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L'adolescence, crise en vue ?

10/04/2014 02:37 EDT | Actualisé 10/06/2014 05:12 EDT

Devenir parent, c'est accomplir la tâche la plus difficile qui soit. Aucun boulot ou projet ne semble plus éprouvant ou compliqué. Et si la naissance d'un bébé amène de sérieux chamboulements, l'adolescence s'inscrit comme la période la plus mouvementé et la plus exigeante pour la famille.

Au départ, aucun individu ne saurait prédire s'il sera comblé par une fille ou un fils facile et docile. Les mauvaises langues déclareront que les bons diables proviennent de familles attentionnées où le dialogue et la discipline règnent en maître, alors que les trouble-fêtes auront sans doute manqué de soins ou d'amour. Pourtant, les enfants c'est un peu comme un jeu de loterie. On espère tous tirer le bon numéro.

Ainsi à l'étape charnière qui marquera la fin de l'enfance, chaque parent sera susceptible de perdre le contrôle et se sentir absolument impuissant. À l'ère des sorties en boites, des premières gueules de bois et des expérimentations sexuelles, les plus chanceux assisteront aux quelques crises de leurs rejetons ou épongeront une ou deux de leurs folies passagères. Les autres, lauréats au concours des misères, encaisseront les frasques répétées de leurs ados et vivront cette phase comme un long et pénible chemin de croix.

Que ce soit par réaction, pour satisfaire sa curiosité, s'affirmer ou assurer son indépendance, l'ado qui décide de n'en faire qu'à sa tête afin de jouir de sa liberté nouvelle, s'éclatera sans jamais vraiment se préoccuper des états d'âme des ses ''vieux''. La mère pourra verser des mètres cubes de larmes, se morfondre d'inquiétude, passer des nuits blanches à angoisser et à envoyer des messages textes à répétition, rien n'y changera. Il a le vent en poupe. Et ni les directives, ni les interdits ne freineront ses envies ou ses impulsions. Qu'on se le tienne pour dit. Dans sa tête, tout est permis, tout est possible et comme il se sent invisible, eh bien, le monde lui appartient. ''Cool'' !

Pourquoi en serait-il autrement ? N'est-ce pas le privilège absolu de la jeunesse?

Dans ces conditions, les plus audacieux ou influençables expérimenteront à peu près n'importe quoi et se garderont certainement d'en parler à leur mère ou à leur père. Entretenir le secret et utiliser la ruse, voilà leur tactique pour éloigner les adultes trop curieux.

Ce qui fait qu'au final, peu de parents connaissent réellement leurs ados, leurs activités sociales et encore moins leurs fréquentations. Et si les bulletins scolaires affichent des notes acceptables, la plupart se contenteront d'écouter leurs jeunes marmonner quelques syllabes ici et là et ne chercheront pas à en savoir davantage. Sous couvert du respect, de l'intimité et de la vie privée ou simplement par insouciance ou encore par manque de temps, trop d'adultes se désengagent volontairement d'une surveillance appropriée. Le plus souvent épuisés par la perpétuelle bataille qu'ils doivent livrer, ils se déresponsabilisent des obligations propres à leur rôle de père ou de mère.

Pourtant, il faut se rappeler que malgré leur attitude de ''foutez-moi la paix'', les jeunes désirent sincèrement qu'on s'occupe d'eux.

Même s'ils montrent un désintéressement évident pour les conseils ou s'ils rejettent systématiquement toute forme d'autorité, ils observent, ils écoutent et ils enregistrent. L'information qu'ils reçoivent est stockée dans leur inconscient et ils s'y réfèreront dans les moments cruciaux. Tout au long de leur parcours, ils auront besoin de sentir qu'on s'intéresse à eux. Il est donc important d'être attentifs, d'apprendre à décoder leurs conversations souvent cryptées et incompréhensibles et de veiller aux changements comportementaux qui peuvent dissimuler certaines détresses ou souffrances. Et afin de bien les accompagner dans leur développement, Il faudra leur laisser un espace dans lequel ils pourront évoluer en toute confiance. Car quoi qu'on en dise, un enfant, petit ou grand doit être protégé sans toutefois être étouffé. Et rien ne pourra jamais remplacer le soutien et l'amour de ses parents.

Heureusement, la plupart des jeunes traverseront l'adolescence sans trop de fracas ou redresseront la barre aussitôt leurs expériences farfelues terminées.

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