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Pop, sexe et féminisme font-ils bon ménage?

04/02/2014 05:00 EST | Actualisé 06/04/2014 05:12 EDT

Peu importe la forme, la proposition ou la facture, le sexe envahit notre quotidien et, comme des drogués en manque, les voyeurs/consommateurs en redemandent. Nous pourrions croire qu'à force d'être gavés d'images sexuellement explicites, nous finirions par avoir la nausée. Eh bien non! Les créateurs de mirages, les initiateurs de tendances et les génies du marketing, autant de provocateurs d'instincts primaires et de producteurs de débauches lucratives l'ont bien compris.

Le sexe vend. Rien de nouveau, direz-vous. De tous les temps, on a fait sonner les tiroirs-caisses en maintenant le public dans un perpétuel état d'excitation. La recette infaillible ? La femme, mais mieux encore, son corps, entier ou découpé en morceaux. Ainsi, chaque époque a vu naître et mourir ses bombes sexuelles, troublantes et lucratives.

Aujourd'hui, c'est sur Youtube ou Itune que l'on retrouve les séductrices capables de faire hurler les loups. Elles se nomment Queen Bee, Shakira, Rihanna... Ces têtes d'affiche sont des artistes de grands talents, mais qui ne se contentent pourtant plus de chanter ou de danser. Dorénavant, elles revendiquent le statut de femmes fatales. Aguichantes, sulfureuses et provocatrices, elles envoûtent le public et arrivent ainsi à générer de véritables fortunes. Le sexe ça rapporte!

Toutefois, ne souhaitant pas être associées à de banales et vulgaires vendeuses de charmes (qu'elles copient pourtant à merveille), ces reines des clips vidéo se déshabillent, s'exhibent et se tortillent sous le couvert du libéralisme féminin et d'un néoféminisme. Naïves, rusées, victimes de manipulations crasses ou simplement parce qu'elles sous-estiment l'intelligence de leur public, celles qui excellent au 'twerk' et se frottent contre chaise ou poteau comme des chattes en chaleur, cherchent à nous convaincre qu'elles se battent pour l'émancipation des femmes...à leur manière. Sacré coup de marketing que voilà.

Or, au lieu de se montrer solidaires et utiliser leur voix et leur statut de mégastar pour véritablement aider la femme à sortir de sa position dégradante 'd'objet à commercialiser', ces artistes féminins encouragent et cautionnent l'inacceptable en se faisant complices de leurs producteurs, devenus 'pimps' pour la cause.

Persuadées qu'elles maitrisent ainsi leur pouvoir sexuel, elles jouent là un jeu bien dangereux, car elles laissent au passage un morceau de leur âme au diable. Et ce diable profite allègrement de leurs hanches bien rondes, de leurs jambes écartées et de leurs bouches pulpeuses, entrouvertes et invitantes pour encaisser. De toute évidence, elles touchent une part des millions, mais sont-elles moins putes pour autant?

Réclamer le droit de disposer de son corps est un des principes fondamentaux du féminisme. Toutefois, lorsque le corps se transforme en objet de désir qu'on expose dans le seul but de flatter sa propre vanité et vendre des albums, on est loin, bien loin d'un modèle inspirant.

Les artistes ont une responsabilité sociale et doivent se montrer plus conscients en cessant d'être aussi déconnectés de la réalité. Si certains prennent leur rôle au sérieux et servent de mentors ou de guides pour leurs millions d'admirateurs, souvent jeunes et influençables, la plupart profitent d'un système pernicieux, laissant sur le pavé tous ceux qui leur ont permis de construire leur immense popularité et la richesse colossale qui s'y rattache.

Alors, pendant que ces divas de la pop ou hip-hop affichent leurs bling-blings et considèrent que monnayer son cul est aussi anodin, valorisant, qu'honorable, je crois que nous devrions sérieusement nous inquiéter des messages et des valeurs qu'elles transmettent et de l'héritage qu'elles laisseront à derrière elles.

35 stars qui ont posé pour «Playboy»