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Muffin de Noël

14/12/2014 11:27 EST | Actualisé 13/02/2015 05:12 EST

Les Fêtes approchent et l'esprit de Noël se fait une place au chaud dans le coeur et dans la tête des gens. Les hommes se mettent beaux. Les femmes veulent être les plus belles.

Car qui dit temps des Fêtes dit magasinage de petite robe festive !

Parce qu'à Noël on se transforme en paquet cadeau. L'extravagance devient drabe, il faut briller! On pige et virevolte dans les multitudes de robes et tuniques aux paillettes étincelantes qu'on agrémente d'accessoires encore plus flamboyants.

On a toutes une image de nous au party de bureau.

On s'imagine entrer dans la pièce et faire tourner les têtes. Parce qu'on rayonne, on est à notre meilleur. On a même les ongles manucurés.

On rit où il faut et on dit les bons mots. On boit un verre de Champagne de façon tellement élégante que même Audrey Hepburn serait verte de jalousie en nous voyant.

On a toutes une image de nous.

Mais pour certaines, cette image se fait littéralement piétiner. Je dirais même ASSASSINER par le magasinage de la petite robe festive...

Et c'est de ça dont je veux vous parler : la p'tite robe de Noël post-partum

(Ok oui, le post-partum s'étire jusqu'à quand on veut pour qu'on puisse tout lui mettre sur le dos.)

Voici le topo.

Étape 1 - La magie de Naëëël !

Avec une idée à la fois très précise et extrêmement vague de ce que je veux, je foule les planchers du centre d'achats bondé. Je suis prête. Je trouverai ce que je veux. Les 4,2 livres perdues depuis l'an passé feront toute la différence.

J'ai même été porter mon manteau au vestiaire pour éviter la moustache de sueur de Noël.

Je commence ma tournée des boutiques. Cette année l'organza a laissé la place aux sequins dorés. La dentelle elle, a toujours la cote, mais dans des formes un peu plus « sous-vêtementesques ». Je fais une présélection puis passe à l'essayage.

L'effet n'est pas ce que j'avais en tête. Mon muffin de restant de bébé se donne un air important. J'ai l'air d'une boule disco.

Ce n'est pas grave, j'irai ailleurs.

Je poursuis ma promenade. Michael Bublé m'accompagne en chanson.

C'est tellement bucolique.

Étape 2 -- La grande désillusion.

Après avoir visité mes boutiques préférées en vain, je ressens une pointe de découragement parfumé d'une mini-envie de pleurer. Qu'est-ce que c'est que cette mode de robes trop ajustées et de qualité douteuse. Comment ça se fait que personne n'a inventé quelque chose de beau et qui me fait ?

J'ai, comme à mon habitude la pensée que moi je pourrais devenir designer de vêtements et faire mieux.

Les essayages s'accumulent et au fil des « merde, j'suis coincée dans la robe » et des « j'ai l'air d'un gros bonhomme de neige », la magie de Naël fait place au classique et redondant « OK là j'suis à boute. Je mettrai des pantalons ».

Mes pieds commencent sérieusement à être en maudit après moi et Michael Bublé m'enfonce ses chansons de force dans les tympans.

Étape 3 -- La résignation.

L'image mentale que je me suis faite a beaucoup changé depuis le début. Audrey Hepburn s'est transformée en La maman de Honey BooBoo et le somptueux ensemble des Fêtes s'est changé en tenue pratique, mais confortable. Tant pis.

Mais j'ai la tête dure et décide de laisser une dernière chance aux robes qui brillent avant d'abandonner définitivement l'idée. Il ne reste qu'à refaire les mêmes boutiques et essayer celles qui n'ont pas capté mon attention la première fois. Rendue là je commence même à reluquer les boutiques de vieilles madames.

Échevelée, plus du tout maquillée et complètement épuisée, je passe chez Simons avec l'esprit étrangement ouvert. Ce que j'ai trouvé moche la première fois me semble maintenant plein d'un heureux potentiel.

Je prends tout. J'ai les bras pleins de strass et la tête remplie d'une nouvelle détermination.

La fille à la cabine me regarde essayer de compter les morceaux tout mêlés dans leurs supports avec ces satanés p'tits rubans insignifiants cousus aux épaules.

Essayage intensif. Je me sens dans un marathon vestimentaire. Un triathlon de juponnages bas-marchés et de coupes peu flatteuses. Je les essaie l'une après l'autre. Mets en pratique ma nouvelle technique de « dépognage » quand je reste coincée. Essaie d'imaginer ce que serait ma vie sans ce maudit élastique de bobettes qui m'ajoute un p'tit bourrelet-con-vraiment-pas-nécessaire...

Puis le moment de grâce.

Celle-là me fait ! À moi ! Et elle n'est pas trop mal !

Suis-je vraiment satisfaite de mon achat ou suis-je seulement vraiment soulagée d'en avoir fini?

Je ne sais pas. Mais l'important c'est qu'au moins, la maman de Honey BooBoo sera vêtue aux fêtes et boira son verre de Forêt-Noire à la façon d'Audrey Hepburn. Michael Bublé s'égosillant de ses cantiques en arrière-plan.

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