur Montréal? Et mon point de vue pour le SLR, tu penses quoi? C'était fantastique ces idées hier à la SAT pour la Biosphère ! Ah, c'est le coup de fil du Mexique, des affaires. Je te rappelle dans 2 minutes. »

Quelques minutes au téléphone avec Marcel, un flot d'idées, d'intérêts et de curiosité. Tous ceux qui l'ont côtoyé, connaissent certainement sa parole décidée, fougueuse, porteuse d'une constante réflexion. Nous devions diner ensemble demain, mardi. Généreux de son savoir et de ses expériences, nous avions des rêves et ambitions à faire atterrir. Comme pour tous, c'est un choc ton départ soudain.

Je me souviens de notre première « vraie » rencontre. Vraie, car à plusieurs reprises, j'avais eu l'occasion de t'entendre en conférences, de discuter en groupe, de lire tes écrits. Je te connaissais comme on connaît une figure phare. L'an passé, dans ton grand appartement, immaculé, au cœur de notre ville, tu me conviais à nous retrousser les manches pour Montréal. Tu venais tout juste d'ouvrir d'un grand discours la consultation sur le Plan de développement de Montréal. Tu y mettais tes tripes et ton cœur. De ces rencontres, nous avons échangé, écrit - et récrit ! - débattu à chaud, et souvent avec passion, d'un texte fondateur pour cette idée de gouverner Montréal autrement et avec intelligence.

De cette coalition, c'était l'idée que les choses peuvent se faire autrement, différemment, mieux. Que la politique municipale n'est pas l'arrière-cour de décisions prises ailleurs. Tu avais le sens du service public. Tout au long de ce parcours, tu t'es entouré de gens de toutes les générations. Autour de la table, c'étaient les idées et les ambitions qui comptaient, jamais l'âge ni le milieu. C'était la fougue à convaincre dans quelle direction se lancer, et tu n'y laissais pas ta place!

Il y a quelques jours, sur la terrasse de la SAT avec un verre de blanc, nous finissions la soirée en discutant d'idées pour retenir les familles à Montréal. Déjà la première rasade terminée, tu projetais une rencontre sur les transports actifs et, au passage, n'hésitant pas à faire rire la tablée sur les côtes les plus faciles à pédaler en Bixi à Montréal. Puis, tu t'es levé en vitesse, quelques salutations rapides prononcées au même rythme des projections numériques sur la ville en arrière-plan, un spectacle t'attendait ailleurs je crois. « Appelle-moi demain, Véronique », tu me dis.

Aujourd'hui, c'est avec tristesse que j'annule notre réservation Marcel. On avait - tu avais - encore tellement d'ambitions pour Montréal.

Merci et adieu Marcel.

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