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Aujourd'hui, mon court-métrage d'animation a été sélectionné aux Oscars

15/01/2015 01:19 EST | Actualisé 17/03/2015 05:12 EDT

Il y a environ un an, mon équipe de production et moi nous efforcions de terminer mon court métrage d'animation Ma Moulton et moi à temps pour la saison des festivals de l'été 2014. Nous y sommes parvenues et j'ai le plaisir de constater que le film remporte jusqu'à présent un franc succès dans les festivals. Aujourd'hui, Ma Moulton et moi est sélectionné en vue de la 87e cérémonie des Oscars. Voilà une formidable nouvelle, non seulement pour moi, mais pour tous ceux et celles qui ont collaboré au film, pour le film lui-même, bien sûr, ainsi que pour mes producteurs de l'Office national du film du Canada et de la société norvégienne Mikrofilm.

Ma Moulton et moi par Torill Kove, Office national du film du Canada

Pour souligner cette 73e sélection, l'ONF présente Ma Moulton et moi gratuitement en diffusion en continu durant 73 heures à compter d'aujourd'hui et jusqu'au 17 février).

Parmi les nombreux avantages que procure une sélection aux Oscars, il y a le fait que je disposerai au cours du prochain mois d'une tribune qui me permettra d'exprimer ma gratitude à mes collègues et à mes collaborateurs d'Oslo et de Montréal. Tous ont apporté au film leur talent exceptionnel et y ont consacré une somme de travail dépassant largement le cadre d'un horaire normal. Je compte bien profiter de chaque occasion que me sera offerte pour vanter les mérites de mes coéquipiers : je ne laisserai donc pas passer celle-ci. Je remercie donc, sans plus tarder, les producteurs, les responsables de l'administration de la production et de la coordination numérique, les animateurs, les compositeurs numériques, le compositeur et les musiciens, les ingénieurs aux enregistrements, les comédiens, le responsable de la conception sonore et du mixage, le concepteur couleur, le monteur et le monteur en ligne, qui sont tous des gens et des collègues fantastiques. Je ne pourrais travailler sans eux et en toute honnêteté, même si je le pouvais, ce serait loin d'être aussi gratifiant, et nettement moins amusant!

On me demandera sans doute durant quelques jours comment on se sent, quand son film est retenu aux Oscars. « C'est génial et je suis vraiment contente! » constitue une réponse franche, bien qu'assez simple. La cérémonie des Oscars est auréolée d'un prestige exceptionnel, mais le court métrage d'animation, même s'il est riche et complexe, varié et vraiment fascinant, n'est généralement pas considéré comme un domaine artistique particulièrement pétillant. J'aime quant à moi penser que les courts métrages d'animation sont au cinéma ce que la poésie est à la littérature, en ce sens que les animateurs tentent d'exprimer des idées profondes en un temps record de trente minutes tout au plus, et image par image. Cet exercice étonnamment agréable ne fait pas de nous des célébrités et nous amène rarement à défrayer la chronique. Nous avons, il est vrai, une certaine habitude de la compétition et savons supporter la cérémonie de remise des prix le cœur battant et les mains moites dans les festivals (pour ensuite célébrer et - ou - nous chamailler au sujet des décisions du jury). Mais la seule pensée de devoir, peut-être, prononcer une allocution devant des millions de spectateurs au cours d'un tel événement présenté en direct suffirait à empêcher bon nombre d'entre nous (moi en particulier) de dormir durant des semaines. Bref, il s'agit là d'une arène peu commune pour nous.

Évidemment, comme l'Academy of Motion Pictures Art and Sciences (AMPAS) n'a que faire de l'angoisse qu'éprouvent presque tous les animateurs à la perspective de s'exprimer en public, elle continue d'honorer chaque année les courts métrages d'animation au même titre que tous les autres secteurs du cinéma. Or, cette inclusion des courts métrages d'animation a quelque chose que je qualifierais - faute d'un meilleur terme - de rassurant. Les mots « stimulant » et « inspirant » me viennent aussi en arrière-plan. J'estime important que l'on invite les animateurs à cette fête annuelle. Non pas parce cela ajoute à leur prestige ou que les projecteurs se tournent alors vers les candidats, mais en raison du fait que l'événement inclut les créateurs de courts métrages d'animation en tant que membres d'un groupe très important, en nombre et en diversité, qui se consacre à la réalisation de films.

Alors que la cérémonie des Oscars approche à grands pas, deux questions seront tôt ou tard posées aux candidats. La première : Est-ce qu'ils s'attendent à gagner? La seconde : comment comptent-ils s'habiller? Je prédis que tous les candidats répondront à la première question en se disant simplement heureux et honorés d'avoir été choisis. C'est d'ailleurs ce que je dirai moi aussi : « C'est un honneur d'être choisie. » Peut-être s'agit-il du plus gros cliché de la saison de remise des trophées, mais le fait n'en demeure pas moins vrai. Quant à la deuxième question, j'ignore encore ce que je vais porter. Mais j'ai lu récemment que les chaussures plates étaient très à la mode, même pour les soirées mondaines. Et ça, c'est indéniablement une autre chose dont je me réjouis vraiment ces jours-ci.

Ma Moulton et moi constitue pour Torill Kove une troisième sélection aux Oscars. Elle avait réalisé en 2006 le court métrage oscarisé Le poète danois, coproduit par l'ONF; quelques années auparavant, elle avait signé la création de son premier film, retenu aux Oscars, Ma grand-mère repassait les chemises du roi.

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